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 You gave up the fight and you left me behind { ETHAN } - 18 !

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Katarina K. Jones
In the shadow of your heart.
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MessageSujet: You gave up the fight and you left me behind { ETHAN } - 18 !   Jeu 21 Oct - 10:14

« - Aaron, Aaron, est-ce que tu as vu Ethan ? Je ne le trouve pas !
- Il est sorti, Katarina. Je pensais que tu étais au courant...
- Il y a longtemps ?
- Non, il vient de partir, à l'instant. »

J'étais restée complètement abasourdie suite à cette décision complètement insensée. Ethan venait de sortir ? Et il ne m'avait rien dit ? Mais qu'est-ce qui lui prenait, enfin ? Il aurait dû savoir que je risquais d'être morte de peur ! Qu'est-ce qui avait pu le pousser à agir de cette façon sans m'en parler ? Toutes ces questions s'étaient bousculées dans mon esprit à une vitesse folle tandis que je courais jusqu'à notre chambre pour récupérer une veste. Je ne pensais même pas à repasser voir Mathilda, à laquelle j'avais confié Lena, le temps de voir si je trouvais Ethan. Je ne savais même pas comment j'avais eu la présence d'esprit d'aller chercher une veste. Certainement parce que je savais, inconsciemment, qu'il commençait à faire plutôt froid dehors. Tout en l'enfilant, je m'élançai dans le couloir, descendis les escaliers qui menaient à la sortie quatre par quatre, manquant de tomber une ou deux fois. Je me rendis compte, quand j'arrivais devant la première entrée qui menait vers l'extérieur directement, que je devais avoir l'air complètement paniquée. Alors, en moins de temps qu'il n'en fallait pour le dire, je me recomposai un visage, une seconde avant d'arriver devant Matthew et Stefan. Les deux échangèrent un regard avant de me dévisager. En bonne comédienne que j'étais, j'affichai mon plus beau sourire.

« - Où est-ce que tu vas comme ça ?
-... Rejoindre Ethan. Il m'attend dehors. Nous... devons aller chercher des médicaments à l'hôpital. Il ne saurait pas reconnaître ce qu'il nous faut, alors j'y vais avec lui. Il ne vous a rien dit ?
- Non... Pourquoi toi et pas Mathilda ?
- Parce que si quelqu'un a un gros problème, Mathilda saura mieux quoi faire que moi. C'est pourtant logique non ? Allez, laissez moi pa...
- Tu as une arme ? »

J'ai blêmi instantanément. Je n'avais pas vraiment pensé à ce détail... Je décidai de rester sur mon modèle de comédie. Je ne devais pas paraître surprise ou gênée. Surtout pas, si je voulais être crédible. J'eus un petit rire, avant de secouer la tête, puis de hausser les épaules.

« Oh, quelle idiote, j'ai oublié ! Je n'ai plus l'habitude de sortir... »

Je ne sais pas ce que j'avais bien pu faire, mais je dus être crédible, puisque Matthew consentit à me tendre son arme en me disant qu'il en avait une autre. Je le remerciai d'un sourire – absolument forcé – et le glissai dans la ceinture de mon jean. J'attendais sagement qu'ils m'ouvrent la porte, ne voulant pas paraître trop impatiente, puis je me glissai dehors en essayant de ne pas paraître pressée lorsqu'ils m'ouvrirent enfin. J'attendais qu'ils l'aient refermée pour commencer à m'agiter. Où avait-il bien pu aller ? Je trépignai sur place un instant, sentant la panique me gagner petit à petit. Je me retournai sur moi même plusieurs fois, regardant partout. Et puis brusquement, j'aperçus une silhouette, loin devant moi, qui prenait la direction de Central Park. Soit c'était Ethan, soit cela ne l'était pas. Il n'y avait que deux solutions. N'ayant que cette malheureuse poursuite, je m'élançai à sa poursuite, pour le rattraper. Je tombai une ou deux fois à cause de débris sur mon chemin, m'écorchant les mains. Je n'étais certainement pas discrète. Mais il ne se retourna pas. Ce qui me laissait penser qu'il pouvait s'agir d'Ethan. En ce moment, il se fichait de tout. Néanmoins, j'espérais presque que cela ne soit pas lui, finalement peu désireuse de savoir ce qu'il faisait dehors, visiblement sans la moindre intention de ramener des vivres ou des choses utiles. J'aurais pu lui hurler de s'arrêter et rentrer avec lui avant que quelque chose de regrettable n'arrive. Et pourtant, faisant preuve d'une curiosité malsaine et particulièrement déplacée, je décidai de le suivre, tout simplement. Une fois que je fus suffisamment près de lui, je ralentis, pour rester à une distance qui me permettrait de ne pas être repérée. Je n'en revenais pas de ce que j'étais en train de faire.

J'étais, en plus de cela, complètement gelée. À l'ombre des restes des buildings, il ne faisait pas bien chaud. J'avais les pieds et les mains glacés. Pourtant je n'étais pas vêtue si légèrement que cela. J'avais un épais pull couleur prune, une jean noir, des bottes, et ma veste en cuir. Je tirai sur les manches de mon pull pour couvrir mes mains, faisant toujours attention à ne pas perdre Ethan. Je manquai de glisser à cause d'une flaque d'eau, et je me rattrapai de justesse à ce qu'il restait d'un lampadaire. Je n'étais pas très à l'aise. La dernière fois que j'avais traversé New York, c'était à moitié mourante dans les bras d'Ethan. Certainement pas « seule » et armée. Je n'avais jamais été très à l'aise avec une arme. En général, les gens je les soignais, je ne les tuais pas... J'espérais sincèrement ne pas avoir à m'en servir. Tout ce que je voulais c'était découvrir ce que trafiquais Ethan. Il était vraiment étrange ces derniers temps. Pas simplement à cause de ma fausse couche... Quelque chose clochait, quelque chose clochait vraiment. J'avais l'impression de passer à côté de quelque chose de très important sans en avoir conscience... Il y eut comme un coup de tonnerre et je sursautai, avant de lever les yeux au ciel. Je ne m'étais pas rendue compte que le ciel était si nuageux, trop occupée à suivre Ethan. Frissonnant, je continuai à avancer doucement, avec prudence, en essayant d'être attentive au moindre bruit. Plusieurs fois je songeai à courir pour le rattraper, mais je me retins.

Je compris qu'il s'était mis à pleuvoir seulement quand je sentis mes cheveux trempés me coller au visage. Je les rassemblai rapidement en une queue de cheval, pour éviter qu'ils ne me gênent trop. J'admets que j'eus un instant d'hésitation où je songeai à faire demi tour et à rentrer quand j'aperçus Central Park. L'endroit grouillait en permanence de drogués, de dealeurs et autre violeurs... Ma petite carrure ne me permettrait certainement pas de m'en sortir en cas de problème important. Pourquoi Central Park ? Ce mauvais pressentiment que j'avais commençait réellement à enfler dans mon esprit, tandis que le mot « drogue » se mettait à clignoter. J'étais prête à prier n'importe quel dieu pour qu'il ne s'agisse pas de cela. Je ne voulais pas mettre un pied dans le parc, je ne voulais pas le voir en mettre un non plus. J'eus un bref soupir de soulagement quand je m'aperçus qu'Ethan avait commencé à contourner le parc. Tout de même de moins en moins rassurée, je me rapprochai légèrement d'Ethan, le bruit de mes pas étant légèrement couvert par la pluie. Quand il s'engagea dans une ruelle étroite, je commençai à me poser de sérieuses questions. Il avait l'air de savoir parfaitement où il allait. Ce qui en soit n'était pas particulièrement rassurant. Après environ un quart d'heure, je me retrouvai devant un immense entrepôt, à regarder mon mari disparaître dedans par une porte à moitié défoncée. Le cœur battant à tout rompre, j'allai moi même devant cette porte. Je m'agenouillai, et jetai un coup d'œil à l'intérieur. Avisant un conteneur juste à ma gauche, je me glissai à l'intérieur comme une petite souris, avant de me cacher derrière, laissant à peine ma tête dépasser de quelques centimètres, de façon à observer la scène qui se déroulait devant mes yeux ahuris.

Je vis clairement la scène, même si je n'entendais pas grand chose. Ethan faisait face à un autre homme, qui devait sensiblement avoir le même âge que lui, à ceci près qu'il était blond et un peu plus petit. Je ne les entendis pas parler. Mais ils étaient très calmes tous les deux. Je plissai les yeux quand je vis Ethan sortir quelque chose de la poche de sa veste. Quand il tendit ce quelque chose à l'homme, je me rendis compte que c'était une arme. J'eus clairement un sursaut quand l'autre s'amusa à la charger et à la décharger bruyamment. Il eut un petit rire satisfait, avant de sortir lui même quelque chose de sa poche. C'était un tout petit sachet transparent, rempli de... d'une poudre blanche. Je faillis pousser un cri hystérique. Il ne fallait pas être sorti d'Oxford pour savoir de quoi il s'agissait. Je sentis les larmes me monter aux yeux en comprenant ce que cela signifiait. Il avait replongé la tête la première... Il me l'avait caché, il m'avait menti, il avait foutu en l'air sa promesse. Tout ce que je voulais faire à présent c'était m'en aller. Alors que je me relevais un peu trop rapidement, je heurtai un homme de plein fouet. Je fus déséquilibrée, mais il me rattrapa par le bras. Et non, ce n'était clairement pas Ethan.

« Eh bah, attention ma jolie... Qu'est-ce que tu fais là, tu t'es perdue ? »

Je tirai sur mon bras pour le faire lâcher, mais impossible de me défaire de son emprise. Il souriait. Il avait l'air d'être drogué jusqu'à la racine des cheveux. Il répéta sa dernière question, hurlant presque. Je clignai des yeux plusieurs fois, cherchant une échappatoire.

« - Je... Je viens... Je viens... acheter.
- Toi ? T'as pas l'air d'une petite junkie... T'es toute propre et toute mignonne, on dirait une poupée...
- C'est... c'est pas pour moi...
- Ouais... Ils disent tous ça la première fois. »

Il me tira par le bras pour me faire sortir de derrière le conteneur. Je freinai autant que possible, essayant vainement de le faire me lâcher. Mais en une seconde, j'étais exposée aux yeux de tous. C'est à dire à ceux d'Ethan et son nouveau dealeur en date. Je crus avoir une attaque quand je croisai le regard d'Ethan, qui me regardait avec des yeux exorbités sans bouger. L'autre me dirait toujours derrière lui en souriant, ne me laissant d'autre choix que de le suivre.

« Regarde moi ça, Joe ! Une nouvelle cliente ! »

Il me poussa en avant, et je me retrouvai donc en face du dénommé Joe. Je gardais les yeux, ne sachant déjà plus comment j'allais me sortir de cette situation. Dire que j'étais carrément terrifiée était un euphémisme.

« - Comment tu t'appelles ?
- Je... Elise.
- T'as un drôle d'accent, tu sais... »

Je gardais les yeux baissés, triturant nerveusement mes doigts. Joe fit un tour complet autour de moi. Je tremblais sur mes jambes, sentant la panique m'envahir petit à petit. Je pris une profonde inspiration, pour tenter de retrouver mon calme. Surtout, ne pas regarder Ethan. Surtout pas.

« - Et qu'est-ce que tu veux, ma jolie ?
- N'importe quoi... Ce que vous avez, ça m'est égal. J'en veux, c'est tout. »


Le rôle de la parfaite petite junkie ne m'allait pas vraiment. Mais c'était ma seule et unique chance de m'en sortir entière. Je me maudissais de ne pas avoir fait plus attention.

« Il faut me payer tu sais. »

Si cela paraissait pourtant logique, je n'y avais pas vraiment pensé. Évidemment, qu'il fallait payer. Le le dévisageai un instant, ne sachant pas trop quoi faire. J'aurais pu lui donner mon arme, mais il était évident qu'il n'en avait pas besoin de deux. Baissant les yeux j'avisai mon alliance, mais je repoussai cette possibilité très rapidement. Je n'allais certainement pas échanger mon alliance contre de la drogue, et certainement pas devant mon mari. Je me rappelai soudain que je portais un bracelet. Un bracelet tout simple, en or, sans fioritures ni rien... J'y tenais simplement parce qu'il avait appartenu à ma mère. Pourtant je me vis très nettement le détacher de mon poignet et le tendre bêtement devant moi. Avant que j'ai pu vraiment regretter mon choix, il me l'arracha des doigts, m'empêchant très clairement de revenir sur ma décision. Je réprimai un haut le cœur, tandis qu'il le fourrait dans sa poche, avant d'en ressortir quelque chose d'autre. Ce n'était clairement pas de la cocaïne, mais plutôt un premier kit d'utilisation pour de l'héroïne. Je blêmis très nettement en avisant la seringue et la poudre brune à l'intérieur du sachet. Pourtant je m'en emparai d'un geste sec.

« - Merci.
- Mais de rien ma jolie. Ce fut un plaisir de traiter avec toi. À très bientôt j'espère. »

Me demandant encore comment je tenais debout je me dirigeai très rapidement vers la sortie, tout en fourrant ce fichu colis empoisonné dans ma poche. À peine étais-je dehors que je fondis en larmes. N'ayant plus aucune intention d'attendre Ethan, je marchais droit devant moi d'un pas décidé, pour sortir au plus vite de cette ruelle pourrie. Et, pour achever ce qui me restait de dignité, je me pris les pieds dans une barre de fer et glissai, avant de tomber d'un coup, m'étalant lamentablement dans une flaque d'eau. J'aperçus une ombre derrière moi et je hurlai, en même temps que je me débattais pour me relever.

« Ne me touche pas ! »

_________________
« AND HE TOOK HER IN HIS ARMS AND KISSED HER UNDER THE SUNLIT SKY,
AND HE CARED NOT THAT THEY STOOD UPON THE WALLS IN THE SIGHT OF MANY. »

— J.R.R. Tolkien.


Dernière édition par Katarina K. Jones le Lun 1 Nov - 17:46, édité 3 fois
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MessageSujet: Re: You gave up the fight and you left me behind { ETHAN } - 18 !   Ven 22 Oct - 21:06

Le bureau est propre, j’ai fait le ménage pour me faire un petit carré « stérile » et le petit sachet de poudre blanche se déverse sur la surface plane et vierge. Je pose la paille à côté et à l’aide d’un petit couteau pointu, je ramène la poudre blanche pour créer une petite route. Je prends la paille entre mes doigts et j’approche une narine prés de l’extrémité de la paille. Je ne réfléchis pas et je sniffe un grand coup. La poudre blanche inonde mes narines et s’insinue en moi. Je bascule la tête en arrière et me laisse choir, profitant de ce moment où vous vous sentez enfin bien. Un sourire s’étire sur mes lèvres et je me laisse aller. J’ai envie de rire, de sourire, de courir, de voler, de…

Je me sens enfin bien. Je suis enfin heureux ! Je pourrais bien sûr aller retrouver ma femme et ma fille que je délaisse depuis une dizaine de jour, mais j’ai envie de rester seul, et de profiter de ce moment où je ne pense plus à rien d’autre. Je me suis enfermé, je sais que personne ne viendra me chercher. Et puis ce n’est pas comme si quelqu’un allait venir. Je n’ai plus d’amis, j’ai fait le vide autour de moi. Je suis seul. Je n’ai plus rien, plus personne vraiment. Mais vous savez quoi ? Je m’en fiche. Là, tout de suite, oui je m’en fiche. J’ai envie de tellement de choses à la fois. Et je ne pense même plus au néant de ma vie, je ne pense à rien. Je profite juste et quand je ferme les yeux, je vois une plage, et le soleil qui cogne et réchauffe ma peau toute entière. Et je suis allongé, Katarina sors de l’eau et vient se coller à moi et…oh mon dieu c’est bon. C’est si bon. Son corps nu sur moi qui ondule et qui….oh….oh oui encore….

Je sais pas combien de temps je suis resté comme ça à la laisser me faire l’amour. Mais peu à peu, elle s’éloigne, et je finis par ne plus sentir son corps tout chaud contre moi et à la place je revois tout ce sang….J’ouvre difficilement les yeux, et je suis en sueur. Oh putain non !!! Je viens de redescendre. Et pas en douceur du tout. Et je réalise que ce bonheur n’existe pas. La réalité est toujours là. Cruelle. Froide.
Je suis dans ce bureau aux murs décrépis où le froid m’envahit tout entier. Et il n’y a personne. Je suis seul et…..je fonds en larmes. Je réalise à nouveau tout ce qui fait ma vie depuis une dizaine de jours.

Katarina a perdu notre enfant et….je l’évite…J’évite aussi ma fille. Enfin, j’évite de croiser son regard. Toutes les deux, je ne peux plus les regarder. C’est bien trop dur. Je ne sais plus sourire à Lena, ni me laisser aller à son pouvoir magique. Et Katarina….nous aurions pu essayer de surmonter les choses ensemble, mais je suis si fragile. J’ai honte de ne pas savoir quoi faire, quoi dire. Toute la journée je fais comme si rien ne peut m’atteindre. Enfin non, pour être honnête, pendant dix jours je ne ressentais effectivement rien. Mais quand je me suis laissé aller contre elle, elle est partie en courant. Je ne sais plus très bien ce que j’ai fait cet après midi là. En fait, j’ai de plus en plus de mal à me souvenir des choses tout court. Peut être parce qu’une part de moi veut oublier tout ça. Mais quand j’essaye de me remémorer cet après midi là, je me souviens juste d’une douleur lancinante dans ma poitrine, d’un immense vide, et d’une Katarina qui souffre et qui me quitte.

Pourtant cette nuit là, quand nous nous sommes couchés, Katarina s’est blottie contre moi et je l’ai enlacé. A nouveau il faisait noir dans la chambre et à l’abri de son regard plein de reproches masqués je pouvais enfin redevenir son mari. J’aurais tant aimé savoir comment faire. Mais je ne savais pas. Elle ne me parlait pas, je ne lui parlais pas. Et on finissait par s’éviter. C’était un cauchemar permanent.

La journée me cachait de tous. J’allais demander à Alex ce qu’il voulait que je fasse et je m’enfermais dans mon bureau. Je n’en sortais que très peu. Je n’allais même plus manger avec les autres. De toute façon, je n’avais plus faim. Je ne m’occupais plus de rien. Je ne prenais même plus le temps comme avant de donner ses biberons la nuit à Lena, je ne passais plus quelques heures avec elle à jouer ou à la regarder dormir. Je n’y arrivais plus. J’avais peur de lui faire du mal comme j’en avais fait à mon bébé. Et la voir était un supplice. Elle était si jolie, si adorable…et moi…je n’arrivais pas à cesser de penser à ce bébé que nous venions de perdre. Je savais que ce n’était pas juste pour Lena…elle méritait un papa qui s’occupe d’elle. Mais c’était au dessus de mes forces.

Je ne pouvais pas être celui que Lena et Katarina auraient besoin que je sois. Je ne pouvais qu’être détaché de tout et de tous. Un zombie, une ombre. Voilà ce que je m’efforçais d’être pour ne pas leur faire plus mal que je ne l’avais déjà fait. Je ne méritais pas leur amour. Je ne méritais rien….

J’avais essayé de faire comprendre à Katarina ce que je ressentais. Mais j’avais tout gâché. J’aurais du sortir de leurs vies…elles auraient été plus heureuses sans moi. Finalement, inconsciemment je n’attendais qu’une chose : qu’elle me quitte. Mais je ne voulais pas qu’elle me quitte.

Je voulais….je ne voulais pas….Pour tout avouer, je ne savais plus très bien. Je me contentais juste de survivre….

Les heures passaient lentement. Trop lentement à mon gout. Et depuis hier, toujours cette même envie. Envie de sourire à nouveau, envie de m’évader à nouveau. Obsession. C’était désormais une obsession. Toute la nuit, je ne pensais qu’à ça. Je serrais ma femme contre moi, mais je luttais contre mon envie de la repousser et d’aller me chercher un peu de coke. Il fallait que je me retienne. Il fallait que je me contrôle. Je savais qu’il ne me restait que de quoi me faire un ultime rail. Il fallait que demain j’aille en chercher encore. C’était la seule chose qui me faisait du bien.

J’avais tellement honte pour autant. Je pensais m’être sorti de tout ça. Mais j’avais tort. A nouveau j’avais besoin de drogue pour surmonter mes problèmes. La drogue ne me jugerait jamais elle. Ma fille et ma femme si….

Sans un mot, je suis sorti de la chambre ce matin là et je suis allé prendre ma douche avant tout le monde. Je ne voulais voir personne. Habillé, je n’avais désormais plus qu’une hâte : un rail. Et c’est ce que j’ai fait après m’être enfermé dans mon bureau.
Le pied ! Le nirvana !!!

Je crevais d’envie maintenant d’aller retrouver Lena et Katarina. Les prendre dans mes bras. Leur dire à quel point je les aimais. Leur dire tout ce que je ressentais. Etre à nouveau celui dont elles avaient besoin. Mais je ne pouvais pas bouger. J’étais ailleurs déjà…. Et je me suis laissé aller aux vagues qui se succédaient en moi, jusqu’à ce moment où vous n’avez envie que d’une chose : mourir. Parce que la réalité s’insinuait à nouveau. Et c’était toujours pire dans ces moments là…

Combien de temps étais-je resté là à planer ? Cinq heures….Il était treize heures….et….je n’avais plus rien. J’avais besoin de cette sale poudre blanche. Terriblement besoin. Il fallait que j’en rachète. Je n’allais pas tenir sinon. Je savais ce que cela voulait dire : j’étais redevenu accro. Mais là, je m’en fichais. J’avais honte de faire ça à Katarina et Lena, mais je ne pouvais pas faire autrement. J’avais besoin d’oublier à quel point ma vie venait de voler en éclats. Je me suis demandé comment j’allais cette fois-ci persuader mon nouveau…dealer de me fournir un petit sachet. La dernière fois j’avais échangé mon sachet contre une superbe montre que j’avais trouvé sur un cadavre. Mais cette fois-ci je n’avais pas la force de chercher un peu partout de quoi échanger contre de la came. Et soudain, j’ai eu l’impression d’avoir une idée formidable. On avait pas mal d’armes ici. Et j’étais sure que je réussirais à échanger un flingue contre un bon sachet. Trois grammes ? Quatre ? Je verrais bien. Tant que je revenais avec un sachet de poudre…

J’ai pris mon arme à moi, et j’ai planqué une deuxième dans mon blouson. De toute façon, je savais que moi on me fouillerait pas. Et en effet, quand ils m’ont vu je n’ai pas au droit à un interrogatoire. J’avais tous les droits ici. Ils se sont contentés de m’ouvrir la porte en silence et je suis sorti dans le froid new yorkais rapidement. Mes pas me portaient. Je savais où j’allais. J’avais pris un pas décidé. Echanger mon flingue contre de la came, trouver un endroit tranquille, me faire un petit rail et…planer. Voilà ce que je comptais faire.

Je ne faisais même pas attention à ce qui m’entourait. Je n’avais qu’une idée fixe : rejoindre la planque de mon dealer. Je me fichais pas mal des gouttes de pluie qui tombaient sur moi. J’avançais toujours d’un pas décidé quand je me suis engouffré dans la ruelle où se trouvait l’endroit où je savais que j’allais trouver ce que j’avais besoin. Et en effet, il était là, assis sur un canapé défoncé avec un autre mec. Il savait pourquoi j’étais là, et il m’accueillit avec un grand sourire auquel je ne pris même pas le temps de répondre.

-J’ai besoin de coke.

Il se mit à rire et il échangea un coup d’œil avec son collègue. Il m’invita d’un geste de la main à proposer mon échange. Je savais ce que je faisais. Je savais ce que valait la drogue. Et que mon échange valait bien ce que j’allais demander. J’étais prêt à baisser d’un gramme. De toute façon je savais qu’il essaierait de m’entuber. Ils essaient tous. Je savais au fond pour qui il travaillait, mais j’avoue que je m’en fichais dans un sens. Un drogué n’a pas d’état d’âme…

Je sortais le flingue de la poche intérieure de mon blouson, en essayant de lui faire comprendre que je n’alliai pas lui tirer dessus. J’allais essayer de monnayer.

-Cinq grammes ?

J’ai bien vu qu’il était intéressé par mon offre. Même plus qu’intéressé. Mais il allait essayer de marchander. Forcément….

-Quatre !

Je savais qu’il aurait baissé d’un gramme. J’aurais pu rester sur ma position. Mais je n’étais pas en état de marchander, et puis j’avais tellement envie de planer que je voulais que ça aille vite. Le plus vite possible. Il est allé chercher un petit sachet dans une boite et il me l’a tendu. Je lui ai tendu le flingue à mon tour. Le petit sachet de poudre blanche dans la main, j’avais maintenant qu’une envie c’était de partir et de me trouver une planque tranquille. Seulement je voulais m’assurer que je n’allais pas me faire entuber. Mais au moment où j’ouvrais le sachet pour vérifier la came, j’ai entendu son collègue parler. Pas que je m’en soucie vraiment. Après tout, ils devaient avoir pas mal de clients. Même des femmes.

Des femmes oui, mais pas…MA femme.

Ma femme ! Katarina !!

Qu’est ce qu’elle faisait là ? Subitement quand elle est apparue, je m’en suis voulu immédiatement. Je lui avais promis que la drogue était derrière moi. Et j’étais là, en train de me payer de quoi me faire pas mal de rails… j’avais terriblement honte d’avoir replongé la tête la première. J’aurais aimé la prendre dans mes bras et lui demander de pardonner. Je venais de réaliser que j’étais vraiment tombé bien bas. Et je pensais à ma petite Lena.

C’était comme un électrochoc. Je ne savais même plus pourquoi j’étais là. Tout ce que je voyais c’est que je venais certainement de mettre fin à mon mariage. Et pire encore, je l’avais déçu et trahi. Je me rendais compte que même si j’étais malheureux à en crever ce n’était pas une raison pour replonger dans mes habitudes. Je ne pouvais plus bouger, plus parler.

J’entendais des voix au loin, mais j’étais hypnotisé par Katarina. Elle avait peur, je le voyais bien. Ce n’était pas son univers. C’était le …mien. Et quand j’ai croisé son regard, je n’ai pas réussi à le soutenir bien longtemps. J’avais ouvert la bouche et écarquillé les yeux, me demandant comment elle avait réussi à me retrouver. Comment elle avait su. Comment…comment….
Mais peu importe au fond… Elle était là, spectatrice de ma déchéance et je venais de prendre une gifle invisible. J’avais désormais les idées en place. Depuis dix jours, j’avais eu l’impression de me noyer. Et là en l’entendant, en la voyant c’est comme si on m’avait tiré par les cheveux et qu’on m’avait sorti brutalement la tête hors de l’eau et qu’on me ramenait vers le rivage.

J’aurais tellement voulu prendre Katarina par le bras et l’emmener loin d’ici mais ils avaient l’air de vouloir savoir ce qu’elle voulait. Je ne pouvais que me taire. Parce que j’avas honte oui qu’elle me voie ici oui. Mais surtout parce que je ne voulais pas qu’on sache qui elle était, et que nous avions un lien. Ces types là bossaient pour Armando Venezzio, et ils avaient compris qu’elle avait un accent. Il était hors de question que je l’appelle par son prénom. Ils enregistraient tout, ces mecs là. Alors je n’avais qu’à me taire, et à laisser faire. En silence. Mes poings serrés, j’avais envie d’hurler. Parce que je lui faisais subir le pire.

Je me suis tu quand elle a échangé son bracelet contre un kit de débutants. C’est comme ça qu’on appelait ce que venait de lui fournir mon dealer. Oh mon dieu non ! Pas le bracelet de sa mère. Pas ça. Oh non, Katarina !! Elle ne me regardait même plus. Je sentais qu’elle se contenait. De ne pas pleurer, de ne pas crier, de ne pas me taper.
Elle a pris rapidement le sachet et elle est sortie. Sans un regard pour moi.

J’ai mis quelques secondes à réagir. Je ne pouvais pas laisser le dealer avec le bracelet auquel elle tenait tant. Je ne pouvais pas. J’étais prêt à tout. Il avait l’air fier du bracelet et de l’affaire qu’il avait faite.
Ma voix a résonné, blanche, coincée.

-La moitié de ma dose contre le bracelet.

Il m’a regardé en perdant son sourire, et j’ai vu qu’il réfléchissait. Mais il est rapidement allé chercher un sachet ridicule qu’il m’a tendu avec le bracelet et m’a tendu sa main. Il acceptait l’échange. Je me suis saisi rapidement du bracelet en prenant honteusement le sachet…. J’aurais pu ne pas le prendre, mais…je l’ai pris. Et je suis parti sans demander mon reste. Il fallait que je la retienne. Je devais lui expliquer, m’excuser, lui demander pardon. J’avais tellement honte… Mais je devais assumer.

Elle se doutait surement que je la suivais et que j’essayais de la rattraper, mais elle marchait vite sans se retourner vers moi. Je me suis précipité ver elle quand je l’ai vu trébucher. Je n’ai même pas eu le temps de la toucher que déjà elle se débattait et me criait de ne pas le toucher. Je voyais bien qu’elle était hors d’elle. Elle avait mal, elle avait honte de moi, elle se sentait trahi. Mais moi-même je me sentais enfin envahi par des tas de sentiments. Alors que pendant des jours entiers, j’avais eu l’impression de ne plus rien ressentir, maintenant tout se mélangeait dans ma tête. Mais pour le moment une chose m’importait. Qu’elle m’écoute.

Je savais que je n’avais même pas d’excuse, mais j’allais me justifier. Comme un sale junkie. Dire que je ne voulais pas, que j’étais malheureux, que je n’avais trouvé que ça. Oui c’était vrai ! La mort de notre enfant avait été le coup fatal, mais cela n’excusait en rien mon geste. Elle vivait la même chose !! Et c’est seulement maintenant que je comprenais qu’au lieu de s’épauler et de surmonter cette épreuve ensemble, on s’était enfoncés chacun de notre côté. Enfin moi, je m’étais enfoncé ! Terriblement même.

J’ai refusé de l’écouter, de lui obéir. Je ne faisais pas attention à ses coups de poings, je n’avais qu’une envie c’était lui remettre ce bracelet qui n’aurait jamais du quitter son poignet. Je l’ai un peu forcé à me donner son poignet et j’ai rattaché le bracelet sans un mot. J’ai caressé un instant sa main et j’ai dégluti. Les larmes commençaient à monter. Mais je devais dire quelque chose. Elle réagissait à peine. Enfin elle réagissait mais elle me rejetait.

-Laisse-moi t’expliquer mon amour.

Je doutais qu’elle le fasse mais je devais essayer.

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Katarina K. Jones
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MessageSujet: Re: You gave up the fight and you left me behind { ETHAN } - 18 !   Sam 23 Oct - 11:46

Je n'avais plus qu'une seule envie. Me relever et m'en aller, rentrer à la communauté, retrouver ma fille et... Et quoi ? Qu'est-ce que je pourrais faire de plus une fois que j'aurais fait ça ? Je serais toujours seule, toujours seule à essayer de me débattre avec toute cette histoire. Il n'y avait vraiment personne pour moi. Ethan était retombé dans la drogue la tête la première, me laissant complètement seule sur le bord de la route, comme un bagage dont on voudrait se débarrasser. Mon père ? Il était trop occupé avec sa charmante nouvelle maitresse, réincarnation physique de ma mère, pour se soucier de moi. J'en venais presque à me demander pourquoi il était revenu. Il s'était disputé mon amour avec Ethan et maintenant trouvait du réconfort ailleurs... Je n'osais pas aller vers les autres. Ils avaient leurs propres problèmes à gérer. Mais cela ne contribuait qu'à mon mal-être. Il n'y avait que Lena qui m'apportait un peu de réconfort, du haut de ses trois mois. Ses sourires me rendaient le mien. Je m'en voulais tellement d'être partie de cette façon, sans même un mot à Mathilda qui s'occupait d'elle. J'avais agi sans réfléchir... J'avais été idiote. Et s'il m'arrivait quelque chose ? Je ne voulais pas qu'elle croit que j'étais partie, que je l'avais abandonnée... C'était certainement la seule chose que je ne pourrais jamais faire : abandonner ma fille. Elle comptait trop pour moi, à plus juste titre depuis que j'avais fait cette fausse couche. J'avais de nouveau réalisé combien la vie était fragile et éphémère. Et Lena, qui était l'innocence à l'état pur ne méritait pas d'être abandonnée ou laissée sur le côté. Qu'Ethan ait du mal à s'occuper d'elle parce qu'il avait été terriblement choqué par la perte du bébé, je pouvais le comprendre. C'était dans ses habitudes de s'isoler du monde entier quand il allait mal. Mais qu'il fasse ça... Non, je ne pouvais pas le comprendre. Ma tolérance avait ses limites. Il m'avait menti, il m'avait trahie, il avait rompu sa promesse en recommençant à se droguer. Je croyais pourtant que nous nous étions mis d'accord sur tous ces points : plus de mensonges entre nous, toujours la vérité, quitte à ce qu'elle blesse. J'aurais peut-être pu faire preuve de tolérance s'il m'avait avoué tout de suite qu'il avait fait une bêtise. S'il m'avait dit qu'il avait replongé tout de suite, je ne l'aurais pas lynché. Je me serais contentée de l'aider, de lui dire que ce n'était pas grave, que j'allais l'aider à refaire surface...

Au lieu de cela, il m'avait menti. Ou plutôt, il n'avait rien dit, ce qui était presque pire. D'autres diraient que mon attitude était des plus condamnable. En effet, je l'avais suivi sans son accord, veillant à rester cachée... Avais-je vraiment eu le choix ? Il ne me parlait plus. Je n'avais même plus droit à un « bonjour » le matin. Les efforts que je faisais pour essayer de communiquer avec lui, il les balayait en ne me répondant pas lorsque je lui parlais ou en baissant les yeux quand il me voyait. Je me demandais pourquoi il continuait à dormir avec moi. Ethan n'était plus Ethan. Même dans ses pires moments il ne m'avait jamais ignorée de la sorte. Il m'ignorait comme il ignorait tout le monde. J'étais sa femme et il me traitait comme si je ne l'étais pas, m'ignorant presque de la même façon qu'il avait décidé d'ignorer Gabrielle. J'avais été patiente, comprenant combien il avait mal. Mais je n'en pouvais plus... J'avais dépassé toutes mes limites. Ma tolérance, ma patience et ma compréhension en étaient au stade zéro. Cela ne pouvait pas continuer comme ça. J'avais besoin de réponses à mes questions, besoin d'être traitée comme un être humain. Je ne lui demandais pas de me faire des monologues sur sa douleur à la Hamlet. Je voulais simplement qu'il me parle, pour qu'il me laisse l'aider comme je l'avais toujours fait. Il ne m'avait jamais repoussée de cette façon. Mais de toute façon, maintenant cela m'était égal. C'était à mon tour de ne plus vouloir lui parler. Je n'avais pas envie d'entendre ce qu'il avait à me dire. Je ne voulais pas entendre ses explications vaseuses, ni ses excuses, ni rien du tout de ce genre là... Rien. C'était à mon tour d'être sourde. Et c'était à mon tour de refuser le moindre contact physique avec lui.

J'ai cherché comme une folle à me débattre quand il a attrapé mon poignet.

« Je t'ai dit DE NE PAS ME TOUCHER ! »

Et pourtant, il ne m'a pas lâchée, serrant mon poignet d'une main et se débrouillant pour raccrocher mon bracelet à mon poignet de l'autre. Je n'étais pas assez calme pour comprendre que ce bracelet était le mien, celui que je venais d'échanger plus ou moins volontairement contre de la drogue. Je n'ai même pas cherché à comprendre comment il l'avait récupéré. Je ne voulais pas le savoir. J'ai fini par me débattre suffisamment fort pour le faire me lâcher. Je me suis écartée de lui, avant de prendre une profonde inspiration. J'ai pris appui sur mes mains pour me relever. J'étais trempée et maintenant mes vêtements étaient couverts de boue et de choses que je préférais ne pas identifier. J'ai mis une main devant ma bouche et j'ai secoué la tête une seconde, détaillant Ethan des pieds à la tête. Si les choses n'avaient pas été ce qu'elles étaient, je me serais certainement jetée dans ses bras. Je suis pourtant restée complètement focalisée sur son apparence physique. Qu'espérait-il cacher avec ce tee-shirt blanc et cette veste trop large pour lui ? Pensait-il sincèrement que je n'avais pas remarqué ces changements chez lui ? Je fus tentée un instant de l'attraper par le bras et de remonter sa manche pour vérifier quelque chose... Et puis je me suis souvenue que je n'avais strictement rien remarqué ces derniers temps. La raison était évidente. Si je n'avais remarqué aucune trace de piqure, c'était simplement parce qu'il ne se piquait pas. Il prenait de la cocaïne... Il avait pu s'enfiler des dizaines et des dizaines de rails sans que je m'en rende compte. À côté de moi peut-être bien...

«... Depuis quand ? »

Cette question me brulait les lèvres... Et pourtant...

« Oh non, tais toi, je ne veux même pas le savoir ! »

Non, je ne voulais pas le savoir. Je préférais ne pas savoir depuis combien de temps il me mentait. Depuis combien de temps il avait ruiné des semaines et des semaines de sevrage... Est-ce qu'il ne se rappelait pas combien il avait souffert pendant le temps de son sevrage ? Est-ce qu'il ne se rappelait pas combien il avait eu du mal à s'en sortir ? Et moi ? Avait-il oublié tout ce que j'avais fait ? Je ne cherchais pas à me lancer des fleurs. Simplement, il ne devait pas oublier qu'il n'était pas seul, qu'il ne l'était plus. Il avait maintenant une femme et une fille. En se droguant comme il l'avait fait, il nous avait mis en danger. Que se serait-il passé si il avait voulu s'occuper de Lena en étant complètement défoncé ? Qui savait quelles bêtises il aurait pu faire ! S'il s'était passé quoi que ce soit, il s'en serait énormément voulu... Il aurait pu se passer tellement de choses ! Je ne comprenais pas pourquoi il s'était tourné vers cette solution là. Je pensais pourtant qu'il savait que j'étais là pour lui, que je le serais toujours, même dans les moments difficiles. Oui, c'est vrai, j'allais terriblement mal. Mais cela ne m'aurait certainement pas empêchée de l'aider s'il me l'avait demandé. J'aurais préféré devoir mettre de côté ma propre souffrance plutôt que de le voir sombrer de cette façon... J'étais déçue. Et en colère. Parce qu'il m'avait promis il y a des mois de cela de ne plus jamais toucher à la drogue. Et, bêtement, j'avais cru que ma petite « expérience » avec Alan l'aurait définitivement convaincu que le milieu de la drogue n'était pas un milieu propice à une parfaite petite vie de famille. J'aurais cru que la vengeance de son ancien dealeur l'aurait calmé. Et que faisait-il ? Il s'en trouvait un nouveau, certainement affilié à Armando Venezzio. Nous mettant de nouveau en danger. Était-il si peu habitué au bonheur qu'il s'évertuait maintenant à le détruire ?

« Tu sais quoi ? Fais ce que tu veux. Ça m'est égal. Tu veux te défoncer dans une ruelle ? Vas-y, fais toi plaisir. Je ne vais même pas chercher à t'en empêcher. »

Bien sûr que non, cela ne m'était pas égal. Mais j'étais en colère et terrifiée à l'idée de le perdre pour de bon. J'en savais suffisamment sur la drogue pour savoir qu'il lui serait très facile de redevenir accro. Si ce n'était pas déjà fait. Alors certes, ce n'était « que » de la cocaïne et non pas de l'héroïne, mais je me demandais si cela faisait une réelle différence. C'était de la drogue de toute façon. Savoir qu'il avait sa maudite dose dans l'une de ses poches me donnait envie de lui sauter dessus pour le gifler et le secouer. Pourtant je suis restée complètement immobile, gardant les bras croisés sous ma poitrine, restant aussi loin de lui que possible. Pour la première fois depuis longtemps, je ne voulais avoir aucun contact physique avec mon mari. Strictement aucun. Pourtant j'étais gelée, je tremblais et j'avais terriblement besoin d'être rassurée. Mais je ne voulais pas d'une étreinte qui sonnait faux. J'avais l'impression que le mot DROGUE avait été marqué au fer rouge sur le front d'Ethan. Et son apparence physique ne me donnait que plus la sensation d'avoir un junkie en face de moi. Un junkie... Avait-il seulement cessé de l'être ? Ou serait-ce toujours profondément ancré en lui ?

« Je t'interdis de rentrer en étant ne serait-ce qu'un TOUT PETIT PEU ailleurs. C'est clair ? Je te jure que tu n'approcheras plus ta fille dans un était pareil. Si tu oses la mettre en danger, je ne sais pas ce que je te ferai... »

Je savais que c'était plus ou moins la seule façon de le faire réagir : le menacer de lui reprendre sa fille, de le séparer d'elle, quand bien même il l'évitait autant que moi ces derniers temps. Mais ce que je disais était censé. Je refusais qu'il touche Lena en étant dans un était pareil. Je refusais qu'il la mette en danger. Elle ne devait pas être au milieu de tout cela. Ce n'était pas une vie pour un bébé... C'était à se demander comment elle faisait pour rester aussi calme et aussi souriante. Je ne voulais pas la séparer de son père. Mais si ce dernier ne me laissait pas le choix, je n'hésiterais certainement pas. Je voulais protéger Ethan, mais Lena était encore plus fragile que lui. Et j'avais l'impression d'être la seule personne à pouvoir la protéger de tout cela. Mais j'espérais sincèrement faire réagir Ethan avec ces menaces. Même si j'avais honte de ce que je faisais pour essayer de le faire réagir, je n'avais pas d'autre solution. Que pouvais-je faire d'autre ? J'avais tout essayé pour communiquer avec lui. Il ne me restait que cette seule et unique solution.

« Lena n'a pas besoin de ça. Je n'ai pas besoin de ça. »

Je m'étais mise à pleurer sans réellement m'en rendre compte. De toute façon, cela ne se voyait pas. Il pleuvait toujours, et mon visage était déjà trempé par la pluie. D'un côté j'en étais contente. Cela rendait ma colère plus crédible. Je ne voulais pas qu'il me voit pleurer, parce que je savais très bien qu'il aurait complètement occulté ma colère pour tenter de me rassurer... Ne comprenait-il pas que ce n'était pas ce que je voulais ? Tout ce que je voulais, c'était qu'il cesse de se détruire à petits feux. J'avais peur pour lui, je ne cesserais jamais d'avoir peur pour lui. Je voulais qu'il ait un électrochoc, pour qu'il redescende sur terre une bonne fois pour toute. Parce que si le ton de ma voix était purement et simplement ampli de colère, mes yeux hurlaient toute ma peur et mon angoisse. Mais pour le voir, encore fallait-il qu'il me regarde... J'ai légèrement secoué la tête en fermant les yeux. Puis je me suis brusquement souvenue de ce qu'il y avait dans ma poche. Avec une grimace, je glissai ma main dans ma poche avant d'en ressortir le sachet d'héroïne, que je lui lançai. Il le rattrapa certainement par réflexe.

« Ah, au fait, prends-ça. Tu t'amuseras mieux que moi avec. Il faut dire que ma première expérience avec l'héroïne n'a pas vraiment été couronnée de succès. »

C'était rien de le dire... Les doses qu'on m'avait injectées étaient trop fortes, trop concentrées... Je me souvenais clairement de la violence avec laquelle j'avais été plaquée contre terre tandis qu'on me droguait à mon insu. Je le regardai un long moment, avant de secouer la tête et de la baisser. J'ai eu un haussement d'épaules. Puis je me suis détournée et je suis repartie droit devant moi. J'avais une démarche sûre et assurée, indiquant que je voulais quitter cette rue malfamée au plus vite. Pourtant, les larmes dégoulinaient sur mon visage, et je serrais les dents pour ne pas me mettre à hurler et surtout pour ne pas me retourner. Inconsciemment, j'espérais encore qu'il réagisse.

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AND HE CARED NOT THAT THEY STOOD UPON THE WALLS IN THE SIGHT OF MANY. »

— J.R.R. Tolkien.
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MessageSujet: Re: You gave up the fight and you left me behind { ETHAN } - 18 !   Jeu 28 Oct - 16:36

Je ne savais pas vraiment comment j’allais faire, ni ce que j’allais pouvoir lui dire. Mais je savais que je devais le faire. Une petite voix venait de s’allumer et me disait que j’allais la perdre. Et je recommençais à ressentir les choses. Je savais que sans elle, je ne pourrais pas vivre. Je ne pouvais pas et ne devais pas la perdre. Elle était trop importante pour moi. Elle était ma vie. Elle était mon oxygène, mon cœur, elle était tout. Elle se débattait pourtant, me repoussant encore et encore. Mais cette fois-ci je ne l’écouterais pas, je ne lui ferais pas grâce de ce qu’elle semblait désirer. C’était comme ça que nous avions perdu cet enfant et que nous avions fini par nous éloigner. Je ne la laisserais pas partir loin de moi. C’était ma femme. Et ce bracelet que je venais de rattacher à son poignet ne devait jamais quitter sa propriétaire. J’avais le regard fixe sur lui. Un instant je redevenais cet Ethan hagard et sans vie. Et c’est ce moment là qu’elle choisit pour s’écarter. Je n’avais pas été assez vif et prompt qu’elle s’était dégagée de moi.

Je l’ai lâché, retombant sur mes fesses et me mouillant ainsi entièrement pendant que je la voyais se hisser lentement et me toiser de toute sa hauteur. J’hésitais à rester là. A ma place. C’est là qu’était ma place. Plus bas que terre… Elle…elle… Je ne méritais pas les risques qu’elle avait pris, j’en avais conscience. Elle ne voulait plus que je la touche. Et je la comprenais. Même si ça faisait mal, je comprenais. J’avais promis que la drogue était derrière moi, et j’avais replongé tête la première. Finalement les autres avaient raison : on ne cesse jamais d’être un junkie.
Et c’est à ce moment là que mes mains ont commencé à trembler. Je commençais à être en manque. J’avais tellement honte. Je sentais son regard sur moi, et je n’arrivais pas à bouger. Elle voyait bien ce qu’il se passait. C’était évident puisqu’elle me connaissait. Si je tremblais comme cela c’est qu’effectivement, je n’étais pas venu ici pour m’acheter ma première dose. J’en avais déjà repris. Avec un ton empli de mépris elle m’a demandé depuis quand j’avais repris de la drogue, et j’allais lui dire quand elle s’est reprise, me disant qu’elle ne voulait pas savoir. Vu la façon dont mes mains tremblaient, elle en avait certainement vu assez comme ça.

Pourtant elle m’avait vu, elle m’avait aidé. Je savais tout ce qu’elle avait fait pour moi. Mais qu’elle le veuille ou non, je restais un junkie. Il en fallait peu pour que je replonge. Et si jusque là je ne l’avais pas fait, je l’avais fait pour elle, pour la famille que nous avions construite ensemble. Mais la mort de cet enfant c’est plus que ce que mon cœur pouvait en supporter .Je n’étais pas quelqu’un qui sait exprimer ses sentiments. C’est elle qui m’avait appris à le faire. En général, je réagissais par les actes. Mais là rien ne me soulageait. J’avais juste l’impression d’une telle injustice que je n’avais pas la rage suffisante pour me battre, pour cogner, pour fracasser tout et me sentir soulagé.

J’aurais du encore chercher le réconfort auprès d’elle et Lena, je le savais. Mais si je ne l’avais pas fait c’est parce que je m’en voulais. Bien plus encore que quand elle avait été enlevé. Parce que là, j’étais là. J’étais là et je n’avais rien vu. J’aurais du me douter qu’elle était enceinte. J’aurais du empêcher ça. J’aurais du être plus compréhensif a propos de son père. Au lieu de cela, je lui avais rendu la vie impossible. Que je l’aime ou pas, c’était son père. Mais j’avais été aveuglé par mes propres sentiments, et je n’avais pas vu les siens. Je n’aurais pas aimé être privé de mon enfant, comme je privais Alexeï de sa fille. Maintenant que j’avais perdu un enfant, je savais ce que c’était. C’était sans doute la pire chose qui puisse exister sur Terre. Oui c’était la honte qui m’avait poussé à m’éloigner et a chercher un réconfort artificiel dans la drogue.

Elle m’en voulait. Je le savais. Et elle avait raison. Mais ses mots me faisaient mal. Elle me dédaignait carrément. J’étais assis, les fesses dans une flaque d’eau à la regarder de haut et elle m’anéantissait encore davantage me proposant d’aller m’enfiler ma dose. Se rendait-elle compte du mal qu’elle me faisait en me disant ça ? J’étais déjà tellement malheureux, tellement fautif et elle en rajoutait encore ? Et pourtant…pourtant…je ne lui en voulais pas.
C’était au dessus de mes forces de lui en vouloir. Tout ce qui lui arrivait de mal dans sa vie c’était ma faute. Elle avait le droit de m’en vouloir elle. Je n’étais pas le mari idéal, bien au contraire. C’était dur à admettre. Je n’étais qu’un sale junkie égoïste. Et malgré tous mes efforts, rien ne viendrait changer cet état de fait.

Je ne pouvais plus m’empêcher de trembler maintenant. Mes mains étaient secouées par des sursauts et j’avais envie de prendre ce petit sachet dans ma poche et d’inhaler la poudre d’un seul coup. Même devant Katarina….J’étais tombé bien bas… qu’est ce qui m’en empêchait après tout ?

Hé bien à ce moment là, c’est la menace qu’elle a fait planer qui m’en a empêché. Je n’avais plus envie de cette cocaïne tout à coup. Je voulais me lever, lui faire face et lui dire que jamais elle ne m’enlèverait ma fille. Jamais ! On m’en avait arraché une, on ne m’arracherait pas Lena. Jamais ! C’était mon enfant, la chair de ma chair, le sang de mon sang. Et pour elle, j’étais prêt à tout. Je me suis relevé tant bien que mal, dégoulinant de pluie et je lui ai fait face. J’avais envie de la secouer, de lui dire qu’elle n’avait pas à faire ça.

Même si au fond elle avait raison, il était hors de question que je m’approche de Lena quand j’étais sous l’emprise de la drogue. Et je ne l’avais jamais fait. Elle disait n’avoir pas besoin de ça, Lena et elle. Mais je ne m’étais jamais drogué en leur présence. Elle n’avait pas à me taxer d’inconscient. Je savais ce que je faisais. Je me détruisais moi. J’étais persuadé de bien faire les choses. Trop aveuglé par ma propre souffrance et la colère qui montait en moi, je n’ai pas vu qu’elle pleurait. J’essayais de me calmer, de raisonner. Mais le sachet qu’elle m’a lancé en travers de la figure a été l’élément déclencheur de la non maitrise de moi.

J’ai jeté le sachet au loin, me fichant complètement du reste, et je me suis approché d’elle. Je savais que j’allais lui faire du mal. Pas physiquement, mais moralement. J’allais lui en faire comme elle venait de m’en faire en me rappelant qu’Alan l’avait droguée et qu’elle n’avait pas supporté. Je me suis lentement approché d’elle, la tête baissée, et la voix mal assurée.

- Non, je ne veux pas me défoncer. Je…Je...Je…

Avant de changer radicalement de comportement. J’ai relevé la tête et je l’ai acculée contre un mur. Son visage entre mes mains, je devais être plus dangereux et menaçant que jamais. Je n’avais jamais été maitre de moi-même mais la drogue n’y avait pas été d’un grand secours, bien au contraire. La drogue m’avait rendu incontrôlable. Je pouvais passer d’un état à l’autre. Et c’est ce qu’il se passait pour le moment. Une seconde auparavant j’étais limite suppliant, et maintenant je la menaçais carrément.

- Tu crois que je serais assez stupide et inconscient pour m’occuper de ma fille alors que je suis sous influence ? C’est ça que tu crois ?

Je devenais fou rien qu’à l’idée que ma femme croyait réellement que je puisse me droguer quand je m’occupais de ma petite princesse. Je savais que je n’avais pas été présent ces derniers temps, et qu’elle me réclamait sans doute. Mais jamais je n’aurais osé m’en occuper alors que j’étais drogué. Je ne lui aurais jamais fait de mal, de quelque manière que ce soit. Mon poing est venu s’écraser contre le mur, et j’ai à peine senti la douleur tellement j’étais énervé. Elle ne me répondait pas, se contentant de me regarder et de me laisser devenir fou. Je cherchais son regard, je collais mon visage au sien.

-Non mais tu me prends pour qui Katarina ? Tu me prends pour qui ???

Et j’ai à nouveau tapé contre le mur. J’en avais assez entendu ou assez dit. Je savais que tout était de ma faute. Même le fait que j’ai replongé c’était ma faute. J’avais écarté tout le monde de mon entourage, je ne voulais plus voir personne. Mais j’avais l’impression que c’était le juste châtiment pour avoir été assez bête pour ne pas voir que ma femme était enceinte ou que je lui imposais trop de choses. J’avais été faible, et je l’étais toujours. J’avais honte de tout. Je voulais mourir parce que j’avais cru que plus jamais je ne replongerais. Et je l’avais fait.

Finalement elle avait raison. J’étais un danger pour elle. Et pour Lena surtout…Autant ma colère avait éclaté d’un seul coup, autant là elle venait de redescendre me laissant sur le carreau et haletant. J’avais l’impression de devenir fou. Pendant une semaine, je m’étais refusé à ressentir quoi que ce soit, et voilà que j’avais l’impression maintenant que tout m’assaillait. J’avais l’impression d’être sans dessus dessous.

Je me suis écarté et j’ai mis mes mains dans mes poches parce que j’avais froid et que je ne voulais plus qu’elle voit mes mains trembler. Pour l’instant ils n’y avaient qu’elles qui tremblaient mais je savais que bientôt ce serait mon corps tout entier. Et que bientôt je grelotterais de froid et que pourtant je finirais pas me retrouver en sueur et que des hallucinations viendraient me hanter.

-Je suis désolé que tu m’aie mis à jour. Je suis désolé d’avoir replongé. Terriblement désolé !!

Je n’étais décidément qu’un minable. Ma voix tremblait, et j’avais envie de disparaitre. Elle avait tant fait pour moi. Elle avait passé tant d’épreuves, elle avait frôle la mort, elle avait perdu un enfant aussi et pourtant elle était toujours là.

-Mais…Mais…

Elle était toujours là elle…. Elle n’avait pas fait de bêtises. Elle n’avait pas mis sa vie, nos vies en danger pour un paradis artificiel. Elle avait essayé de surmonter sa douleur. Elle pouvait réfuter autant qu’elle le voulait, mais elle était forte. C’était dans sa nature. Alors que moi…

J’ai quand même osé la regarder dans les yeux, mais mon regard s’est troublé de larmes.

-J’ai trouvé que ça pour me sentir heureux !
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MessageSujet: Re: You gave up the fight and you left me behind { ETHAN } - 18 !   Jeu 28 Oct - 22:13

Je n'avais même pas envie de me retourner pour voir s'il avait bougé ou s'il était encore par terre à me regarder comme un imbécile. Il y avait une part de moi qui se fichait complètement de ce qui pouvait bien lui arriver maintenant. Parce que cette part de moi se sentait trahie, abandonnée. Je n'avais pas oublié qu'il avait promis de ne plus jamais se droguer « quoiqu'il arrive ». Il fallait croire que cette promesses n'était destinée qu'à être éphémère. Est-ce que tous les hommes de ma famille devaient être des menteurs ? Pourquoi finissaient-ils par me mentir ? À croire que quelque chose les poussait sans cesse à me mentir, à un moment ou à un autre. J'avais sincèrement cru pouvoir faire confiance à Ethan. J'avais sincèrement cru pouvoir lui faire confiance tout le temps, à cent pour cent. Parce que nous nous l'étions promis. Plus de mensonges, plus de secrets, rien de tout ça. La vérité toute nue, tout le temps. Parce que le mensonge nous avait conduit droit à la catastrophe. Et là... Tout recommençait. J'avais l'impression d'être prise dans un cercle vicieux, d'être sans arrêt de retour à la case départ. J'en avais assez de n'être qu'un pion que l'on manipule, consciemment ou non. Encore que je n'étais même pas certaine qu'Ethan s'en soit rendu compte... Il était dans son monde. SON monde, pas le mien. Je n'avais jamais mis les pieds dans son monde... Mis à part peut-être aujourd'hui. Et j'avais sincèrement détesté ça. Me mettre dans la peau d'une junkie avait été une des pires comédies que je n'avais jamais joué. Et savoir que pour mon mari ce n'était pas un jeu rendait les choses plus difficiles encore. Savoir qu'il était venu pour faire une affaire m'horrifiait autant que cela me dégoutait. J'avais eu envie de le frapper, de lui hurler dessus... Mais je ne l'avais pas fait. Enfin, pas vraiment... Je lui avais fait des reproches, oui, mais je n'avais pas hurlé. J'avais à peine haussé la voix. Mais intérieurement, je fulminais...

Cependant, il y avait cette autre part de moi qui avait envie de se retourner d'un coup, de courir vers lui, de le prendre dans mes bras, de le rassurer... J'étais en colère, oui, j'étais peinée, oui. Mais Ethan restait mon mari, je l'aimais, malgré tout. Mais je devais me calmer, laisser les nerfs et la tension redescendre peu à peu... Je ne piquais jamais de grosses colères, et elles redescendaient toujours rapidement. Mais cette fois ci il y avait une nouvelle inconnue dans l'équation. La drogue. La drogue, qui tentait de me reprendre mon mari. Comme j'avais été naïve de croire que j'avais réussi à le sortir de cet enfer là... Et présomptueuse. J'avais refusé de croire à ce vieil adage « un junkie reste toujours un junkie »... Et si je m'étais trompé ? Personne n'est à l'abri d'une erreur... Mais pouvais-je m'être trompée à ce point là ? Est-ce que l'amour m'avait aveuglé ? Je ne savais plus. J'étais complètement perdue, complètement abattue. Je me demandais même si je n'aurais pas mieux fait de rester bien sagement à la communauté. Peut-être aurais-je finalement préféré ne pas savoir... J'avais envie de m'enfermer dans une pièce sombre et ne plus jamais en sortir. J'étais fatiguée de me battre contre tout et n'importe quoi. Contre tout le monde aussi. Je ne pouvais pas lutter contre Ethan. Je l'avais déjà fait. Et là encore, les choses ne s'étaient jamais bien terminées... Nous étions censés être du même côté tous les deux. Pas à se lancer des horreurs à la figure. Nous n'étions pas censés être séparés de cette façon... Nous étions les deux parties d'un tout. J'avais l'impression d'être essoufflée après avoir simplement fait cinquante mètres. Parce que je ne parvenais plus à respirer et parce que mon coeur battait à tout rompre dans ma poitrine. J'avais l'impression qu'il allait exploser.

J'ai eu un sursaut en me rendant compte qu'Ethan était derrière moi. Pourtant j'ai continué à avancer, faisant comme si je n'avais pas entendu ce qu'il m'avait dit. Il ne voulait pas se défoncer ? Alors pourquoi étions nous là tous les deux, dans une rue destinée à la vente et à l'achat de drogue ? Et pourquoi avait-il toujours un sachet rempli de cocaïne au fond de la poche ? J'eus envie de me retourner et de le gifler sèchement. Je ne sais pas ce qui m'a retenue. En y réfléchissant bien, je crois simplement que je n'en ai pas eu le temps... J'ai failli hurler quand Ethan m'a carrément attrapé par le bras avant de me plaquer contre le premier mur qui passait. Mon bras s'est légèrement tordu et la douleur de mon hématome – récemment fait par mon père – s'est ravivée. Je me suis presque sentie menacée quand il a pris mon visage entre ses mains. Ce geste n'avait rien de tendre, bien au contraire, c'était simplement pour être bien sûr que je resterais là à le regarder. J'ai clairement hésité à le repousser, tant cette scène me rappelait celle qui s'était déroulée avec mon père quelques jours plutôt. Drôle de sensation de déjà vu. Pendant une bonne minute, je me suis demandée s'il n'allait pas lui aussi me dire qu'il n'avait pas besoin de moi, que je n'étais rien, rien, rien, rien. J'ai à peine eu conscience de me recroqueviller sur moi même tandis qu'il me hurlait dessus. J'avais touché la corde sensible en le menaçant de le priver de sa fille. Je m'attendais à une réaction, mais pas aussi violente que cela. Décidément, c'était comme si lui et mon père s'étaient donnés le mot. Je commençais sincèrement à me demander si je n'allais pas finir par m'en prendre une... Que cela paraisse idiot ou non, je n'avais jamais été confrontée à ce genre de situation. Quand j'avais rencontré Ethan, il était certes en manque, mais... c'était différent. Là, il y avait le manque, le stress, la colère et je ne sais quoi d'autre...

J'ai littéralement sursauté quand il a écrasé son poing sur le mur, juste à côté de mon visage. Je ne sais pas si il le voyait, mais malgré mon air complètement ébahi, je continuais à pleurer, les larmes coulaient silencieusement sur mon visage, se mêlant à la pluie. Et il continuait à me hurler dessus... J'ai seulement recommencé à respirer quand il s'est écarté de moi. Il a rapidement fourré ses mains dans ses poches. J'ai eu un petit rire moqueur. Croyait-il sincèrement que je n'avais pas vu ses mains trembler ? Je restais plaquée contre le mur, n'osant même plus bouger. Et maintenant ? Qu'allions nous faire ? Rien ? Voyant le silence s'installer, j'ai hésité à repartir, ne trouvant rien à répondre à cela. Je ne m'attendais pas vraiment à ce qu'il poursuive. Généralement, il ne disait pas grand chose après avoir piqué une colère. Ou alors... Il s'excusait. Les bras me sont retombés le long du corps. Voilà, il s'excusait d'avoir replongé, il s'excusait que j'aie été le témoin de sa nouvelle déchéance...

Mais...

Il y avait un mais. J'ai presque retenu ma respiration. Mais il n'avait trouvé que la drogue pour essayer d'être heureux. Je suis restée complètement stupéfaite une seconde, comme déconnectée. Il ne savait pas quoi faire pour se sentir bien alors il se droguait ? Je ne savais plus quoi penser... J'étais apparemment impuissante face à sa douleur. Totalement impuissante. Je n'y pouvais plus rien. Quoique je fasse, cela ne le guérirait pas... Ce n'était pas une douleur que je pouvais effacer. Il avait perdu quelqu'un. Nous avions perdu quelqu'un. Un bébé... Je ne me voyais pas lui dire « ça va aller ». Parce que non, pour le moment, cela n'allait pas aller. Alors qu'est-ce que j'étais censée faire ? Laisser faire les choses, sous prétexte que de toute façon cela n'allait pas s'arranger de si tôt ? Non, certainement pas. Ce n'était pas dans mes habitudes d'abandonner. Alors j'ai fait tout ce que j'ai toujours fait avec Ethan. J'ai enfermé dans une petite boite ce que je ressentais et j'ai fait un pas vers lui, me recomposant un visage, redressant la tête, prenant une profonde inspiration.

« Ce n'est pas grave, Ethan. Ce n'est pas grave. »

Bien sûr que si, ça l'était. Mais minimiser les choses, le déculpabiliser... C'était l'étape numéro un. Pour le calmer, le rassurer... Je me suis approchée de lui lentement, avant de poser mes mains sur ses bras. Nous étions tous les deux trempés, je m'en rendais seulement compte. Et il faisait froid. Il faisait toujours froid quand nous nous disputions. J'ai laissé mes mains glisser le long de ses bras, avant de les laisser fouiller dans ses poches. Quand refermé mes doigts autour du sachet de cocaïne. J'ai eu un moment de dégout, avant de me reprendre. J'ai retiré le sachet de sa poche. Mais je ne l'ai pas jeté, pas plus que je ne l'ai déchiré, ou quoi que ce soit...

« Combien de temps est-ce que tu peux tenir avec ça ? Je suis sérieuse, Ethan. Combien de temps ? Pour une... désintoxication progressive. »

Évidemment, je ne comptais pas le laisser se droguer. C'était hors de question, nous le savions tous les deux. Mais je ne voulais pas qu'il souffre. Il en avait assez eu... Nous en avions assez eu. Je ne voulais pas en rajouter. Autant faire les choses en douceur... Je ne savais pas pourquoi je réagissais encore comme ça avec lui. N'importe qui m'aurait dit que je ferais mieux de le laisser tomber, parce qu'il l'aurait mérité. Mais non. On ne mérite pas de souffrir de cette façon. Surtout pas lui. Peut-être étais-je trop gentille, trop tolérante, trop amoureuse... Mais après tout ce que nous avions traversé, ce n'était pas maintenant que j'allais le laisser tomber. J'ai tendu une main vers son visage, et je l'ai simplement posée sur sa joue. J'ai tenté un sourire, un peu fade peut-être. J'ai ensuite simplement attrapé sa main, et je nous ai attiré à l'abri de la pluie, bêtement à l'ombre d'un bâtiment.

« Personne ne sera au courant. Pour tout le monde, tu seras malade. Simplement malade. Disons... une grosse grippe. Tu vas trembler, tu vas avoir des sueurs froides, de la fièvre... Pour tout le monde, tu seras simplement malade, d'accord ? »

Oui, nous allions servir un mensonge à tout le monde. J'allais servir un mensonge à tout le monde. Pour le protéger, bêtement, purement et simplement. Je n'avais pas envie d'exposer sa souffrance au reste du monde. Je savais qu'il avait suffisamment honte. Avec un soupir, j'ai posé mes deux mains sur ses épaules. Je me suis rapprochée de lui plus encore avant de me hisser sur la pointe des pieds. L'endroit n'était peut-être pas idéal, mais tant pis. Je sentais trop qu'il avait besoin que je le rassure, besoin de comprendre que je n'avais pas l'intention de le quitter. Ethan restait Ethan.

« Ne t'inquiète pas. On va te sortir de là. »

Sans plus de cérémonie j'ai pris son visage entre mes mains pour l'embrasser. Parce que c'était ainsi.

Ethan était Ethan et Katarina était Katarina.

Et dans n'importe quel monde, Katarina aimait Ethan et Ethan aimait Katarina.

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Ethan Jones
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MessageSujet: Re: You gave up the fight and you left me behind { ETHAN } - 18 !   Ven 29 Oct - 18:57

Ma vue se brouillait de plus en plus, et je ne voyais plus le visage de ma femme. Tout était aussi flou que ce que je ressentais. J’avais tellement mal, j’avais tellement honte. La douleur lancinante de la mort de mon enfant me revenait en pleine face. Encore plus sournoisement, encore plus vivace. C’est comme si une multitude de doigts étaient pointés sur moi et m’accusaient de l’avoir tué. Ils n’avaient pas tort pourtant. C’était moi le responsable et je ne pouvais rien faire. Rien ne pourrait jamais atténuer cette douleur. Il n’y avait que la drogue, je ne connaissais que ça. Je savais pourtant que des gens m’aimaient et traversaient la même chose que moi, mais je me sentais terriblement seul. Quand mes parents étaient morts, j’aurais pu me tourner vers ma famille qui était là pour moi, mais je les avais chassés. Comme je l’avais fait avec Katarina et Lena. Je n’arrivais pas à supporter le malheur des autres, alors je m’enfermais dans le mien. Et les erreurs que j’avais déjà commises par le passé, je les reproduisais. Comme si je n’avais pas compris la leçon.
Et si la mort de mes parents avait été atroce, je crois que celle de cet enfant dépassait sans doute tout. Pourtant oui, je ne l’avais jamais connu. Je n’avais appris son existence qu’au moment où j’apprenais sa mort, mais c’était mon enfant. Mon tout petit. Mon…

Je n’eus pas le temps de comprendre qu’une voix s’élevait pour me dire que ce n’était pas grave. Qu’est ce qui n’était pas grave ? La mort de cet enfant ? Non…elle ne parlait pas de ça. Elle parlait du fait que je me sois à nouveau tourné vers la drogue, quelle qu’elle soit cette fois encore, pour sentir mon cœur s’alléger un peu. Mais, elle ne savait pas à quel point j’avais lutté. Elle ne savait pas parce que je l’avais écarté de cette souffrance. Délibérément je les avais repoussés Lena et elle. Et j’avais honte… elles aussi elles étaient malheureuses. Katarina aussi avait sans doute besoin de se sentir un peu heureuse. Et je n’avais encore une fois pas pensé à elle. Alors, qu’est ce que je pouvais faire d’autre que d’éclater en sanglots et de me laisser secouer non plus uniquement par le manque mais par le chagrin et la culpabilité.

Je sentais à peine ses mains sur mes bras et sur moi, je ne la voyais même plus. Et dans un sens ce n’était pas plus mal. Je ne voulais pas voir la honte et la colère irradier son si doux visage. C’était ce qui allait m’achever je le savais. Je n’avais pas voulu la décevoir ou la blesser. J’avais simplement cherché à me sentir heureux. Même si au fond je ne l’étais pas, j’avais besoin de ressentir ça. Artificiellement ou pas… Alors, je m’étais tournée vers la cocaïne. Les drogues qu’on dit douces ne permettaient pas ce que je recherchais, et l’héroïne aurait laissé des marques sur mes bras. Alors je m’étais tourné vers la cocaïne. Pas de traces… Et c’est ce même sachet de cocaïne que Katarina cherchait au fond de mes poches. Oui, je l’avais toujours. Et je me retenais de la repousser et de le garder sur moi. J’avais besoin de cette petite poudre blanche. Tout le monde s’était trompé, je n’étais pas sorti de cette dépendance. J’en étais sorti pour mieux replonger au fond. Je n’étais qu’un sale junkie de merde. Il fallait voir la vérité en face.

Je croyais qu’elle allait le jeter, mais elle l’a gardé. Et elle m’a demandé combien de temps je pouvais tenir avec cette dose ci. Je ne savais pas quoi répondre. Mon esprit était embrumé. J’avais échangé l’arme contre 4 grammes, mais j’avais divisé la quantité pour récupérer le bracelet de Katarina qui avait appartenu à sa mère. Alors…ça faisait…ça faisait….
Je n’étais même plus capable de compter… Je n’étais décidément vraiment bon à rien. A part à pleurer comme un enfant. Alors que Katarina me tendait la main en me disant qu’elle allait à nouveau s’occuper de moi en me sevrant. Et cette fois-ci elle pensait changer de méthode. J’avais l’impression de ne pas la mériter. Je ne la méritais pas…
J’ai essuyé mes yeux d’un revers rageur, et j’ai regardé cette poudre blanche enveloppée dans ce sachet, et je l’ai caressée du regard. J’avais envie d’elle. Aussi surement que j’aurais du avoir envie de faire l’amour à ma femme. Mais à ce moment là, il n’y avait que la drogue qui comptait.

-Une semaine pas plus mais…

En prenant un tout petit shoot par jour… Et encore….
J’aurais tellement eu envie de lui dire que nous allions jeter ce petit sachet, ce tout petit sachet. J’aurais aimé lui dire que j’allais vraiment arrêter, que j’étais assez fort pour ça. Mais j’aurais menti. J’avais besoin de cette drogue autant que j’avais besoin d’elle. Je lui demandais encore une fois d’être fort pour deux. Je n’étais même pas digne de porter cette alliance et d’être son mari. Je ne cessais de lui demander de me porter alors qu’elle avait déjà peine elle-même à se relever. Comment faisait-elle pour supporter tout ça ? Comment ?

Elle aurait du partir en courant, elle aurait du me laisser là. Elle aurait du faire tant de choses mais elle a caressé mon visage. C’est quand sa main s’est posée sur ma joue et qu’elle a essayé de me sourire que j’ai fondu à nouveau en larmes. Je n’en finissais pas de me sentir ravagé par le chagrin. Et la culpabilité. J’avais l’impression d’être destiné à souffrir et à la faire souffrir. Et c’était pire maintenant. Parce que nous étions parents. Quel père je faisais… quel mari aussi ? Elle allait me couvrir. C’était ça qu’elle me disait. Elle allait mentir à tout le monde pour m’aider à m’en sortir. Encore une fois, elle allait prendre soin de moi. Et Lena ? Qui s’occuperait de ma princesse ? Comment ne pas avoir envie de mourir quand vous savez que vous êtes un mauvais père ? Mon petit amour avait besoin d’attention et je lui volerais certainement sa mère pendant des jours et des jours. Comme je m’en voulais de ne pas être l’homme fort que Katarina aurait aimé épouser. A la place d’un vrai homme, elle se retrouvait avec un junkie qui dérape à la moindre occasion.

Elle allait encore une fois me porter à bout de bras et je ne pouvais que pleurer. Je n’avais même pas la force et la volonté de lui dire non. Je la laissais m’embrasser et me dire qu’elle allait me sortir de cet enfer. Parce que c’était réellement un enfer. J’aurais aimé être un autre. Mais j’étais un homme fragile. Je m’étais cru fort….je m’étais trompé. Je ne faisais que me tromper en fait. Je lui ai rendu son baiser égoïstement. J’avais besoin de sentir qu’elle m’aimait et qu’elle ne m’abandonnait pas. Si elle n’avait pas posé ses lèvres sur les miennes, qui sait ce que j’aurais fait.
Je l’ai prise dans mes bras et je me suis écroulé dans ses bras en pleurant comme un enfant, m’agrippant à elle comme un naufragé.

-Je suis désolé, si tu savais comme je suis désolé….

J’étais désolé pour tellement de choses. J’étais désolé d’abord de lui faire vivre ça. Elle était sortie au péril de sa vie alors que Lena avait besoin d’elle. Elle m’avait suivi, et elle était encore là à m’épauler. Elle avait perdu un enfant, et mon attitude était affreuse. Elle minimisait sa peine pour m’aider moi à surmonter la peine. Elle avait tant fait pour moi. Elle m’avait donné un foyer, une famille et en échange elle avait eu quoi ? Rien ! rien !! J’avais l’impression de lui avoir tout pris sans rien lui donner en retour. Je lui avais pris son enfant comme je lui avais pris son père. Les reproches que j’avais à l’encontre d’Alexeï n’auraient pas du justifier mon attitude envers lui et envers Katarina. Il venait de retrouver sa fille et je la lui arrachais. Il n’était pas aussi bien que j’aurais aimé qu’il soit. Mais je n’avais pas à le juger comme je l’avais fait. Je ne valais pas mieux que lui. Je comprenais enfin à quel point Katarina avait raison quand elle disait que nous nous ressemblions. Je ne dis pas que j’avais de la sympathie pour lui parce que ce n’était pas vrai. Mais je n’avais pas à le chasser de la vie de sa fille et de sa petite fille. Je ne valais décidément rien…Je ne méritais pas tout ce que les gens avaient fait pour moi. Et Katarina en premier…. Je m’en voulais d’être tombé amoureux d’elle, et de me l’être accaparée.

-Je te mérite pas Katarina, je te mérite pas. Je suis désolé….

J’étais désolé et pourtant je ne la lâchais pas. Je la serrais encore davantage. Son visage pris entre mes mains je laissais les sanglots me secouer et les larmes ravager mon visage. J’avais envie de hurler parce que j’avais tellement envie de prendre ce sachet, de me faire un rail et de m’asseoir par terre pour me sentir partir dans un paradis artificiel ou tout irait bien. Mais je savais que c’était un leurre. Rien n’allait bien. Ma femme était là, à me dire qu’elle allait mentir à tous, qu’elle allait me laisser me shooter, qu’elle allait encore une fois me sortir de mon addiction. Non, rien n’allait bien.

-Pourquoi tu fais tout ça pour moi mon amour ? Pourquoi ?

La première fois, elle l’avait fait parce que c’était sa mission de médecin. Mais cette fois ? Qu’est ce qui l’empêchait de ne pas me dire de sortir de leurs vies et de me laisser me détruire jusqu'à en finir avec la vie ? Après tout, je lui avais tout pris. Je lui avais pris cet enfant. J’étais vraiment une mauvaise personne. Je ne méritais pas de vivre alors qu’elle avait tout perdu à cause de moi, de mon égoïsme et de ma possessivité. Si la perte d’un enfant est une chose dont ne se relève pas un père, alors pour la mère je n’osais même pas imaginer. Et pourtant Katarina était debout. Alors que moi….j’étais à terre…

-Je voudrais donner ma vie contre la sienne si tu savais ! J’ai tout gâché. C’est ma faute s’il est mort. C’est ma faute !!
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MessageSujet: Re: You gave up the fight and you left me behind { ETHAN } - 18 !   Ven 29 Oct - 21:34

Les idées se bousculaient dans mon esprit à une vitesse folle. Tout un tas d'idées, pour le protéger, pour cacher à tout le monde qu'il avait replongé, pour ne pas l'accabler davantage de remords et de honte. J'avais le mensonge en horreur, et pourtant, pour la première fois de ma vie, j'allais mentir volontairement. Pour protéger la personne à laquelle je tenais le plus au monde, j'allais mentir. Et le plus effrayant, c'était de voir à quelle vitesse le plan m'était venu. À croire que j'étais bien la fille de mon père... J'allais le faire passer pour malade, tout simplement. Parce que je savais quels seraient ses symptômes, et que je savais à quoi les assimiler plus ou moins... Il allait trembler, il allait avoir mal partout, il allait avoir chaud et froid en même temps, il aurait peut-être mêmes des hallucinations... Cela ressemblait fortement à des symptômes grippaux. Une grosse grippe, en cette saison, c'était tout à fait crédible, surtout après qu'il soit sorti plusieurs fois sous la pluie... C'était tout à fait crédible. Il n'y aurait que Mathilda qui pourrait se rendre compte que ce n'était pas une grippe... Il ne tiendrait qu'à moi de la tenir à distance. Il me suffirait de prétendre qu'il ne voulait voir que moi... Ce qui serait certainement vrai. Quand il allait mal, il ne voulait voir que moi. Et là il irait terriblement mal. Rien que d'imaginer tout ce qu'il allait endurer, cela me rendait malade... Quand je l'avais aidé pour la première fois à se désintoxiquer, les choses étaient différentes. Nous n'étions pas ensemble, et il toutes ces choses n'étaient pas encore arrivées... Ce serait certainement plus difficile. J'espérais que son corps puisse se remettre « rapidement ». Mon excuse ne tiendrait pas la route éternellement... Il y avait aussi une autre raison qui faisait que je voulais mentir pour lui. Je savais que je ne supporterais pas d'entendre « tu vois, on te l'avait bien dit » ou encore « on ne change pas un junkie ». Mon père était bien capable de me sortir ce genre de choses... Mais sil y avait bien un avis qui ne comptait plus pour moi, c'était le sien. Il pouvait bien me dire ce qu'il voudrait, j'avais décidé de l'écarter de ma vie, comme j'aurais dû le faire depuis longtemps déjà.

J'ai senti ses bras se refermer autour de moi, et je l'ai serré contre moi en retour. Cependant, je ne m'attendais pas à ce qu'il s'effondre. J'ai légèrement vacillé sous son poids un instant, avant de l'accompagner doucement tandis que ses jambes cédaient et qu'il s'écroulait contre moi. Nous nous sommes tous les deux retrouvés assis par terre, moi gardant son visage contre ma poitrine, lui s'accrochant à moi et sanglotant comme jamais. Et cette pluie qui ne cessait de tomber, nous gelant plus que nous l'étions déjà. L'endroit était certainement de loin le moins sûr, mais pour le moment cela nous était complètement égal... Il ne cessait de dire qu'il était désolé, et moi je ne cessais de secouer la tête et de lui dire que ce n'était pas grave, que cela allait s'arranger... Que pouvais-je dire d'autre ? Comme à chaque fois qu'il était en crise, j'étais désemparée. Il y avait toujours un moment où j'étais désemparée avant de reprendre pied et de le relever. C'était comme prendre une profonde inspiration avant de plonger. Pourquoi n'avais-je pas compris plutôt qu'il avait replongé ? Je n'avais pas été assez proche de lui ces derniers temps pour m'en rendre compte. Comment aurais-je pu ? Je ne le voyais que la nuit. Et encore, voir était un bien grand mot. Il venait se coucher, il me prenait dans ses bras, et il repartait tout de suite le lendemain matin, anticipant presque mon réveil. Je n'avais donc pas à culpabiliser... Et pourtant. À chaque fois qu'Ethan allait mal, je m'en voulais. À chaque fois qu'il faisait un pas de travers, je m'en voulais de ne pas avoir su le garder sur le droit chemin. Même si Ethan était adulte, il avait besoin de quelqu'un pour le guider. Et depuis deux ans j'étais ce quelqu'un. C'était comme si j'avais failli à ma mission. De médecin, de femme, de tout...

Je devais faire appel à tout mon self-control pour ne pas moi aussi fondre en larmes. Il me semble que j'avais cessé de pleurer, mais je n'en étais pas vraiment certaine, étant donné la pluie qui trempait encore et encore mon visage. Je le berçais doucement, embrassant ses cheveux trempés. Et il gardait ses bras serrés autour de moi, m'étouffant presque tellement il serrait fort. Je secouai la tête quand il me dit qu'il ne me méritait pas. Quand comprendrait-il qu'il n'avait pas besoin de le mériter ? Quand comprendrait-il que je n'attendais pas de lui qu'il fasse quoi que ce soit pour le mériter ? Quand comprendrait-il que quoiqu'il puisse bien faire, je ne cesserais jamais de l'aimer ? Au bout d'un moment il a fini par relever la tête. Ses bras se sont desserrés de ma taille et il a pris mon visage entre ses mains pour me regarder. Je n'ai pas résisté, saisissant enfin l'opportunité de croiser son regard. Presque deux semaines qu'il baissait les yeux à chaque fois qu'il me voyait. Pour autant, ce que je voyais dans ses yeux ne me plaisait pas. Il avait mal, il souffrait, il était désespéré. Et je sentais ses mains qui commençaient à trembler... C'était le manque. Le manque... De tout. De drogue, d'amour, de bonheur... Le manque de TOUT. Cela n'excusait peut-être pas tout, mais rendait son acte un peu plus... compréhensible. Je ne cautionnais en aucun cas sa façon de fuir la réalité pour se réfugier dans un monde de chimères et de fantasmes, mais je comprenais...

Pourquoi est-ce que je faisais tout ça pour lui ? J'ai secoué la tête. Il y avait tellement de réponses possibles à cette question. Des milliers de réponses à cette question... Et pourtant une seule qui s'imposait.

« Parce que je t'aime ? »

Parce que je t'aime et que je ferais n'importe quoi pour toi. Parce que je t'aime et que je suis prête à te pardonner n'importe quoi. Parce que je t'aime et que je préfère me noyer avec toi que de te laisser sombrer seul. Parce que je t'aime et que quoi qu'il arrive nous nous sommes promis de tout affronter ensemble. Parce que je t'aime, tout simplement... Toutes ces choses, je les pensais sans pour autant parvenir à les exprimer à haute voix pour le moment. J'ai passé mes bras autour de lui et je l'ai attiré à moi, préférant ne plus le regarder, pour ne pas m'écrouler. Il ne fallait pas. Je devais garder la tête hors de l'eau. Il fallait que je sois forte, pour lui, pour nous. La dernière fois, cela avait mal tourné, oui... Mais là c'était la seule solution. Et de toute façon, les choses avaient déjà mal tourné. Et si je ne l'aidais pas... Quelque chose me disait qu'il ne se relèverait pas. Et cette simple idée me rendait malade. Je ne voulais pas le perdre. Je ne pouvais pas le perdre. Ethan était toute ma vie. Oui, j'avais des amis, une fille... Mais c'était Ethan le centre de ma vie. J'avais tout construit autour de lui, comme on construit une maison à partir d'un mur porteur. Si je le perdais lui, je perdais tout.

« Ce n'est pas ta faute Ethan, ce n'était pas ta faute... Ce n'est la faute de personne... C'est arrivé, c'est tout... Ce n'est pas ta faute, je te le promets mon amour, je te le promets. Chut... Calme toi, Ethan, calme toi. Là... Chut... »

J'ai resserré mes bras autour de lui, passant doucement une main dans son dos. J'avais perdu toute notion de temps. Depuis combien de temps étions nous là, à pleurer bêtement ? Certainement trop longtemps... Au bout d'un certain temps, je me suis dépliée et je me suis relevée, entrainant doucement Ethan avec moi. Il était si mou qu'il se laissait faire, et j'eus peur de le lâcher, avant d'être sûre qu'il tiendrait bien debout. J'ai pris ses mains entre les miennes, les serrant aussi fort que possible. Comme pour les empêcher de trembler.

« Rentrons chez nous, Ethan. »

Je l'ai un peu forcé à me suivre tandis que je l'entrainais loin de cette ruelle pourrie... Il pleuvait à torrents et j'avais presque du mal à voir à cent mètres devant moi. Sans compter que le jour déclinait lentement... Intérieurement je commençais à paniquer, mais je n'en montrais rien, me contentant d'avancer, la main d'Ethan toujours dans la mienne. Seulement, après quelques ruelles et quelques avenues, il fallut bien se rendre à l'évidence. Nous nous étions trompés de chemin. Je m'étais trompée... Et je commençais à comprendre que nous ne pourrions pas rentrer ce soir, que ce serait trop dangereux. Oh mon dieu, Lena ! J'avais beau la savoir en sécurité, je ne pouvais m'empêcher de m'inquiéter et de culpabiliser, même si j'avais fait tout ça pour lui ramener son père. Je finis par m'arrêter en plein milieu d'une rue, à moitié paniquée. Même si ce n'était pas vraiment le moment, je reculai d'un pas et allai me blottir contre Ethan.

« Je me suis trompée de chemin... On doit trouver un endroit où passer la nuit, je me suis trompée, Ethan... Je suis désolée... Excuse moi... »

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MessageSujet: Re: You gave up the fight and you left me behind { ETHAN } - 18 !   Sam 30 Oct - 21:24

J’avais l’impression que même sa réponse à ma question pour savoir pourquoi elle faisait tout ça ne me satisfaisait pas. Je savais qu’elle avait horreur du mensonge. C’était même plus de la haine pour cette attitude. Et pourtant elle allait le faire. Elle allait mentir effrontément à tous, prétendant que j’étais victime d’une forte grippe pour me garder à l’abri du regard de tous pendant que j’essayais de dépasser mon addiction. Elle allait me permettre de me droguer un tout petit peu pour que le sevrage soit moins violent que la première fois, espérant ainsi que j’arrive cette fois à m’en sortir vraiment. Elle allait faire ça parce qu’elle m’aimait. Seulement pour ça. Ou alors pour ça… C’était aussi grave qu’honorable. Je savais qu’elle m’aimait autant que moi je l’aimais. J’avais envie de l’embrasser, de la remercier encore et encore. Mais ma douleur était plus forte que tout et je restais là à pleurer dans ses bras.

J’avais besoin de m’excuser pour tout ce que j’avais fait. Et surtout pour avoir anéanti tous mes rêves, tous ses rêves. Elle voulait cet enfant, je le savais. Elle ne le voulait peut être pas si vite après Lena, mais elle le voulait. Et Katarina faisait une mère parfaite. Elle était faite pour ça. Sa vie c’était avoir des enfants et les aimer de tout son cœur. Et je lui avais volé ça en voulant la garder pour moi alors qu’elle venait de retrouver son père. Je m’en voulais tellement. Davantage quand elle essayait de me déculpabiliser. Elle me calmait en me disant que ce n’était pas ma faute, ni celle de personne d’autre, mais je n’arrivais pas à le croire. J’étais têtu je le savais. Mais j’étais sur d’avoir raison. La mort de notre petit bébé était ma faute. J’aurais du être plus vigilant, plus protecteur. Je n’aurais pas du lui faire vivre ça.
J’avais eu envie de me débattre, de lui dire qu’elle se trompait, que c’était ma faute à moi. Elle avait le coupable devant elle, et elle ne le voyait pas. Mais je me laissais faire. Sans doute trop heureux qu’elle me retire ce sentiment de culpabilité. Trop heureux d’avoir son pardon.
Je n’étais vraiment pas quelqu’un pour elle. Malgré tout notre amour, je ne la méritais pas.

Mais j’étais trop égoïste pour l’éloigner de moi. Trop malheureux, trop anéanti mais soulagé par sa voix douce et apaisante pour la repousser quand elle m’a enlacé et a caressé mon dos comme une mère le ferait à son enfant pour le consoler d’un chagrin. Finalement, je n’étais même pas son mari. Elle trimballait un autre enfant avec elle. Un enfant de presque trente ans. J’avais tellement honte de représenter ce poids sur ces épaules alors qu’elle avait déjà les épaules affaissées. Mais que pouvais-je faire ? J’étais à terre dans les deux sens du terme. Littéralement parce que j’étais tombé à genoux par terre, cédant sous mon poids je ne me souvenais plus quand. Et de façon imagée parce que je me sentais impuissant. Je laissais ma femme me relever tant bien que mal, me reposant sur elle. Mes mains dans les siennes, je me suis laissé guider alors qu’elle m’avait dit que nous allions rentrer chez nous.

Chez nous… au milieu de tous ces gens. J’avais peur de tout le monde maintenant. Enfin pas vraiment peur, mais je ne voulais pas les voir. J’aurais tant aimé que chez nous ce soit dans un endroit qui serait vraiment chez nous. Loin de tout le monde. Mais notre chez nous c’était cette pièce d’environ 25m2 que nous avions aménagée tant bien que mal pour nous recréer un petit univers personnel.

Katarina me guidait et je me laissais faire. Je ne savais pas où elle m’emmenait à part chez nous. Je ne regardais même plus le chemin. Mes yeux étaient rivés au sol. J’étais perdu. J’étais aveugle et Katarina était mes yeux. J’avais confiance en elle. Je me laissais faire parce que de toute façon je n’étais pas capable de prendre la moindre initiative. J’étais bien trop occupé à essayer de contrôler mes pleurs et mes tremblements. Et j’avais énormément de mal à faire face à une attitude protectrice alors que je savais que c’était dangereux. Je m’en voulais de l’avoir fait sortir et d’être là alors que nous pouvions tomber sur des gens peu recommandables. Ce quartier était à deux doigts de passer dans les mains du père de Vitali, je le savais. Mais c’était bien là que j’étais venu, et que Katarina m’avait rejoint. Y étions-nous encore ? Ou étions-nous ? Je ne savais pas, je n’avais pas fait attention à l’endroit où m’emmenait Katarina.
Jusqu'à ce qu’elle s’arrête et que je la sente sur le point de fondre en larmes à son tour. Alors j’ai relevé les yeux vers elle quand elle me disait qu’elle s’était perdue. Nous étions perdus. Katarina n’avait pas retrouvé le chemin. Et elle paniquait.
C’est à ce moment là que mon instinct protecteur a refait surface. J’ai pris sa main pendant que je regardais partout autour de nous et que j’ai vu où nous étions. Cela ressemblait à ce qui avait été autrefois la 5e avenue. L’avenue la plus prisée au monde ne ressemblait plus vraiment à ce qu’elle avait été, et je ne connaissais pas très bien le quartier parce que ce n’était pas le mien, mais je savais que nous y étions. Se succédaient tout un tas de petites maisons en briques rouges où l’on pouvait accéder par des petits escaliers. Ces petites maisons étaient autrefois celles des gens les plus aisés, simplement parce que la plupart des New Yorkais vivaient dans des appartements. Alors posséder une maison voulait dire beaucoup de choses.

C’est dans une de ces petites maisons que j’ai entraine Katarina. J’ai eu à peine à pousser la porte, oubliant pour le moment de dire quoi que ce soit. Tout ce que je voulais c’était nous mettre à l’abri. La mettre à l’abri. La nuit commençait à tomber et nous étions perdus. Je ne savais même plus en cet instant si nous aurions pu regagner la communauté avant que les choses ne deviennent difficiles. J’avais à peine refermé la porte, qui de toute façon ne servait plus à grand-chose que je me suis précipité sur elle, et que j’ai pris ses mains dans les miennes et que j’ai secoué la tête pris de panique.

-Lena…

Mon bébé, ma princesse ! Je venais enfin de penser à elle. Nous étions coincés ici pendant la nuit, et elle était la seule là bas. Seule. Sans ses parents. Même si depuis plus d’une semaine, je n’avais pas été le père que j’aurais du être avec elle. C’était mon petit amour. Et la savoir loin de nous, peut être en train de pleurer me rendait complètement fou. J’avais peur de tout et tout le monde. Je savais que je frôlais certainement la paranoïa, mais je voyais déjà mon bébé dans les bras de quelqu’un avec qui je ne voulais surtout pas qu’elle soit. Alexeï….J’étais sur qu’il en profiterait. J’avais besoin qu’elle me rassure. J’étais même prêt à me dépêcher d’aller la retrouver. J’en oubliais même la drogue et les tremblements qui me secouaient.

-Lena….mon bébé est avec qui ?

Je n’ai même pas attendu qu’elle me réponde. A nouveau, j’étais centré sur moi pendant un instant. Jusqu'à ce qu’elle fasse un pas en arrière, regardant autour d’elle. J’avais peur qu’elle ne veuille partir. Je savais qu’elle voulait aussi voir sa fille, et par ma faute nous étions coincés ici. Si mon instinct de père s’était réveillé, celui de Katarina devait être mis en branle.

-Je suis désolé Katarina. Je suis désolé !!!

J’étais désolé de l’avoir embarqué loin de Lena, et dans une situation pareille. Tout ça parce que je n’étais pas assez fort pour supporter toutes ces épreuves. Elles vivaient les mêmes. Alors pourquoi moi, je n’arrivais pas à y faire face ? Pourquoi alors que je n’étais pas un vrai homme, j’avais le droit à tout ce bonheur. C’était peut être ce que Dieu m’avait passé comme message. Peut être que Dieu me punissait, mais pourquoi punissait il ma femme, mon ange ?

-Je ne mérite pas d’être père, je ne mérite pas !! Oh mon Dieu, elle est toute seule. Je ne me suis pas occupée d’elle pendant des jours, je l’ai mise en danger et je lui prends sa maman. Oh mon dieu….

Cela ne pouvait être que ça. Il me punissait, il me faisait payer tout le mal que je leur avais fait. Je devais accepter sa sentence, quelle qu’elle soit.

-Pardon Katarina, pardon ! Je te promets que dés que le jour se lève, on va la retrouver. Je te promets que…que…

J’aurais aimé lui promettre tant de choses, mais j’avais peur qu’elle ne me croie plus. Et lui en aurais-je voulu ? Certainement pas. ..Elle avait beau m’aimer, et faire tout ça par amour ; elle ne pouvait ne pas m’en vouloir de lui avoir menti.
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MessageSujet: Re: You gave up the fight and you left me behind { ETHAN } - 18 !   Dim 31 Oct - 12:54

J'avais froid, et je commençais sérieusement à avoir peur. Je n'arrivais pas à croire que je nous avais perdus... Je m'étais trompée de chemin... Je n'avais pas fait attention au chemin emprunté, quand j'avais suivi Ethan. Nous nous étions éloignés, nous nous étions retrouvés dans de petites ruelles qui m'étaient jusqu'alors inconnues... Alors je n'avais pas été capable de retrouver le bon chemin au retour. Dans une autre situation, j'aurais certainement laissé Ethan nous ramener à la communauté. Mais étant donné qu'il n'était pas vraiment en état de raisonner, j'avais cru, naïvement, que je pourrais nous ramener. Résultat ? Nous étions perdus au beau milieu de la cinquième avenue. Et cette pluie qui ne cessait de tomber m'empêchait d'y voir à cent mètres. Et je commençais à trembler à cause du froid. Il nous fallait un endroit pour passer la nuit. Malheureusement je n'étais pas en état de chercher un abri. La panique commençait à m'envahir petit à petit, tandis que je me rendais compte que nous ne pourrions pas rentrer passer la nuit à la communauté. Je ne pouvais cesser de penser à Lena. Elle allait se rendre compte que je n'étais pas là, que son père n'était pas là... Je savais que Mathilda prendrait soin d'elle jusqu'à notre retour, mais je ne pouvais pas m'empêcher de m'inquiéter et de culpabiliser. Mais j'avais fait cela pour le bien de notre famille. Qui savait où serait Ethan maintenant, si je ne l'avais pas retrouvé à temps ? Il serait peut-être au bord de l'overdose, quelque part dans une rue malfamée... Non, cela en valait la peine. Mais je me sentais tellement mal de laisser Lena toute seule. C'était la première fois que je le faisais « volontairement »? Cette fois, c'était comme si c'était moi qui était partie au secours de son père. Et le chemin du retour étai aussi difficile qu'il l'avait été quand c'était moi qui était dans les bras d'Ethan, à moitié morte... Encore que là, une fois de plus je recherchais l'aide d'Ethan. Je ne savais pas comment nous mettre en sécurité... Peut-être que lui saurait ? C'était lui, d'habitude, qui savait comment nous protéger...

Néanmoins, je ne m'attendais pas à ce qu'il réagisse vraiment, étant donné son état. Cependant, il se saisit de ma main et m'entraina derrière lui. Je le suivis sans vraiment réfléchir, quand il m'entraina à l'abri. Je regardais mes pieds pour ne pas trébucher sur quelqu'un chose, aussi ne me rendis-je pas compte tout de suite de l'endroit où il m'avait amenée. Mon premier réflexe fut d'essuyer mon visage dégoulinant de pluie. J'étais trempée jusqu'aux os. Mes vêtements me collaient à la peau, mes cheveux dégoulinaient d'eau... J'eus un sursaut quand Ethan s'empara de mes mains brusquement avant de prononcer le prénom de Lena avec un air paniqué. Je relevai les yeux vers lui, lorsqu'il me demanda avec qui était Lena. J'allais répondre, quand j'eus comme un sursaut intérieur. Je jetai un coup d'œil par dessus son épaule, fronçant les sourcils. Je reconnaissais l'endroit... Sans vraiment réfléchir je fis un pas en arrière, regardant tout autour de moi. Et ce fut comme si une petite ampoule s'alluma dans mon esprit, comme dans ces vieux dessins animés. Cette maison... C'était la mienne ! C'était la première fois que je revenais ici depuis la guerre... Quand j'étais revenue, c'était en quatrième vitesse pour récupérer des vêtements et quelques affaires auxquelles je tenais... J'avais laissé tellement de choses derrière moi. Tellement de choses... Cette maison aurait pu être la nôtre... Si cette maudite guère n'avait pas éclaté c'est dans cette petite maison que nous aurions pu vivre... Elle n'était pas très grande. Mais je m'y sentais bien. Dès que vous entriez vous vous retrouviez dans le salon. À gauche il y avait la cuisine et enfin, au fond, ma chambre. À l'étage la salle de bain, le bureau, la chambre d'ami... Qui aurait pu devenir celle de Lena.

J'étais bêtement perdue dans mes pensées quand j'entendis Ethan me dire qu'il était désolé. Il avait l'air désolé, paniqué, affligé, las... Et il y avait un air coupable affiché sur son visage. Je ne pouvais pas le laisser dire qu'il ne méritait pas d'être père ! Parce que ce n'était pas vrai ! Il le méritait et il était un bon père, malgré ses erreurs. Tout le monde fait des erreurs... Il s'en voulait terriblement de ne pas s'être occupé de Lena ces derniers jours, la culpabilité lui retombait dessus d'un coup. J'ai secoué la tête, me rapprochant de lui avant de prendre son visage entre mes doigts. Son visage était aussi glacé que mes mains pouvaient l'être.

« Tout va bien, Ethan, tout va bien. Ne t'inquiète pas. Lena est avec Mathilda. Je lui ai dit de ne laisser personne la voir, et surtout pas mon père. Je me suis assurée de sa sécurité. Ne t'en fais pas pour elle. Demain matin, nous irons la retrouver, et tu verras, tout ira bien. »

J'ai simplement caressé son visage une seconde, essuyant l'eau qui dégoulinait sur son visage. Pendant une seconde je me suis demandée si je n'essuyais pas non plus des larmes. J'ai eu un soupir, avant de poser mes mains sur sa poitrine. Je sentais son coeur battre à un rythme effréné sous mes doigts. Et je commençais à le sentir trembler. Le manque refaisait surface petit à petit. Je me suis mordue la lèvre, regardant une fois de plus autour de moi. Le plus étrange était de voir que les meubles étaient restés à leur place... Je me doutais bien que les choses élémentaires avaient été volées. Mais le reste, tout était là. Par exemple, les livres étaient toujours rangés proprement dans la bibliothèque... Le canapé était toujours là, bien que sale et couvert de poussière. J'eus un petit sourire, avant de secouer doucement la tête.

« Bienvenue chez moi, Ethan... C'était ma maison... »

C'était... Cela aurait pu être la nôtre. Je préférais ne pas vraiment imaginer ce qu'aurait pu être notre vie sans cette guerre. J'attrapai la main d'Ethan et nous traversâmes le salon doucement. Je ne pouvais m'empêcher de regarder un peu partout... Du bout des doigts j'osai pousser la porte de ce qui avait été ma chambre. J'avais presque peur que la porte ne s'écroule, mais elle n'en fit rien. J'entrai dans la pièce, Ethan juste derrière moi. Réflexe stupide, je refermai la porte derrière moi avant de me retourner. J'avais l'impression de me retrouver deux ans en arrière. Les placards avaient beau être à moitié vides, il restait des vêtements... Là non plus les meubles n'avaient pas bougé. Le plus étrange était de retrouver mon lit, exactement au même endroit. J'étais à peine choquée de le retrouver là. C'était un grand lit en bois massif... Personne n'aurait tenté de le transporter. De toute façon il ne passait pas la porte. Je me souviendrais toute ma vie des efforts que nous avions dû déployer pour le remonter dans la chambre... Le matelas lui aussi était toujours là. Les couvertures, les oreillers n'étaient plus là, eux. Il ne restait qu'une grosse couverture vaguement roulée en boule sur le lit. J'eus un petit soupir en songeant que c'est dans cette chambre qu'Ethan et moi aurions dû passer notre première nuit en amoureux... Pas dans une pièce grise et froide, sous terre qui plus est... Mais peu importe... L'essentiel était d'être ensemble, non ? Oui... Mais je me disais qu'un petit peu de confort n'aurait pas été plus mal. Mais les choses sont ce qu'elles sont.

Je me retournai vers Ethan, constatant qu'il commençait vraiment à trembler. Je me mordis la lèvre, avant de sortir de ma poche le sachet de drogue que j'avais bêtement gardé, le rangeant dans ma poche par réflexe. Je pris une profonde inspiration, avant de m'avancer vers lui. J'ai posé ma main sur son bras, avant de chercher à croiser son regard. Je pris une profonde inspiration, avant de remettre le sachet dans sa main.

« Ça ne me plait pas plus qu'à toi, mais... C'est certainement la seule solution pour que tu t'en sortes vraiment cette fois. »

Sous entendu, je lui disais qu'il était libre de prendre une petite dose de drogue pour lui permettre d'aller un peu mieux au moins cette nuit là. J'ai refermé sa main sur le sachet, avant de me détourner. L'y autoriser ne voulait pas dire que j'avais envie de regarder. C'était la dernière chose au monde que je voulais voir. Je commençais à vraiment avoir froid de mon côté, alors j'ai retira ma veste et je l'ai posé sur une chaise qui trainait. Puis j'ai retiré mon pull, l'étendant de la même façon. Je me suis vite retrouvé en débardeur. Lui aussi trempé. J'aurais été gênée que l'on voit mes sous vêtements à travers si je n'avais pas été avec Ethan. Là, je m'en fichais. J'ai détaché mes cheveux, grimaçant. Ils étaient collants, emmêlés... J'avais une sainte horreur de ça. Je n'étais pas particulièrement coquette, mais mes cheveux, c'était sacré. Trouvez moi une seule femme qui aime avoir les cheveux dans cet état de toute façon ! Et il était bien hors de question de les couper. Non mais... Je n'osais pas encore me retourner vers Ethan. Je ne savais pas combien de temps ce genre de... chose... pouvait prendre... J'ai frictionné mes bras, hésitant à m'enrouler dans cette couverture.

« Tu... Tu devrais peut-être enlever tes vêtements, Ethan. Sinon, tu vas vraiment tomber malade, et je crois qu'une vraie grippe serait compliquée à gérer en plus d'une... désintoxication. Je ne veux pas qu'il t'arrive quoi que ce soit en plus. »

Je lui tournais toujours le dos, me contentant de frictionner mes bras pour tenter de me réchauffer. J'ai grimacé en remarquant l'hématome sur mon bras. Mon père ne m'avait pas ratée... Je me souvenais sans trop de mal avec quelle violence il m'avait tordu le bras avant de me plaquer contre le mur pour me balancer des horreurs...

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« AND HE TOOK HER IN HIS ARMS AND KISSED HER UNDER THE SUNLIT SKY,
AND HE CARED NOT THAT THEY STOOD UPON THE WALLS IN THE SIGHT OF MANY. »

— J.R.R. Tolkien.
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MessageSujet: Re: You gave up the fight and you left me behind { ETHAN } - 18 !   Dim 31 Oct - 18:16

Je m’en voulais tellement de la séparer de sa fille. Comme je m’en voulais d’avoir cédé alors qu’elle avait tout donné pour que j’arrête. C’est comme si je venais de balayer d’un seul regard tout ses efforts, tous nos efforts. Je m’en voulais de l’avoir séparée de son père. J’aurais du comprendre qu’elle avait besoin de le retrouver. J’aurais du oui….mais je la voulais tellement pour moi que j’avais à peine concédé à ma femme de voir son père. Et je le regrettais. Parce que cela aurait rendu les choses plus faciles.

Mais je savais que je pourrais dire ce que je voulais, ça ne changerait rien. J’étais allé trop loin. Et elle ne me pardonnait que par amour. Son amour devait être sans limites pour accepter tout ça. Et si je l’amenais avec moi dans ma descente aux enfers ? Et si la laisser m’aider rendrait notre fille orpheline. C’était tout ce que je voulais éviter. Je ne voulais pas qu’elle élève seule Lena. Mais si je devais m’effacer, de quelque manière que ce soit, pour leur bien-être j’en serais capable. Mais là, j’avais envie de serrer mon petit ange dans mes bras. J’avais envie de m’excuser de l’avoir traitée comme ça. Elle ne devait pas comprendre pourquoi je l’avais rejetée comme ça du jour au lendemain. Et si Katarina réussissait l’impossible avec moi, j’espérais sincèrement que Lena ne garde jamais de cicatrice de ces quelques jours où son père l’avait ignoré. Pauvre Princesse…. Il fallait vraiment que je réussisse à me sortir de tout ça. La culpabilité serait toujours là, mais Katarina faisait tellement pour moi que je n’avais pas le droit de tout fiche en l’air.

J’avais tellement peur. Nous étions à l’abri oui. Mais Lena était seule. Nous n’étions pas là. Et si elle nous cherchait, et si elle nous réclamait. Oh mon Dieu… Qu’est ce que j’avais fait ?

Katarina sentait sans doute à ma respiration et à ma voix que je craquais. Parce que oui, je craquais complètement. J’avais tellement peur que quelqu’un en profite pour m’enlever mon petit bébé. Mais Katarina état là, veillant encore une fois à me calmer. Mon visage entre ses mains, elle me parlait de ce ton maternel qu’elle avait usé tant de fois avec moi quand je perdais pied. Je me détendais un tout petit peu quand elle me disait qu’elle allait bien, elle était avec Mathilda et elle avait donné ses instructions à Mathilda. Mathilda…. J’étais rassuré, Katarina avait gagné. Je savais que Mathilda n’irait jamais à l’encontre de ce que Katarina lui avait dit. Elle allait bien, çà allait aller. Et demain nous la retrouverions oui, Katarina avait raison. Je me laissais un peu aller à l’attitude rassurante de ma femme. Ses doigts, ses mains, son regard. Je soufflais un peu. La panique fichait le camp lentement, mais elle fichait le camp.

Quand elle m’a dit que c’était chez elle, je l’ai regardé ne comprenant pas tout de suite ce qui signifiait son « Bienvenue chez moi ». Mais quand elle m’a guidé à travers les pièces, et que je regardais les choses autour de moi, j’ai soudain pris conscience de la réalité. Elle ne nous avait pas vraiment perdus. Son subconscient avait du l’amener à nous amener ici. Comme si elle connaissait le chemin. Alors c’était chez elle. Vraiment chez elle. Et…si j’avais été un peu plus présent mentalement, j’aurais dit que c’était évident. Cet appartement était tout à fait son style. Je savais qu’elle vivait seule à New York et que son père lui avait offert une petite maison dans un quartier huppé pour ses études. Alexeï Kuryenko n’aurait jamais accepté autre chose pour sa file. Mais lui en voulais je pour ça ? J’aurais fait exactement la même chose pour Lena. Cette maison était la sienne et…je comprenais ce que cela signifiait pour elle.

Pendant quelques instants elle m’avait sans doute un peu oublié, revivant sa vie ici. Elle avait sans doute des souvenirs ici. Et j’étais étonné que peu de choses aient bougés. Tant d’habitations avaient été pillées. Mais celle-ci était presque habitable. Si ce n’était la poussière… Et c’était chaleureux. Je m’y sentais bien. Est-ce que je l’avais conduite ici parce qu’au fond, j’étais poussé par l’ambiance rassurante qui y régnait. Est-ce que mon subconscient à moi avait trouvé le chemin de ce qui était à elle, comme j’étais toujours attiré par elle.

Je me laissais guider à travers cette petite maison qu’elle connaissait par cœur, et je laissais mon regard se poser un peu partout. Voyant l’évidence même qui commençait à former une idée fixe dans ma tête. Elle a refermé une porte derrière nous, et quand j’ai balayé du regard la pièce, nous étions dans une chambre. Un dressing sur la droite, et un immense lit qui trônait dans la pièce. Mais rien d’autre à part une couverture.

C’est à ce moment là que le manque s’est rappelé à moi. Mes mains tremblaient comme ce n’était pas permis, et j’avais maintenant l’impression de suffoquer. Et j’avais froid. J’avais froid parce que j’étais trempé et parce que…j’étais en manque. Il fallait voir les choses en face. Après seulement cinq jours où j’avais recommencé à me droguer, j’étais en manque comme avant. Non, en fait c’était pire. J’avais l’impression que c’était pire qu’avant. Et je me retenais de hurler et de me recroqueviller contre un mur.

J’ai eu un sursaut quand j’ai senti la main de Katarina sur mon bras et glisser jusqu'à prendre ma main et l’ouvrir. Quand j’ai relevé les yeux vers elle, j’ai tout de suite dirigé mon regard vers ma main. Elle venait d’y déposer ce petit sachet et….Oh mon dieu…je me retenais de le prendre et de partir en courant pour me faire un rail. Mais mes jambes refusaient pour le moment de m’obéir. J’étais pétrifié. Ma femme me conseillait de me droguer. C’était…quelque chose que je n’aurais jamais voulu vivre. Et pourtant, j’étais en train de le vivre. Katarina m’autorisait carrément à me faire un rail…. Oh nom de Dieu, j’étais vraiment tombé bien bas, l’amenant avec moi.

-Ha…

J’avais ce petit sachet dans ma main et quand elle a refermé ma main sur lui, j’ai su. J’ai su que j’allais céder. J’allais me faire un rail, un petit rail. Pas seulement parce que je tremblais et que je commençais à sentir des bouffées de chaleur m’envahir, mais parce que nous devions parler. Oui, il fallait qu’on parle. Et si je ne trouvais pas quelque chose pour me « détendre » je n’y arriverais pas. Alors je ne l’ai pas retenue quand elle s’est écartée. Et je n’ai plus fait attention à elle. J’ai regardé tout autour de moi et je suis allée droit devant moi. Je me suis assis sur un petit tabouret et j’ai dépoussiéré du revers de la main la petite coiffeuse. Je ne regardais même plus l’environnement, me disant que c’était ici qu’elle avait vécu et à quel point c’était Katarina cette décoration.

J’ai ouvert mon petit sachet et j’ai tapoté pour faire tomber un peu de poudre. Pas trop…Il fallait que je tienne le plus possible avec ces deux ou trois malheureux grammes. A peine un demi gramme, et j’ai sorti le petit canif de ma poche en tremblant comme une feuille. Je n’avais même plus honte, je me fichais du reste. J’allais sniffer cette poudre et c’est tout ce qui comptait en cet instant. Je me suis un peu reculé et je me suis penché sur la coiffeuse et j’ai bouché une narine en sniffant de l’autre cette petite poudre blanche. Toujours les mêmes réflexes. Pencher la tête en arrière et attendre….Et…..c’était presque instantané. Le bien-être….Le paradis… Artificiel, mais c’était le paradis.

Quand je me suis retourné, Katarina était prés du lit. Elle avait retiré son manteau et elle était…Trempée…jusqu’aux os. Oh mon Dieu…mon amour ! Je me suis précipité sur elle alors qu’elle me regardait à son tour. Elle s’inquiétait pour moi, et une éventuelle grippe. Elle me proposait de retirer mes vêtements alors qu’elle était dans le même état. Ses vêtements lui collaient à la peau. Son jean, son débardeur…. Et à travers le fin tissu je pouvais voir son soutien gorge. Qu’elle était belle ! Mais…je ne pouvais pas la laisser comme ça. Oui je me débarrasserais de mes vêtements aussi. Mais elle d’abord. Avançant vers elle, et la tournant vers moi puisqu’elle me tournait le dos, j’ai eu un vrai sourire. Je me sentais heureux. Voilà, c’était l’effet escompté. Et maintenant que je me sentais bien, je m’emballais. J’étais fou de cette maison. C’était vraiment ce qui aurait du être notre chez nous. Il ne manquait que Lena. Ca pouvait être notre chambre si elle voulait.

-Cette maison est en parfait état. C’est…C’est….Et si on venait s’installer ici Katarina ? Regarde, on aurait tout ! On aurait tout ! Et c’était chez toi ! C’est chez toi !!! Et….on serait chez nous ! Katarina, venons vivre ici tous les trois. Rien que tous les trois.

Je l’ai déshabillé peu à peu sans un mot de plus, passant du coq à l’âne sans attendre sa réponse. Déboutonnant déjà son jean et le faisant glisser le long de ses jambes. Maintenant que la drogue faisait effet, j’avais l’impression de redevenir cet Ethan sûr de lui et fidele à lui-même. C’était ma femme, ma femme. Et j’ai fait passer le débardeur au dessus de sa tête, lui levant les bras quand j’ai vu ce que jamais je n’aurais voulu revoir su son corps. Je suis resté pétrifié à observer l’hématome qui devait être récent vu la couleur bleu-violacée.


-Oh, putain !


Qu’est ce que j’aurais pu dire d’autre ? J’avais peur sur le moment de lui avoir fait mal. Mais je ne me souvenais pas l’avoir touchée. Et quand je me droguais, je faisais toujours attention à ne pas être prés d’elle ou de Lena. La culpabilité a refait surface malgré le bonheur artificiel qui était mien. On l’avait frappé. Qui ? Oh mon dieu, on l’avait violenté, et je n’avais rien vu…. Je n’étais décidément pas un bon mari….



-Qu’est ce que c’est que ça ? Katarina !! C’est quoi ? C’est quoi ?
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Katarina K. Jones
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MessageSujet: Re: You gave up the fight and you left me behind { ETHAN } - 18 !   Dim 31 Oct - 20:56

Je n'osais pas me retourner. Je ne voulais pas voir ça. C'était le seul côté d'Ethan que je détestais sincèrement et que je ne voulais pas connaître du tout. Même si je savais qu'une désintoxication progressive était la seule solution pour qu'il s'en sorte et qu'il aille mieux... Non, je ne voulais pas et je ne pouvais pas voir ça. Alors je restais dos à lui, grelotant toujours dans mes vêtements. Et j'ai attendu, me disant bêtement que je préférai qu'il sniffe son rail plutôt qu'il ne se pique... Mais entre cocaïne et héroïne, y avait-il une vraie différence ? Pour moi cela restait de la drogue... Je ne savais pas quelle différence cela faisait. Mise à part la trace de piqure... Était-ce pour cette raison qu'il avait choisi la cocaïne ? Pour ne pas que je le remarque tout de suite ? Peut-être... Je le connaissais assez bien pour savoir que s'il avait fait ce choix, c'était pour m'écarter de ce milieu... Cependant, il aurait dû se douter que j'allais m'inquiéter pour lui et que j'allais finir par chercher à découvrir ce qui n'allait pas chez lui... Et maintenant que je l'avais découvert, j'étais bel et bien déterminée à le ressortir de là, coute que coute. Certains diraient que j'étais têtue, d'autres stupide... Non. J'étais simplement folle amoureuse d'Ethan et je comptais bien faire n'importe quoi pour l'aider. Je savais que n'importe quelle autre femme aurait fini par abandonner. Mais je n'étais pas n'importe quelle femme. Et jamais, jamais je n'oserais l'abandonner. Je serais toujours là pour lui, quitte à devoir de nouveau endosser le rôle de la femme forte pour lui. Y avait-il une seule chose que je ne ferais pas pour lui ? Certainement pas. J'étais prête à tout... La preuve : j'étais là, à le laisser se droguer pour qu'il aille mieux, loin de ma fille, pour mieux lui ramener son père. Je ne le faisais pas simplement pour moi. Il ne s'en rendait peut-être pas compte, mais tant de personnes tenaient à lui. Moi je m'en rendais compte. Et c'était pour toutes ces personnes que j'allais ramener Ethan. Et évidemment, j'allais le ramener pour cette petite part de moi-même qui était égoïste et qui ne pouvait se passer de lui. Cette toute petite part de moi même qui avait tellement, tellement besoin de lui...

J'eus un petit sursaut quand je sentis les mains d'Ethan se poser sur mes épaules. J'eus un petit frisson, suivi d'un sourire. Je me suis retournée doucement, et vous n'imaginez pas quelle fut ma surprise en voyant un merveilleux sourire accroché à ses lèvres. J'ai d'abord ouvert grand la bouche, avant de sourire à mon tour. Je ne savais pas si je le faisais sourire ou si c'était la drogue qui lui faisait cet effet là. Mais j'avoue que sur moment, je m'en suis complètement moquée. Il souriait et c'était l'essentiel. Je ne l'avais pas vu sourire depuis tellement longtemps... J'avais presque oublié combien il était beau quand il souriait. Il me souriait... Je ne pouvais que sourire en retour. J'avais une folle envie de l'embrasser, de le serrer dans mes bras, de faire des millions de choses à la fois... J'eus un petit soupir et mon sourire s'estompa légèrement lorsqu'exalté, il m'annonça avec enthousiasme que nous pourrions vivre ici, tous les deux avec Lena... Je jetai un regard autour de moi. Oui, l'endroit n'était pas si mal, plutôt joli, mais il y avait toutes ces questions pratiques... Nous ne nous en sortirions jamais seuls tous les trois. Pour les vivres, le confort... Et la sécurité ? Nous serions trop exposés... Et il y avait tous ces gens qui comptaient pour nous... L'idée était tentante, oui. Vraiment. Mais ce n'était qu'une chimère, il le savait aussi bien que moi... Je préférai ne rien dire, sachant parfaitement que cette conclusion s'imposerait d'elle même dans son esprit. Non, ne nous pouvions pas venir vivre ici sans nous mettre en danger. Il n'était pas fou, il se rendrait compte bien assez vite que cette idée n'était pas si bonne que cela.

Je retrouvai vite mon sourire lorsqu'il déboutonna mon jean avant de le faire glisser le long de mes jambes. Quelle tête de mule... Au lieu de se déshabiller lui, il m'enlevait mes vêtements à moi. Il allait vraiment finir par prendre froid ! Pourtant je l'ai laissé faire, presque trop heureuse qu'il me touche de nouveau. Puis il s'est relevé pour me retirer mon débardeur. Rapidement, je ne me suis plus retrouvée qu'en sous vêtements, simplement vêtue d'un soutien-gorge et d'une culotte couleur lavande. J'étais toujours en train de lui sourire bêtement quand je me suis rendue compte qu'il s'était figé, regardant fixement quelque chose sur mon bras. Je me suis demandée quoi, jusqu'à l'entendre jurer. J'eus un sursaut, baissant rapidement les yeux sur mon bras. Oh. Ça... Je grimaçai, plaquant brusquement une main sur mon hématome, comme pour la lui cacher. Trop tard, bien évidemment. Il l'avait remarqué. Un hématome de cette taille là sauterait aux yeux de n'importe quel mari attentif. Quand il m'a demandé ce que c'était, j'ai eu une réaction stupide. La réaction que n'importe quelle femme sur laquelle on lève la main, ou presque. J'ai nié en bloc...

« C'est... c'est rien, Ethan, c'est rien... »

J'ai frotté mon bras, comme si cela pouvait le faire disparaître. Je me suis mordue la lèvre, baissant les yeux honteusement. Cependant je savais qu'il ne me servirait à rien d'essayer de changer de sujet, ou d'essayer de faire comme si de rien n'était. Je savais qu'Ethan ne supportait pas qu'on me touche et certainement pas pour me faire du mal... Je n'osais pas relever les yeux, je n'osais pas le regarder. J'avais honte et surtout la « conversation » douloureuse que j'avais eu avec mon père me revenait en mémoire. J'avais beau essayer de ne pas y penser, de ne plus y penser... J'étais incapable d'oublier ce qu'il m'avait dit. J'avais simplement pu l'oublier quelques heures parce que j'étais focalisée sur Ethan. Mais en dehors de cela, j'avais beaucoup de mal à ne pas y penser. Bêtement, j'ai senti les larmes me monter aux yeux. Je sentais que j'allais me remettre à pleurer... Et cela ne me plaisait absolument pas. Surtout que là, il n'y aurait pas la pluie pour se mêler à mes larmes et ainsi les dissimuler... J'allais pleurer et Ethan allait s'en rendre compte. Si ce n'était pas déjà fait.

« Je me suis... disputée avec mon père... »

J'imaginais sans trop de mal le scénario naitre dans son esprit. Il haïssait mon père, mon père à cause du quel j'avais été torturée, et qui maintenant essayait de nous séparer... Je savais que d'instinct, il allait imaginer mon père lever la main sur moi, d'où cet hématome sur mon bras. Et j'imaginais sans trop de mal la colère monter en lui doucement... En y réfléchissant bien, en un sens c'était vrai : mon père avait bel et bien était violent avec moi. Il m'avait tordu le bras et il l'avait serré avant de me plaquer avec brutalité contre le mur. Sans parler de la violence verbale... Inconsciemment je me suis recroquevillée sur moi même, resserrant mes bras autour de ma poitrine. J'ai pris une profonde inspiration avant de relever la tête vers Ethan. J'ai fait un pas vers lui et j'ai posé mes mains sur sa poitrine tandis qu'il passait ses bras autour de moi. Je l'ai regardé avec de grands yeux larmoyants pendant plusieurs secondes, avant d'enfouir ma tête contre sa poitrine.

« Je l'ai surpris avec cette femme... je ne sais même pas comment elle s'appelle... celle qui ressemble à ma mère. Je me suis un peu énervée... Je lui ai dit qu'il salissait la mémoire de ma mère avec cette femme. Alors il m'a... il m'a... attrapée et plaquée contre le mur, en me disant qu'il n'avait jamais voulu de moi, que c'était ma faute si ma mère était morte... »

Je tremblais légèrement, alors j'ai tenté de reprendre mes esprits, essuyant mes larmes d'un revers de manche. Voilà, c'était dit. J'aurais tellement voulu lui en parler aussitôt que cette mésaventure m'était arrivée... J'avais voulu aller me jeter dans ses bras aussitôt après... Mais j'avais tout gardé pour moi. Et l'air de rien, cela me faisait du bien de lui en parler. Même si je savais qu'en cet instant, il venait de rayer définitivement mon père de la liste des gens « éventuellement bien ». Je savais qu'il avait des envies de meurtres à son égard depuis son arrivée. Et là ce serait certainement pire que tout. Je n'allais peut-être pas lui dire tout de suite qu'il avait mon autorisation pour le tuer si jamais il s'approchait de Lena. Il le ferait, je le savais... Il devait déjà bouillir intérieurement, se demandant ce qui le retenait d'aller tuer mon père sur le champ. J'ai relevé les yeux vers lui en haussant les épaules, me détachant de lui doucement.

« Tu avais certainement raison... Il ne méritait peut-être pas mon amour, finalement... »

Cette phrase était aussi difficile à dire qu'elle était censée l'être à entendre... Mais mon père n'avait visiblement pas besoin de mon amour. Il n'en avait jamais eu besoin... J'ai soupiré, avant d'avoir un petit sourire triste. J'ai caressé sa joue tendrement, avant de me laisser retomber sur le lit. Je fus un instant étonnée de la souplesse du matelas, mais je reportai vite mon attention sur Ethan. Je tendis les bras vers Ethan, l'attirant à moi. Je sentais ses vêtements collants sous mes doigts. Je fis une grimace, avant de me débrouiller pour lui retirer sa veste d'où j'étais. Puis je l'attirai davantage à moi, remontant son tee-shirt sur son ventre. Je passai un bras autour de lui, avant de poser ma tête tout contre son ventre. Étonnamment, la peau de son ventre était presque brulante, quand la peau de son visage me paraissait glacée. J'eus un soupir, avant d'embrasser son ventre tendrement, m'attardant autour de son nombril une minute.

« Tu es trempé... Tu vas vraiment prendre froid, mon amour... »

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MessageSujet: Re: You gave up the fight and you left me behind { ETHAN } - 18 !   Lun 1 Nov - 17:49

Cet hématome me rappelait que trop bien et trop vivement tous ceux qui recouvraient son corps il y avait encore environ deux mois. Savoir que quelqu’un avait frappé ma femme était sans doute une des pires choses. J’avais été éduqué dans le respect de la femme par mon père. Il m’avait enseigné dés mon plus jeune âge que jamais ô grand jamais on ne frappe une femme. Il se plaisait même à citer l’expression française « on ne frappe pas une femme, même avec une rose ». Et jamais je n’avais levé la main sur une femme. J’étais nerveux, violent et j’avais le coup de poing facile, mais jamais je ne m’étais attaqué à une femme. Je ne comprenais même pas qu’un homme puisse lever la main sur une femme. Alors ma femme, MA femme !!! Ma femme était un ange descendu du ciel. Comment osait-on lever la main sur elle ?

Et cet hématome. Cette couleur, cette étendue, cette….oh mon Dieu, étais je vraiment si mauvais mari que je n’avais même pas vu qu’elle avait été frappée ? Comme je m’en voulais de ne pas avoir vu ça. On avait été violent avec elle, et je n’avais pas vu. Elle n’avait rien dit, elle n’était pas venue me voir pour me le dire. Étions-nous tombés si bas ? Oh mon Dieu… Je ne savais pas si c’était la drogue qui me remettait quand même les pieds sur terre, mais là j’avais l’impression de voir enfin les choses. Ces choses que je m’étais efforcée pendant prés de dix jours de ne pas voir. La question essentielle n’était pas seulement qui l’avait violentée (quoique…) mais quand, et pourquoi. Il fallait qu’elle me réponde. Il le fallait parce que je sentais que j’allais devoir me calmer en envoyant valser quelque chose, et détruire ce qui avait été sa vie était absolument hors de question. Je ne voulais rien casser dans cette maison. Parce que c’était la détruire elle-même.

Sa réaction ne m’a pas vraiment rassuré. Elle essayait de me cacher cet hématome, mais c’était trop tard. Je l’avais vu. Et je voulais qu’elle me réponde. Sauf que sur le moment, ce n’est pas ce que j’espérais. Elle essayait de me faire croire que ce n’était rien. Comme si j’allais la croire. Non, je ne la croyais pas. Ce n’était pas « rien. C’était…un hématome ! C’était un hématome ! Et elle essayait de me faire croire quoi ? Qu’elle s’était cognée ? Que personne ne lui avait fait de mal ? Non, ça ne marchait pas avec moi, ça ne marchait pas ! Je ne pouvais pas détacher mon regard de son bras. Je perdais patience. Mon sourire avait disparu, et avait laissé place à l’inquiétude. J’ai failli hurler quand elle m’a dit qu’elle s’était disputée avec son père.

Elle s’était disputée avec lui ! Jamais elle n’aurait fait le moindre mal à personne. Je commençais bizarrement à me dire que j’avais eu raison de l’éloigner de son père. J’avais eu raison, j’avais eu raison ! En une seconde, la culpabilité de l’avoir éloignée de son père venait de disparaitre. Restait à savoir ce qu’il s’était passé. Tout ce que je voulais c’était entendre que ce n’était pas son père qui avait fait quelque chose de regrettable. Je me connaissais… si elle me disait que c’était la faute de son père, j’allais perdre mon sang froid. J’attendais une seule chose : qu’elle me rassure. Je ne voulais pas croire qu’un père ait pu frapper sa fille. Je chassais cette idée de mon esprit. Il était tout à fait inconcevable qu’un père puisse violenter son enfant. Moi-même, même si je n’avais pas été attentif à Lena, jamais je ne serais violent avec elle. Elle était tout ce que j’avais de plus cher au monde. Elle et sa maman étaient vraiment des anges, et on ne touchait pas à elles. C’était comme ça !! On pouvait me frapper à mort, me piétiner, mais pas elles. Pas elles !!

-Ne me dis pas que c’est rien…c’est….

J’allais perdre mon sang-froid je le sentais. Mais Katarina me connaissait. Elle me connaissait même mieux que moi. Elle savait qu’il lui suffisait de me toucher pour qu’en général je m’apaise. La douceur qui émanait d’elle me calmait toujours. Et c’est ce que je cherchais chaque nuit en me collant à elle. Je cherchais une façon de me sentir bien. Mais je n’avais pas prévu qu’elle se blottisse contre moi, sa tête posée sur ma poitrine. Elle cachait son visage à mes yeux. Et ça, ça n’était pas bon signe. Je n’allais pas aimer ce que j’allais entendre. Et j’avais raison, je n’ai pas aimé…

Elle m’a parlé des circonstances de sa dispute avec son père. Et je suis resté soufflé. Je savais que cette femme ressemblait à la mère de Katarina, je lui avais même fait remarquer…. Mais savoir qu’il avait été violent avec sa fille, ne faisait que me faire haïr Alexeï à nouveau. Mais quel homme était-il pour s’abaisser à une telle abomination ? Il ne valait pas mieux que son meilleur ami. Il pouvait se défendre autant qu’il voulait, il valait encore moins que moi. Oui j’étais un junkie et je n’étais peut-être pas le mari idéal pour Katarina, ni un père idéal pour Lena. Mais je les aimais moi. De tout mon cœur. Et jamais je ne leur dirais des horreurs, jamais je ne leur reprocherai quoi que ce soit. Et je lèverais encore moins la main sur elles. Mais qui était cet homme ? Qui ? Non…je ne pouvais pas croire que c’était le père de Katarina. Katarina m’avait dit tellement de bien sur lui…. Et pourtant…C’était son père….C’était….parce que plus jamais il ne le serait. Tant que j’étais vivant, plus jamais il ne serait son père.

Je ne pouvais pas m’empêcher de laisser ma respiration se saccader et mes poings se serrer. S’il avait été devant moi je l’aurais sans doute pulvérisé. Mais Katarina était là. Nous étions là, coincés toute la nuit dans cette maison. Alors ma petite discussion avec mon beau-père attendrait. Il venait de perdre sa famille. J’aurais pu il y a à peine cinq minutes lui concéder son rôle de père et de grand père. Mais c’était fini. Pour toujours. Et je ne reviendrais pas sur ma décision. Je venais de tirer un trait sur cet homme. Et même si je culpabilisais pour le bébé, il était maintenant aussi responsable que moi. Sinon plus… C’était sa faute à lui.


-Je vais le tuer !! Je vais le tuer !!!


Je tremblais à nouveau. Mais ce n’était plus le manque. C’était la rage. J’étais encore plus furieux que je n’avais pu l’être quand je l’avais retrouvé avec Lena dans les bras. Il avait tué notre bébé. Il avait levé la main sur ma femme. J’allais le défoncer. J’étais rarement vulgaire. Mais c’était tout ce qu’il méritait. Si je n’avais pas eu encore la main de Katarina sur ma poitrine, je savais que j’aurais hurlé et cassé quelque chose. Dans ces moments là, je ne voyais plus rien, je n’entendais plus rien. J’étais prêt à me transformer en machine à tuer si Katarina n’avait pas relevé la tête vers moi et qu’elle m’a donné raison pour ce que j’avais fait. Le problème c’est que ça ne me rassurait même pas. Je me sentais tellement mal que Katarina ait eu à subir ça. Elle me disait que j’avais eu raison sur son père, et je me sentais totalement déchiré. J’aurais aimé me tromper sur son compte. Elle souffrait, elle était déçue et…j’aurais aimé me tromper… elle avait raison pourtant, Alexeï ne méritait pas son amour. Elle était bien trop bien pour un homme comme lui. Le plus étrange c’est que c’était lui qui l’avait élevé seul. Comment un homme comme lui avait fait d’une enfant un être angélique comme Katarina. Ca restait un mystère. Mais j’étais trop furieux pour chercher des réponses à cette question.

-J’étais prêt à te laisser avoir les rapports que tu voulais avec lui, et peut-être à lui concéder de voir Lena un petit peu puisque c’est sa petite fille. Mais là….non… il ne vous approchera plus Katarina ! Il a tué notre bébé autant que moi ! Il l’a tué et….Non je ne veux plus le voir.

C’était définitif. Je ne parlais jamais pour ne rien dire ou pour meubler. Il ne la verrait plus, il ne les verrait plus. Ni Katarina. Ni Lena. Ce n’était même plus négociable. Je suis redescendu sur terre quand j’ai senti Katarina m’attirer à elle. J’étais pourtant incapable de réagir, et je l’ai regardé me déshabiller sans rien dire. Je venais presque de me rendre compte que j’étais trempé. Elle, elle l’avait vu. Alors elle s’affairait à me retirer les couches de vêtements qui collaient à ma peau une par une. Le blouson fut vite enlevé et se retrouva rapidement par terre. Puis elle souleva mon tee-shirt, et ses mains sur ma peau, et la pression de ses lèvres sur mon ventre furent une sorte de déclic pour moi. La drogue aidant surement….Mais…j’avais envie d’elle…. Terriblement. Alors quand elle s’est relevée pour continuer à me déshabiller, je ne lui ai pas laissé le temps de faire quoi que ce soit que j’ai pris son visage dans mes mains qui maintenant ne tremblaient plus grâce à la drogue. Et j’ai posé un peu violemment mes lèvres sur les siennes et je l’ai embrassé comme si le plafond allait s’écrouler sur nous et que nous n’avions qu’une minute à vivre à peine.

Je ne savais plus très bien si c’était la drogue ou ces deux mois ou nous nous étions a peine touchés qui me rendaient si impatient, si fébrile, si entreprenant mais le désir était là. J’avais envie d’elle. Tout mon être la réclamait. J’avais envie de parcourir son corps tout entier. De mes mains. De mes lèvres. De ma virilité. Je ne l’ai lâché qu’après quelques minutes d’un baiser fiévreux et passionné. Et en moins de trente secondes j’étais complètement nu. Je ne lui ai pas laissé le temps de comprendre quoi que ce soit que je l’ai à nouveau attiré à moi en passant un bras sur sa taille. A nouveau j’avais plaqué mes lèvres contre les siennes, et je nous faisais reculer sans vraiment le vouloir. Ce n’est que quand mon pied a atteint le mur que j’ai su que nous n’irions pas plus loin. Mes mains se sont positionnés derrière sa tête, pendant que ma langue elle était entrainée dans une danse affolante. Pas question de lui faire le moindre mal. Je la désirais tellement que j’en devenais fou. Une de mes mains s’est glissée dans son dos et a retiré tant bien que mal le soutien gorge. Et je l’ai enlevé avec une dextérité que je n’avais encore jamais eue. Je l’ai repoussé du pied avant de quitter ses lèvres et de me baisser. La culotte a rapidement rejoint son ami le soutien gorge, et je me suis baissé.

Je ne l’écoutais plus, j’avais trop envie d’elle. Je ne sais pas si elle m’a dit quelque chose à ce moment là. Je ne me disais même pas que j’allais peut-être à l’encontre de ce qu’elle voulait. J’avais envie d’elle et c’était tout ce qui comptait. Alors, agenouillé sur le sol, j’ai entouré sa taille avant de venir poser ma tête au dessus de son pubis que j’ai embrassé comme j’avais embrassé tout à l’heure ses lèvres. Et je suis descendu peu à peu….
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MessageSujet: Re: You gave up the fight and you left me behind { ETHAN } - 18 !   Lun 1 Nov - 20:13

Je devinais sans trop de mal qu'Ethan venait de faire une croix sur mon père définitivement. Son subconscient n'attendait qu'une bonne excuse pour le haïr définitivement. Je venais de la lui donner... Mais je ne pouvais pas garder cela pour moi. Parce que cela m'avait trop touchée, et parce que je refusais de lui mentir en trouvant une bonne excuse pour justifier la présence de cet hématome sur mon bras. Ce n'était pas le genre de bleu qu'on se fait bêtement en heurtant un meuble ou quoi que ce soit du même genre... Ethan n'était pas dupe, il savait trop bien à quoi ressemblait une blessure infligée volontairement. Alors savoir que c'était mon père qui m'avait ça le rendait certainement fou. Je savais qu'Ethan ne supportait pas la violence infligée aux femmes. Lui ne m'avait jamais fait de mal, même involontairement. Et à chaque fois qu'il avait le malheur d'avoir un geste un peu « brusque » avec moi, il s'excusait immédiatement. Ce qui n'avait certes pas été le cas de mon père après qu'il m'ait violentée et insultée. Il n'avait même pas cherché à me rattraper, et je me demandais vraiment s'il avait eu un sursaut de conscience... Savait-il seulement combien ses paroles m'avaient blessée ? Je n'en avais pas la moindre idée... Et de toute façon je n'étais pas certaine de vraiment vouloir le savoir. J'aurais peut-être dû faire plus attention, être moins naïve... Peu importait maintenant, ce qui était fait était fait. Mon père n'avait qu'à faire sa petite vie tranquille de son côté, je n'y ferais plus attention. Il voulait retrouver ma mère dans une autre ? Soit ! Ce n'était pas mon problème après tout... Tout ce que je voulais, c'était qu'il ne s'avise surtout pas de m'impliquer ou d'impliquer ma famille dans cette histoire. Ce serait se seconde plus mauvaise idée. Après être devenu parrain de la mafia russe, évidemment...

J'ai soupiré. J'étais lasse d'entendre Ethan trouver des coupables responsables de ma fausse couche. Après lui, c'était le tour de mon père... Mais je le comprenais. Il tentait d'effacer son propre sentiment de culpabilité ainsi. Moi... Ce n'était pas que je ne me sentais plus coupable, loin de là. C'était simplement que j'avais décidé d'aller de l'avant... Pour Lena, pour Ethan, et pour tous les autres... Pauvre Lena. J'étais désolée d'entendre qu'Ethan aurait été prêt à laisser mon père jouer son rôle de grand-père, s'il n'avait pas fait un terrible faux pas. Notre famille n'était déjà pas très grande, fallait-il en plus que nous nous déchirions entre nous ? Apparemment oui... J'étais rassurée de ne pas devoir en plus la priver de son père, même pour un temps seulement. Et je me doutais qu'elle allait jouer un rôle important dans la désintoxication d'Ethan. Elle serait comme une « récompense », une motivation... Ethan aurait besoin d'une motivation, et je ne savais pas vraiment si je lui suffirais... Cela promettait d'être un mauvais moment à passer, aussi bien pour lui que pour moi. Je n'avais donc pas vraiment hâte de rentrer, même si Lena me manquait terriblement... Le plus étrange était de constater qu'il avait l'air d'aller bien... Même s'il était drogué, il avait l'air d'aller bien. Il ne tremblait plus, n'avait plus l'air hystérique... C'était la drogue qui le calmait et le faisait aller bien. Et même si je savais que ce n'était pas ma faute, je culpabilisais de ne pas être celle qui le faisait aller bien. Non, la responsable de ce bonheur, aussi artificiel soit-il, c'était la drogue, la cocaïne...

Je me suis relevée pour l'aider à se déshabiller, mais je n'ai pas eu le temps de faire quoi que ce soit qu'il prenait mon visage entre ses mains pour m'embrasser brusquement et follement. Sur le moment je fus tellement surprise que sur le moment je fus pratiquement incapable de répondre à son baiser et à ses avances. Nous ne nous étions pas embrassés comme ça depuis très longtemps. Cela me rappelait presque nos premiers baisers... Tout ce que j'ai pu faire c'est passer mes bras autour de lui, tentant vainement de l'aider à se débarrasser de ses vêtements, avant de réaliser qu'il s'en sortait très bien sans moi. Une fois qu'il fut complètement nu, il me ramena de nouveau contre lui, pour m'embrasser encore comme un fou. J'ai passé mes bras autour de lui avant de l'embrasser moi aussi avec fougue. Il me fallut un peu moins d'une seconde pour réaliser que nous allions faire l'amour dans cette chambre. Cette nuit nous allions nous retrouver, enfin, après deux mois passés à nous ignorer, après nous être déchirés, après être allés de catastrophe en catastrophe... Je me suis retrouvée acculée contre le mur, les mains d'Ethan glissées derrière ma tête. J'ai laissé mes mains courir le long de son dos, pour l'attirer plus à moi. Sa main s'est glissée dans mon dos pour dégrafer mon soutien-gorge, et il est vite tombée à nos pieds. Je me suis retrouvée haletante quand ses lèvres se sont séparées des miennes et j'ai cherché à l'embrasser de nouveau, mais il m'a échappé, s'agenouillant à mes pieds. Mon coeur battait à tout rompre dans ma poitrine, tandis que mes mains glissaient sur ses épaules, et dans ses cheveux.

J'ai eu un frisson quand il a fait glisser ma culotte le long de mes jambes. Elle a rapidement rejoint mon soutien-gorge je ne sais où dans la pièce. C'était étrange... Je me disais presque que n'importe qui aurait pu nous surprendre, étant donné que cette maison était loin d'être aussi sûre qu'avant. Et pourtant cela m'était égal, il n'y avait plus que lui et moi... Plus que nous, enfermés dans une bulle pour quelques heures, pour une nuit. Il a passé son bras autour de moi, m'attirant tout contre lui. Mes doigts se sont crispés dans ses cheveux tandis que je sentais ses lèvres glisser sur mon ventre doucement. Je me suis crispée quand il a recommencé à m'embrasser et je me suis mordue la lèvre, avant de soupirer de contentement, laissant retomber ma tête contre le mur. Au fur et à mesure qu'il m'embrassait, je me cambrais, soupirais et gémissais tout bas, sentant peu à peu un brasier s'allumer au creux de mon ventre. Cela ne changerait jamais, il savait toujours comment me rendre folle, folle de désir, folle d'amour, folle de lui...

Après plusieurs longues et interminables minutes à le laisser m'embrasser, je me suis laissée glisser contre le mur, haletante et tremblante, et je l'ai rejoint, m'agenouillant juste en face de lui. Si j'avais été gelée un instant plus tôt, maintenant j'étais brulante et fiévreuse... J'ai posé une main sur sa poitrine, l'autre sur son visage, avant de l'attirer à moi pour l'embrasser. J'ai laissé ma main vagabonder dans son dos, glisser lentement jusqu'à ses reins tandis que je l'embrassais dans le cou, m'y attardant longuement, avant de poser une main sur sa poitrine, laissant mes doigts vagabonder sur son torse et son ventre, avant de reprendre son visage entre mes doigts. Je me suis mise à l'embrasser frénétiquement partout, sur les lèvres, sur la joue, la mâchoire, les tempes, le front... partout. Il m'avait manqué, terriblement, et mes gestes avaient presque cette timidité et cet empressement de la première fois. En plus d'une certaine note de possessivité et de... manque.

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MessageSujet: Re: You gave up the fight and you left me behind { ETHAN } - 18 !   Mar 2 Nov - 18:52

Je sentais ses doigts se cramponner dans mes cheveux, et je sentais son corps se tendre tandis que ma langue venait d’atteindre son point le plus sensible. Je savais exactement comment elle aimait que je la caresse. Pourtant, même si je m’y prenais souvent de la même façon, j’arrivais encore à lui donner du plaisir comme si c’était la première fois. Mes yeux se sont fermés et je me suis laissé aller, enhardi par le désir et ses gémissements. Ma langue allait et venait sur son intimité tandis que je laissais courir mes mains sur ses hanches. Je pouvais sentir à ses soupirs et à sa cambrure à quel point elle aimait ces caresses là. J’ai senti tout son corps se tendre vraiment, et ses mains se cramponner quand une vague l’a envahi. Bien sûr j’en éprouvais de la fierté. Fierté de lui avoir donné du plaisir, beaucoup de plaisir. Et fierté parce que cette femme que je caressais, que j’embrassais était la mienne. La mienne !

Et si elle venait d’avoir un orgasme, ce ne serait sans doute pas le dernier. J’avais toujours autant envie d’elle. Je ne savais pas qui accuser pour ce besoin de lui faire l’amour. La drogue ou l’abstinence pendant deux mois. Mais je m’en fichais. J’étais heureux, j’étais bien, et j’étais excité comme jamais. Je me retenais de lui faire tant de choses. Je n’avais plus envie de plonger seulement ma langue en elle, mais j’avais envie de plonger tout entier en elle et de m’y noyer. C’était ça que je voulais. Plonger en elle et mourir noyé sous des vagues de plaisir.

Mais j’ai été surpris un instant par Katarina. Je ne pensais pas qu’elle se laisserait glisser, épuisée par la vague de plaisir qui venait de la submerger. Sans doute parce que je n’avais jamais fait ça avant. Enfin jamais contre un mur. Mais là, je me fichais bien de l’endroit où nous étions. J’avais envie d’elle. Purement. Simplement. Égoïstement. A genoux devant elle, je la regardais lentement prendre la même position que moi. Je venais de réveiller le désir en elle, désir qui devait sommeiller depuis des semaines entières, et ce désir la consumait sans doute autant que je l’étais. Rapidement, je me suis retrouvé une main dans le bas de mes reins et l’autre empoignant mon visage et elle m’a embrassé avec une telle fougue que mes mains elles ont encadrées son visage pour l’approfondir davantage. Et je l’ai laissée faire quand ses lèvres ont papillonnées un peu partout. Si j’étais déjà excité comme jamais, là je l’étais encore plus que jamais.

Je savais ce que cela signifiait. Je ne pouvais attendre plus pour lui faire l’amour. J’allais venir en elle ici, contre ce mur. Mais pas dans cette position. Pas à genoux. Parce que maintenant que nous étions tous les deux à genoux, qu’elle était à genoux, je repensais à Lucy. C’était son genre à Lucy de se mettre à genoux. Et j’aimais quand elle faisait ça. Je me rappelais la façon dont je posais mes mains sur sa tête et que je lui imposais mon rythme jusqu'à fermer les yeux et basculer la tête en arrière quand le plaisir arrivait à son maximum. Oui….nous avions fait tant de choses avec Lucy. Des choses que jamais je n’aurais osé demander à ma femme. Non, il fallait que j’arrête ça tout de suite. Katarina était une princesse, un ange. Elle n’avait pas à se mettre à genoux. Ce n’était pas sa place. Comme ça ne l’était pas à quatre pattes. Parce que Katarina, je l’aimais et je la respectais. Et même si je m’apprêtais à être plus entreprenant que je ne le serais jamais plus (merci le rail de cocaïne que j’avais sniffé il y avait environ dix minutes), je savais faire la différence. Katarina était ma femme, elle n’était pas ce genre de fille…Je ne dis pas qu’elle n’avait jamais posé ses lèvres à cet endroit là. Mais pas de cette façon non.
Alors, je me suis relevé et je l’ai entraînée avec moi.


-Tu n’es pas une traînée, tu n’as pas à te mettre à genoux !


Ca n’avait rien de vulgaire. C’était simplement que ça me rappelait bien trop Lucy et les choses que nous avions fait ensemble. L’amour à trois avec Alan, les humiliations, les rapports de force et limite pornographiques….Non, je ne voulais pas que la drogue me fasse redevenir comme ça. Je devais absolument me rappeler qui j’avais en face de moi. Et pour ça, quoi de mieux que de parcourir son corps tout entier avec des longues et douces caresses. Je m’attardais un peu sur sa poitrine, appréciant la rondeur de ses seins et plongeant ma tête pour en titiller chaque centimètre carré. Ma main caressait sa cuisse, allant de haut en bas, jusqu'à ce que je force un peu ses cuisses à s’ouvrir. Les genoux un peu fléchis, j’ai rapidement trouvé ma place entre ses reins. Et c’est sans un mot, mais un regard qui en disait long sur mon désir que je me suis glissé en elle.

J’avais pour habitude à ce moment là de m’arrêter et de l’embrasser entre deux « je t’aime », mais la drogue s’en mêlait. J’étais à peine totalement en elle, savourant la chaleur de son corps que mon bassin a ondulé en rythme avec les pulsations de mon cœur.

Entre ses reins, je me sentais enfin pleinement homme. C’était ma femme à qui je faisais l’amour comme si nos vies en dépendaient. Et elles en dépendaient. Dans ma tête, la posséder comme je le faisais, enfouir ma tête dans son cou et être sur le point de lui mordre l’épaule était la dépendance totale. Jamais je n’avais ressenti ce désir avec une telle force. Et pour la première fois, je ne me posais pas de questions. Je ne m’étais même pas demandé si elle avait envie de se retrouver plaquée contre un mur avec son mari s’agitant entre ses reins. Je ne pensais même pas que jamais je n’aurais fait ce que j’étais en train de faire si je n’avais pas été sous l’emprise de la drogue.

Ce qui comptait, c’était ce besoin de la posséder, de la contenter, de l’entendre gémir et d’hurler mon plaisir.
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MessageSujet: Re: You gave up the fight and you left me behind { ETHAN } - 18 !   Mar 2 Nov - 22:12

Que faisions nous là ? C'était comme si plus rien n'existait autour de nous. C'était comme si il n'y avait plus que nous et cette chambre dans l'univers tout entier. C'était enfin l'occasion pour nous de nous retrouver... Après tant de temps. Et d'épreuves, et d'angoisses, et de disputes... Comment avions nous pu recommencer à nous passer l'un de l'autre, encore une fois ? Cela n'avait aucun sens... Toujours est-il que j'étais heureuse de pouvoir enfin me retrouver dans ses bras. Il m'avait tellement manqué. On dit que le temps perdu ne se rattrape jamais... Mais je n'étais pas d'accord. Ce temps perdu nous allions le rattraper maintenant, dans cette chambre, cette nuit. Cette nuit il n'y aurait rien d'autre. Je me refusais à penser à quoi que ce soit d'autre que lui. Quel mal y avait-il a ça ? Pour une fois, une petite fois, j'allais être égoïste et ne penser qu'à nous. Parce que quoique nous puissions en penser, et malgré cet univers que nous avions recréé, nous en étions toujours le centre. Rien que lui et moi... Le plus étrange, c'était que l'endroit où nous étions importait peu. La preuve : nous étions dans une maison à moitié pillée, froide, insalubre... Et je n'avais pas le moindre sursaut de conscience quant à cela. Peu m'importait l'endroit, tant que j'étais avec lui...

Je sentais Ethan frissonner sous mes doigts, de même que je sentais son désir monter au fur et à mesure que nous nous embrassions. Pendant une seconde je me suis demandée si nous n'allions pas finir par faire l'amour par terre, comme des fous... Ce n'était visiblement pas l'idée qu'Ethan avait. J'affichai un air surpris un instant, en le voyant se relever, m'entrainant avec lui. Je n'opposai aucune résistance, le laissant faire de moi ce qu'il voulait. Je le regardai avec un air clairement surpris quand il m'expliqua en une phrase pourquoi il refusait de me faire l'amour par terre. Parce que je n'étais pas une trainée et que je n'avais pas à me mettre à genoux disait-il ? Je ne préférais même pas savoir avec qui il venait de me comparer inconsciemment. Toujours plaquée contre le mur, j'osais à peine faire un geste, même pour le toucher. Il était si entreprenant que j'avais l'impression d'être sa prisonnière. Mais j'aimais ça. C'était dans ce genre de moment que nos rôles s'inversaient, auraient dit certains. C'était dans ce genre de moment que je me sentais pleinement femme, pleinement sienne. J'en oubliais la mère ou l'amie que je savais être aussi. J'ai passé mes doigts dans ses cheveux ( j'étais d'ailleurs perturbée de ne plus pouvoir les empoigner ou de ne plus pouvoir les repousser comme j'en avais eu l'habitude ) et j'ai fermé les yeux en souriant un peu bêtement tandis qu'il embrassait et caressait ma poitrine, à la fois tendrement et passionnément. Je n'ai pas pu m'empêcher de l'entourer plus encore de mes bras, le gardant serré contre moi. Je me suis mordue la lèvre, en sentant sa main glisser tout doucement sur ma cuisse. En une seconde, j'ai compris ce qu'il voulait. J'ai glissé mes jambes autour de lui, quittant définitivement le sol et me retrouvant plaquée entre le mur et lui, sans aucune échappatoire possible ou même seulement envisageable. J'étais pleinement sienne, pleinement soumise à son désir et à ses actions. Et ce n'était même pas de la soumission. C'était de l'amour. Je m'offrais pleinement à l'homme que j'aimais le plus au monde.

Nous nous sommes regardés longuement, et puis je me suis crispée, plantant malgré moi mes ongles dans sa peau quand il vint en moi lentement. Je l'enlaçai étroitement, gardant les yeux clos, tandis qu'il commençait à se mouvoir lentement en moi. Contrairement à ce que j'avais pu penser en premier lieu, il n'était ni sauvage ni brutal. Il ne l'avait jamais été, malgré le désir qui battait dans nos veines. Il était fougueux et passionné, mais pas brutal. Et c'était ce qui me plaisait. Je me sentais brulantee, fiévreuse. Jamais encore cela n'avait été ainsi. Et pourtant, pas une seule fois il ne m'avait déçue. C'était toujours intense. Mais là... Je ne sais pas ce qui rendait les choses ainsi. Mais plus il allait et venait en moi, et mieux je me sentais, comme si je retrouvais celle que je n'avais plus su être ces derniers mois. J'ai glissé une main derrière sa nuque, gardant son visage contre moi et mes jambes nouées autour de lui. Parce qu'il avait beau faire de moi ce qu'il voulait, il n'était pas moins à moi que je n'étais à lui. Ne me demandez pas combien de temps nous avons fait l'amour ainsi. J'avais perdu toute nation du temps. Et j'étais presque sourde à tout. De temps en temps me venait un soupir, un cri, un gémissement ténu... Quant à savoir s'il s'agissait des siens ou des miens, c'était une autre histoire. Je ne savais plus qui était qui, je ne savais pas où étaient les limites de son corps et où étaient celles du mien. Je commençais à m'essouffler, à fatiguer, et pourtant j'aurais voulu qu'il continue à m'aimer ainsi pendant des jours entiers.

Mais au bout de ce qui me parut être un petit bout d'éternité, et après de derniers mouvements empreints d'une certaine fougue, il s'abandonna complètement, hurlant son plaisir au creux de mon oreille. Et je fis de même, le tenant toujours fermement plaqué contre moi, entouré de mes bras et de mes jambes. Il me fallut un long moment pour reprendre ma respiration et mes esprits. J'étais tremblante, mon corps tout entier recouvert d'une fine pellicule de sueur. J'ai embrassé l'épaule d'Ethan une minute avant de caresser son dos doucement. J'ai ensuite dénoué mes jambes d'autour de sa taille, avant de l'inciter à me reposer au sol. J'étais chancelante et mon coeur continuait à battre à un rythme fou dans ma poitrine. Je soupirai, avant de me hisser sur la pointe des pieds et de l'embrasser sur la joue. Puis je l'ai poussé doucement, m'échappant de ses bras pour aller attraper la couverture sur le lit. Je la dépliai et la secouai avant de m'enrouler à moitié dedans. Je tendis ensuite les bras vers Ethan en souriant.

« Maintenant monsieur Jones, j'aimerais beaucoup passer la nuit entre vos bras, si vous n'y voyez pas d'inconvénient... »

_________________
« AND HE TOOK HER IN HIS ARMS AND KISSED HER UNDER THE SUNLIT SKY,
AND HE CARED NOT THAT THEY STOOD UPON THE WALLS IN THE SIGHT OF MANY. »

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MessageSujet: Re: You gave up the fight and you left me behind { ETHAN } - 18 !   Mer 3 Nov - 19:28

Le temps s’état arrêté. Suspendu dans l’air comme nos vies. Il n’y avait plus qu’elle et moi. Rien d’autre. Plus d’enfants (vivants ou non). Plus d’Alexeï. Plus de menaces qui planaient sur nous. Plus rien. Seulement nos deux corps entremêlés qui ne formaient plus qu’un. Ses bras entouraient ma taille, et elle s’était enroulée autour de moi telle une liane pendant que j’allais et venais en elle. Faire l’amour n’avait jamais pris autant de sens que maintenant. Ce n’était même plus de la possession. Je ne savais plus qui j’étais. J’avais l’impression de représenter le désir à l’état pur. Je ne sais pas très bien si j’étais violent ou doux. J’avais l’impression que ces considérations là ne valaient rien. J’étais en elle et je me perdais en elle comme jamais. Ses gémissements, son souffle rauque, ses reins qui se cambraient, ne faisaient que déchainer en moi un véritable animal. Oui j’étais peut être un animal. Mais j’avais l’impression que j’avais beau y mettre tout mon amour, tout mon désespoir, toute ma souffrance, ce n’était jamais assez.
Je ne voulais plus que ça. Je ne voulais plus qu’elle. Je voulais lui faire l’amour encore et encore, jusqu'à en mourir s’il le fallait. Je ne ressentais même pas le poids de son corps contre le mien. J’avais besoin d’elle encore plus fort. Alors mes mouvements se sont fait plus insistants, plus forts, plus amples, plus passionnés. Jusqu'à ce que je ressente enfin ce qui allait s’avérer être le plus bel orgasme de toute ma vie.

J’ai gémi, crié, ma tête enfouie dans son cou et je me suis laissé aller. Nous venions d’être emportés tous les deux en même temps par cette vague de plaisir qui vous emporte au loin et vous laisse pour morts. Ivres de plaisir, je ne réussissais pas à me détacher d’elle. Je faiblissais en elle, mais c’est comme s’il était hors de question que je quitte la chaleur de son corps. Pourtant, j’ai du céder quand j’ai senti sons corps se délier. Je l’ai laissé regagner le sol et la réalité, cherchant encore mon souffle, une respiration et un rythme cardiaque normal. Je n’avais pas bougé, incapable du moindre mouvement jusqu'à ce que ses lèvres se posent tendrement sur ma joue. Cette fois-ci il n’y avait pas de « je t’aime » à haute voix ou susurré au creux de l’oreille. Juste cette pression des lèvres douce et délicate et un regard qui signifiait tout. Et puis, il n’y avait pas de mots assez forts. Même « je t’aime » n’était pas assez fort….

Tendrement, elle m’a repoussé, et j’ai fait un pas en arrière pour la laisser passer. Je reprenais peu à peu conscience avec la réalité. Je lui avais fait l’amour comme un fou contre ce mur et je crois que pour la première fois de ma vie, je n’en ressentais aucune honte. C’était beau. C’était mon amour pour elle qui avait parlé. Bien sûr j’avais été un peu plus entreprenant et sauvage que je l’étais d’ordinaire à cause de la drogue. Mais j’étais conscient de ce que nous avions fait contre ce mur. Et ça resterait sans doute le plus beau moment de notre vie. J’espérais vraiment qu’elle se rende compte à quel point je l’aimais. Je me suis retourné tandis qu’elle s’emmitouflait dans la couverture posée en boule sur son lit. Ce lit qui avait été le sien pendant des années. C’était chez elle ! Et je n’arrivais pas à réaliser vraiment. J’étais encore tout moite de désir et j’aurais volontiers entrainé ma femme sous une douche brulante si j’avais été certain qu’il y avait encore de l’eau courante et chaude dans cette maison. Et peut être que nous n’aurions pas fait que prendre une douche ….L’évidence était là sous mes yeux. Malgré la fatigue laissée par cet ébat amoureux, mon corps la réclamait encore. J’avais encore envie d’elle et je ne pouvais pas le cacher. Mais quand elle a tendu ses bras vers moi et qu’elle m’a demandé de cette petite voix remplie de tendresse de la laisser passer cette nuit dans mes bras, j’ai fondu.

Je venais de me rendre compte à quel point elle m’avait manqué. J’avais passé toutes mes nuits à la serrer contre moi, mais ce n’était pas pareil. Parce que nous ne nous parlions pas, nous ne nous regardions plus. Nous étions deux étrangers qui se retrouvaient à peine quand les lumières s’éteignaient. Mais cette nuit serait la première d’un nouveau recommencement. Je sentais dans chaque parcelle de mon corps que nous venions de sceller une nouvelle ère. Certains vous diraient que c’était la drogue qui me faisait penser ça. Mais moi, je savais que la drogue avait juste permis que je laisse à nouveau ma femme venir à moi. Pour le moment, j’avais besoin de ce paradis artificiel. Je savais que ça n’aurait qu’un temps, et il fallait que ça n’en ait qu’un temps. J’allais réussir. Elle allait me redonner la force d’y arriver, Lena aussi me redonnerait ce courage d’être un père et un mari exemplaire.
M’avançant vers elle, j’ai répondu à son appel en la serrant contre moi.


-Absolument aucun Madame Jones.


Me lasserais-je un jour de l’appeler ainsi ? Sans doute jamais ! Mon père avait il ressenti cette même fierté à entendre ma mère se faire appeler Madame Jones ? Sans doute. Je savais qu’il était toujours aussi fou amoureux d’elle après plus de vingt ans passés ensemble. Si la mort ne les avait pas emportés, ils seraient sans doute aussi tendres et affectueux l’un envers l’autre que dans mes souvenirs. C’était peut être ce que j’avais hérité de mon père le plus : je m’efforçais de prouver mon amour à Katarina chaque jour. J’essayais tout du moins…. J’avais peur que mon père, là où il était m’en ait voulu de les avoir ainsi abandonnées toutes les deux alors qu’elles avaient besoin de moi plus que jamais. Je voulais que de là haut, ils soient fiers de moi. C’était aussi pour eux que je voulais laisser mon passé de drogué définitivement de coté. Parce qu’ils n’auraient pas aimé cette vie là pour leur fils. C’était dans ces moments là qu’ils me manquaient sans doute le plus. Je ne sais pas si je serais arrivé à vivre encore si Katarina n’était pas apparue dans ma vie.

Il fallait que je prenne soin de ma femme parce qu’elle était tout ce que j’avais de plus cher au monde avec notre petite fille. Il fallait que j’accepte que mon bébé soit allé rejoindre mes parents et la mère de Katarina, et qu’ils s’occupaient de lui. Je leur adressai dans mon cœur des milliers de baisers avant de reporter mon attention sur Katarina. Ma tête posée sur la sienne, je redevenais sans m’en apercevoir l’Ethan attentionné qu’elle connaissait et aimait.

-J’espère qu’il reste de quoi faire le lit… Assis-toi mon ange, je m’occupe de tout.

J’espérais vraiment que les pilleurs avaient laissé au moins un drap ou deux. Non pas que nous ne nous serions pas écroulés sur ce lit mais il était poussiéreux et je préférais que ma femme ait tout le confort possible. Elle méritait bien cela. Je l’ai relâchée après un baiser sur le front et je suis allé fouiller dans les placards. Katarina s’est assise sur une petite chaise en me regardant faire avec un petit sourire. C’était chez elle, et je n’y avais jamais mis les pieds avant aujourd’hui et elle devait sans doute se dire que je ne trouverais jamais l’endroit où elle avait pu ranger son linge de maison. Mais c’était mal me connaitre. Je ne comptais pas fouiller. Mais si je suivais la même logique avec laquelle elle avait agencé et rangé nos affaires dans notre chambre, elle devait avoir eu la même logique dans sa maison.

Et….je ne m’étais pas trompé. Il restait deux grands draps blancs soigneusement pliés sur la dernière étagère de son placard à droite. Comme chez nous…J’ai eu un petit sourire tandis que je me rendais compte que par miracle, au fond de la penderie, était roulée en boule une couette épaisse toute neuve.

J’ai bien vu qu’elle se mordait la lèvre pour ne pas rire en me voyant sortir le linge avec un petit sourire victorieux. Je l’ai ignoré en riant un peu et je suis allé faire le lit. J’ai étalé la couette et je suis retourné vers elle en tendant mes bras.

-Voilà, viens dans mes bras mon amour.

J’y avais mis toute la tendresse et l’attention qui m’avaient fait défaut pendant prés de dix jours. Je m’en voulais terriblement de l’avoir laissée dans un moment pareil. J’avais été présent physiquement mais mentalement je n’avais plus été là à partir du moment où Alexander me l’avait arrachée pour aller lui faire prendre cette douche qu’elle désirait tant prendre.

Je l’ai conduite vers le lit où nous nous sommes allongés et blottis l’un contre l’autre sous la couette. Une sorte de mur s’est effondré en moi et je me suis senti à nouveau las, épuisé, malheureux. C’était fini…l’effet de la drogue disparaissait lentement et ne laissait en moi que ce sentiment d’injustice et d’impuissance face à notre douleur. Si jusque là, je m’étais bien gardé de lui en parler ; là je ne lui cachais plus rien. J’avais pris sans doute un quart de gramme de cocaïne, juste assez pour tenir quelques heures, trois tout au plus. Je voulais tenir le plus longtemps possible avec ce sachet.

Katarina blottie contre moi, je me suis écroulé en sanglots contre elle.

-Je commence…à redescendre….Excuse-moi….J’ai essayé de pas replonger, j’ai vraiment essayé….
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MessageSujet: Re: You gave up the fight and you left me behind { ETHAN } - 18 !   Mer 3 Nov - 22:18

C'était tout ce que je voulais. Passer la nuit dans ses bras, dormir contre lui et continuer à oublier le reste du monde. Même si je savais très bien que nous devrions rentrer à un moment ou à un autre. Mais nous avions tous les deux besoin d'une parenthèse. Nous avions besoin de nous retrouver, enfin. Ce qu'il venait d'arriver n'avait rien de commun. Nous ne faisions pas l'amour de cette façon tous les jours. C'était même la première fois que c'était si intense. Cela n'avait pas été une envie, mais un besoin. Un besoin vital l'un de l'autre. Je ne m'étais pas rendu compte de ce besoin de lui jusqu'à ce qu'il m'embrasse. Là, tout ce que j'avais enfoui en moi était remonté d'un coup. Ethan me manquait, mon mari me manquait. J'avais refoulé tellement de choses en si peu de temps que quand elles étaient remontées à la surface, ça avait été la véritable explosion. Explosion d'amour... Je redécouvrais mon amour pour lui chaque jour, comme s'il se renouvelait sans cesse, comme si chaque jour je découvrais une nouvelle chose en lui qui faisait que je l'aimais un plus. En revanche, je ne supportais pas de voir la douleur s'emparait de lui peu à peu. Je ne le supporterais jamais. Qui aurait supporté de voir dans un tel état l'être aimé ? Pas moi. Et je n'aimais pas Ethan... C'était plus que de l'amour. Je ne savais pas ce que c'était. Peut-être de l'amour, de la passion, de l'adoration, de la folie... Ou un joli mélange de tout cela. Certainement même. Je devais être un peu folle pour faire tout ce que j'avais fait pour lui, et tout ce que je continuais à faire. Mais je ne pouvais pas m'en empêcher. J'étais liée à lui, alors je ne pouvais que l'aider, peu importe pourquoi il avait besoin de moi. Et puis je me disais, après tout je l'avais déjà sorti de la drogue une fois, je pouvais très bien recommencer. Pour lui je savais être forte. Il n'y avait que pour lui que j'étais forte.

Je me suis blottie contre lui quand il est venu m'enlacer. J'ai passé mes bras autour de lui en soupirant. J'étais épuisée sans l'être. C'était simplement qu'un énorme poids avait quitté mes épaules maintenant que nous nous étions retrouvés. Je me sentais bien, tout simplement, et cela ne m'était pas arrivé depuis très longtemps. Comme si tout allait bien. Comme si tout allait bien... Je savais pertinemment que les choses n'iraient pas pour le mieux quand nous rentrerions à la Communauté. Mais ce petit interlude allait nous permettre à tous les deux de recharger nos batteries, de prendre une profonde inspiration pour pouvoir tenir le coup... Mais pour le moment je ne voulais pas penser à demain. Demain viendrait bien assez tôt. J'ai dû faire une drôle de tête quand il m'a annoncé qu'il voulait faire le lit. C'était bien lui, ça. Il avait toujours des pensées complètement décalées... Moi, j'aurais été prête à m'endormir tout bêtement enroulée dans cette couverture contre lui. Mais non, il voulait toujours plus. C'était son côté attentionné qui s'exprimait. J'ai souri quand il m'a embrassée sur le front et je suis allée m'asseoir sur une chaise à le regarder faire. S'il restait bien de quoi faire le lit, ce serait rangé dans le placard. Il est directement allé jeté un coup d'œil là dedans. Évidemment, il savait combien j'étais une maniaque du rangement et combien j'aimais l'ordre. J'avais de drôle de lubies. Il suffisait d'ouvrir notre armoire pour s'en rendre compte. Je rangeais tout parfaitement, tout le temps. Enceinte de Lena, il m'était même arrivée une fois de ranger nos vêtements par couleur. Ce qui, je l'admets, peut sembler un peu effrayant.

Je me suis retenue de rire devant le petit air victorieux qu'il afficha en sortant les draps du placard. Il a fait le lit, avant d'étendre la couette sur le lit. J'étais d'ailleurs étonné que personne ne l'ait volée celle là. Quand il m'a tendu les bras, je me suis levée et j'ai vaguement étalé la couverture qui m'enveloppait sur le lit, avant de me glisser sous la couette à ses côtés. Il n'y avait plus d'oreillers, alors je comptais bien remplacer le mien par sa poitrine à lui. Je me suis donc blottie contre lui en souriant. Seulement voilà, il y avait une ombre au tableau, et cette ombre je l'avais oublié. J'eus un sursaut en le sentant trembler tout à coup. Je me suis redressée, juste à temps pour le voir fondre en larmes. Je restai stupéfaite une minute, avant de me redresser, affichant un air surpris. Et puis il m'annonça de but en blanc ce qui n'allait pas. La drogue ne lui faisait plus aucun effet. Toute cette euphorie, ce bonheur qu'il avait ressentis venaient de ficher le camp... Et aussi artificiel que ce bonheur soit, il en avait besoin... Mais il avait aussi besoin de tenir aussi longtemps que possible avec ce sachet de drogue, parce qu'une désintoxication nette serait douloureuse... Alors c'était à moi de l'aider à se sentir de nouveau bien. Je ne savais pas encore comment j'allais faire. Mais j'allais faire tout mon possible pour l'aider à aller mieux.

J'ai passé un bras autour d'Ethan pour le redresser doucement. Je me suis assise complètement dans le lit, et j'ai passé un bras autour de ses épaules, et je l'ai attiré contre moi, avant d'attirer doucement sa tête contre ma poitrine. Je l'ai forcé à rester contre moi, caressant son dos doucement et le berçant lentement. Je sentais ses larmes mouiller ma poitrine, je le sentais trembler dans mes bras...

« Calme toi, Ethan, calme toi. Respire doucement... Là, comme ça... Calme toi... »

J'avais remarqué que ses crises de manque fonctionnaient comme ses crises d'angoisse ou de larmes... Même si elles étaient un peu plus compliquées à gérer. Mais je devais le calmer. Je n'allais pas lui dire d'aller reprendre une dose... Il ne tiendrait jamais sinon, et ce serait accentuer sa dépendance, ce que je me refusais sincèrement à faire... Tandis que je caressais ses cheveux, j'avisai soudainement le bracelet qu'il avait remis à mon poignet plus tôt. Ce bracelet n'avait rien d'extraordinaire. Ce n'était qu'un simple anneau en or... Comment avait-il pu le récupérer alors que je l'avais échangé ? Mes yeux se sont perdus sur la petite coiffeuse à côté du lit, et j'ai remarqué que le sachet de cocaïne y était encore. Et en y réfléchissant bien, ce sachet là avait l'air beaucoup plus petit que celui que je l'avais vu échanger contre une arme. Oh non... Je venais de comprendre qu'il avait dû revoir sa transaction simplement pour me le rendre. Si j'étais touchée par le geste, je n'en étais pas moins désolée que cela rende les choses si difficiles pour lui. J'aurais préféré qu'il ne le fasse pas. J'aurais aimé que pour une fois, il ne pense pas à moi...

« Je suis tellement désolée de ne pas avoir su t'aider... Tellement désolé que tu aies eu à te tourner vers autre chose... Je suis désolée, Ethan, je suis désolée. »

Je n'avais pas su être là... Je n'avais pas su être celle dont il avait besoin. J'étais passée à côté... Et voilà le résultat. J'aurais dû comprendre qu'il avait toujours besoin de moi. Mais je n'avais rien vu. J'avais été aveugle. Mais il ne m'avait rien dit non plus, ne voulant sans doute pas m'affliger davantage. Voilà le résultat. Cela recommençait... Comme avant. À vouloir se protéger l'un l'autre, c'était comme si nous nous poignardions mutuellement... Il fallait tout de suite mettre fin à tout cela. Je refusais de retomber dans ce cercle vicieux. Il ne devait pas me porter et je ne devais pas le porter. Il fallait rapidement remettre notre relation sur un pied d'équilibre. Parce que je devais me battre contre assez de choses sans devoir en plus trouver une solution pour aider Ethan. Déjà que ces prochains jours seraient éprouvants... Il faudrait que nous sortions de cette épreuve encore plus forts. De toute façon nous n'avions guère le choix. Je ne devrais pas faiblir. Parce qu'il allait aller mal et que je savais d'avance que je serais la seule à pouvoir l'approcher pendant une durée indéterminée. Il n'y aurait que moi pour l'aider... Et cette responsabilité m'effrayait quelque peu. Que se passerait-il si je n'y arrivais pas ? Qui l'aiderait si je ne le faisais pas ?

J'embrassai le sommet de son crâne, avant de relever doucement son visage vers moi. Je l'ai caressé doucement en souriant le plus sincèrement possible.

« Sache que je ne t'en veux pas, d'accord ? Si ça peux t'aider, sache que je ne t'en veux pas. Je sais que tu es fragile, je sais que tu ne voulais pas m'inquiéter... Mais ne me cache plus jamais rien, d'accord ? Peu importe ce qu'il y a, ne me cache plus jamais rien... Je t'ai promis de toujours être là pour toi, je n'aurais jamais honte de ce que tu es, tu entends ? Je t'aime et je serai toujours prête à t'aider. La preuve, je suis là. D'accord ? »

Je me suis penchée en avant pour déposer un baiser sur son front, tout en l'enlaçant.

« Tu entends ? Я тебя люблю. »

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MessageSujet: Re: You gave up the fight and you left me behind { ETHAN } - 18 !   Sam 6 Nov - 9:25

J’aurai tellement aimé que ce bonheur, ce sentiments de me sentir bien ne vienne que du fait que nous venions de faire l’amour, mais ca ne l’était pas… Je m’étais senti heureux et libéré d’un poids parce que j’étais drogué. C’était la triste et pure vérité. C’était la drogue qui m’aidait. Est-ce que je lui aurais fait l’amour comme je l’avais fait si j’avais été dans mon état normal ? Pas si sûr…. La drogue annihilait toutes mes réserves. Je ne l’aurais sans doute pas touchée sans ça. Même si j’en crevais d’envie, je ne l’aurais pas touchée. Parce que rien n’arrivait à m’ôter ce sentiment permanent de culpabilité. Elle m’avait pardonné d’avoir participé à la mort de notre enfant, mais elle savait qu’il n’y avait pas que ça. Il n’y avait pas que ça non, et ça me rendait dingue. J’avais maintenant l’impression d’avoir un poids énorme sur les épaules. Mais qu’est ce qui n’allait pas chez moi bon sang ?

Je voulais tellement ne plus avoir à me réfugier dans la drogue, mais j’avais réagi avec Katarina et Lena exactement comme je l’avais fait quand mes parents étaient morts. Est-ce que j’étais destiné à me renfermer sur moi-même quand je perdais quelqu’un ? Pourquoi cela recommençait encore et encore ? Katarina et Lena étalent ma famille, ma vie. Si j’avais écarté tous les autres pour mes parents, là ça aurait du être différent. Parce que c’étaient elles, parce que…. Ou alors je me réfugiais sans cesse sur ce qui me semblait familier. Est-ce que c’était ça ? Est-ce qu’a chaque fois qu’il se passait quelque chose, j’avais besoin de ressentir quelque chose de familier ? Il fallait croire que oui… finalement j’étais comme ma fille. J’avais besoin de mes repères pour vivre. Lena avait besoin de sentir notre présence pour s’endormir. Est-ce que moi j’avais besoin que mes princesses soient heureuses pour vivre ? Sans doute…Je ne savais pas être fort, je n’avais jamais su, et je ne saurais peut être jamais l’être….Je pleurais maintenant comme un bébé dans les bras de ma femme.

Heureusement qu’elle était toujours là pour me tendre la main quand je tombais dans le ravin. Sans elle, je n’étais rien. La preuve…
Elle agissait avec moi comme une mère. Ce qu’elle était pourtant… Mais je n’étais pas son fils, j’étais son mari. Enfin j’étais censé l(être…parce que là je n’étais qu’un naufragé qui se cramponnait à elle comme à une planche de bois pour ne pas couler au milieu de l’océan déchainé. La drogue n’agissant plus vraiment, je n’ai opposé aucune résistance quand elle m’a attiré à elle. Au contraire j’ai enfoui ma tête contre sa poitrine et je me suis laissé rassurer par sa main qui caressait mon dos tendrement. Je ne me cramponnais même pas, parce que je tremblais trop. Voilà, c’était fait…j’étais à nouveau en manque. Mais…il ne m’avait fallu qu’une dose pour replonger vraiment. Et j’étais en plein dedans. Est-ce que je m’en serais sorti vraiment si je l’avais rencontré tout de suite après être tombé là dedans ?

Je ne faisais que me poser des centaines, des millions, des milliards de questions. Encore et encore. Si Katarina s’en posait, elle les gardait bien pour elle. Ne se préoccupant que de moi et que je me calme. Oui sa voix était celle d’une mère. Et elle avait exactement les mêmes mots et le même ton avec moi qu’elle avait avec Lena quand elle avait un gros chagrin. Elle caressait mes cheveux. Mes cheveux qui n’avaient jamais été aussi courts. Je les aimais longs parce que je savais que Katarina les aimait comme ça. Et puis je les avais souvent eu longs parce que me fichais pas mal d’avoir à les coiffer ou à renouveler souvent une coupe. Mais j’avais eu une lubie il y a quelques jours. Je savais pourtant ce que je risquais à demander à Alexander de me couper les cheveux. Mais je m’en fichais. Sur le moment ca m’avait paru une bonne idée. Comme si changer de coupe de cheveux allait m’aider à surmonter la mort de mon enfant ou à réussir à ne pas replonger dans la drogue. Non, ça n’avait pas suffi. Rien n’avait suffi de toute façon. Ni ça, ni Katarina, ni Lena même….. J’aimais ma fille au-delà du raisonnable, et pourtant je n’avais pas trouvé de réconfort auprès d’elle. Tout simplement sans doute parce que ce n’était pas à elle de me consoler. Elle était si naïve, si innocent qu’inconsciemment j’avais du vouloir refuser de l’embarquer avec moi.

J’ai eu tellement honte quand Katarina m’a fait ses excuses. Il a suffi qu’elle me dise qu’elle était désolée de ne pas avoir su m’aider et de m’avoir laissé replonger pour que je cesse immédiatement de pleurer. C’était sans doute l’électrochoc qu’il me fallait. Elle s’excusait…. Encore et encore…. Alors qu’elle n’avait pas à le faire !! Elle n’était fautive en rien. La vraie victime de cette histoire c’était elle. Pourquoi m’aurait elle aidé alors qu’elle traversait la même chose que moi ? Comment aurait-elle pu m’aider alors que l’enfant qu’elle portait en elle était mort ? Non, elle n’aurait pas pu m’aider. Personne n’aurait pu. Pas même mes parents hélas. Mais elle….elle quelqu’un aurait pu l’aider. Et ce quelqu’un c’était moi. Moi seul ! Et je m’étais renfermé sur moi-même. Je l’avais laissé souffrir et accepter la perte de notre enfant seule. Et pire encore, je l’avais rejeté. C’est moi qui aurait du être à genoux devant elle et lui demander pardon. Mais je n’arrivais pas à quitter ses bras. Parce que j’avais vraiment besoin de ses bras. C’était ça qui me calmait et me rassurait. Si pour le moment, je ne disais rien c’était sans doute parce que je tentais de faire cesser mes tremblements. Je me disais qu’avec un peu d’efforts, je pouvais arrêter de trembler comme je le faisais. Je ne pleurais plus, mais je tremblais toujours. Mon corps réclamait encore de la cocaïne. Elle le voyait bien. Et pourtant elle était toujours là. C’était même elle qui m’avait permis de me droguer. Et je me retenais de lui redemander l’autorisation d’aller me faire un petit rail.

Ma respiration s’était faite plus ample et j’essayais de me laisser bercer par ses gestes, son regard, ses caresses. Elle s’est un peu écartée et j’ai eu peur qu’elle ne me relâche. Je ne supporterais pas qu’elle le fasse, mon corps ne le supporterait pas. Elle avait beau me dire qu’elle ne m’en voulait pas, cela aurait été plus facile et plus naturel qu’elle m’en veuille. Elle avait tort. Je l’admettais pour la première fois sans doute, mais elle avait dort. Non, ça ne m’aidait pas de savoir qu’elle ne m’en voulait pas. Il fallait qu’elle m’en veuille. Mais j’étais au fond rassuré. Elle ne me quittait pas, elle ne voulait pas le faire. Elle avait raison, j’avais besoin qu’elle soit toujours là.
Et quand elle s’est penchée pour poser ses lèvres sur mon front et passer ses bras autour de moi en me disant dans sa langue maternelle qu’elle m’aimait, je n’ai pas pu m’empêcher de m’en vouloir encore plus.

Je lui avais menti, je l’avais rejetée, et pourtant elle était toujours là et elle le serait toujours. J’avais vraiment une chance inouïe d’avoir une femme comme elle. Que pouvais-je répondre pour le moment à part ce que je n’’aurais jamais du cesser de lui dire.


-Je t’aime aussi.


Et encore….ce mot me semblait bien fade par rapport à ce que je ressentais pour cet ange. Alors j’ai rectifié.


-Je t’aime tellement Katarina.


Voilà…c’était un peu plus juste. Je l’aimais tellement !! Elle représentait tout pour moi. Elle était ma femme, la mère de ma fille oui. Mais elle était aussi ma meilleure amie, ma confidente, ma mère, ma sœur, ma conscience….J’aurais sans doute pu la qualifier de tout pendant des heures, mais je préférais m’arrêter là pour relever la tête vers elle et caresser sa joue.


-Comment aurais-tu pu m’aider alors que tu traverses la même chose et que c’est sans doute pire pour toi ? Non, tu ne pouvais pas m’aider parce que je ne l’aurai pas accepté. C’est à moi de veiller sur toi, je te l’ai promis. Je suis désolé d’avoir replongé. Je sais bien que tu ne m’en veux pas mon amour, mais je m’en veux moi. Parce que….je savais ce que je risquais, je savais que je t’avais promis de ne plus retoucher à ça. Je voudrais tant être plus fort.


Fort, je le paraissais peut être. Parce que j’étais grand et que quand j’allais « bien «, j’avais une musculature sèche. Et puis un homme, ça parait toujours fort. Mais quand on me connaissait bien, on savait que je n’étais pas fort. Peut être parce que j’associais homme fort à macho…Mais quand nous avions perdu cet enfant, c’était moi qui aurait du me être à la hauteur et accompagner Katarina dans les douches. J’aurais du l’épauler et ne pas la rejeter. Je me rendais compte maintenant qu’elle aurait pu prendre ça comme un rejet de ma part. Oh non…..je ne voulais pas qu’elle ait pu penser que parce qu’elle avait subi une fausse couche, je ne voulais plus d’elle ou Lena. J’aimais tellement mes deux princesses, tellement…..
A croire que je gâchais toujours tout…Depuis la mort de mes parents je gâchais toujours tout. J’aimais ma femme et elle était sans doute le meilleur soutien qui soit, mais il fallait admettre la vérité. Personne ne remplacerait mes parents… Je devais cesser de demander aux gens que j’aimais d’être mes parents de substituions.

-Pardonne-moi de t’avoir ignorée pendant tout ce temps, pardonne-moi….Je voulais pas…pas vraiment…Je…

J’avais tellement de choses à lui dire que je ne savais pas par où commencer.


-Je...Je….Je…
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MessageSujet: Re: You gave up the fight and you left me behind { ETHAN } - 18 !   Sam 6 Nov - 14:45

Cela avait un arrière goût de déjà vu. C'était comme revenir deux années en arrière soudainement. Cela me rappelait la première fois où j'avais dû calmer une de ses crises de manque. J'avais fait exactement ce que j'étais en train de faire. Je l'avais pris dans mes bras pour le calmer et je lui avais murmuré des paroles rassurantes. J'avais toujours agi avec lui naturellement. En fin de compte, les choses n'avaient jamais vraiment changé. J'étais toujours là, à essayer de le rassurer; pour tout et n'importe quoi. Ethan n'avait pas vraiment changé. Je m'en rendais seulement compte. Quand tout allait bien, il allait bien. Quand les choses allaient mal, il allait mal. J'avais été stupide et naïve de croire que je pourrais le faire changer. Quelqu'un d'aussi manichéen qu'Ethan ne change pas. Nous nous étions fait des idées tous les deux, en croyant qu'il avait réussi à changer. Si ça avait été le cas, il n'aurait pas replongé, il aurait gardé la tête haute et aurait trouvé le moyen de surmonter tout ça. Mais il avait replongé et il s'était effondré, une fois de plus. Et cette fois ci je n'avais pas su le rattraper à temps... Et pourtant, est-ce que je pouvais vraiment lui en vouloir ? Non, parce que j'avais appris à l'aimer ainsi. Je savais qu'Ethan était loin d'être aussi « parfait » qu'on aurait aimé qu'il soit. Il avait des défauts, peut-être pas des moindres, mais je m'y étais fait. Et de toute façon, je ne pouvais pas les effacer d'un claquement de doigts. Ils faisaient partie de lui, et c'était certainement ce qui rendait ses qualités si attrayantes. Contrairement à ce que l'on pouvait croire en premier lieu, Ethan n'était pas seulement plein de défauts. Ses qualités étaient peut-être un peu en veille ces temps-ci, mais elles compensaient largement ses défauts. Il était protecteur, loyal et fidèle, tendre, prêt à tout pour ceux qu'il aimait... Il fallait simplement qu'il cesse de ne jurer que par moi et qu'il cesse de croire qu'il n'avait besoin de personne d'autre. Mais autant dire que je risquais d'avoir du mal à faire rentrer cette idée dans son esprit.

J'ai eu un petit sourire quand il m'a dit qu'il m'aimait. Je le savais, mais cela me faisait du bien de l'entendre de nouveau. Même moi je n'avais pas réussi à lui dire ces derniers temps. Est-ce que cela aurait changé quelque chose, si je lui avais dit, au lieu de rester silencieuse et de me blottir dans ses bras sans rien faire d'autre quand la nuit venait ? Trop tard pour en être certaine... Et puis il s'était si bien coupé du monde que je ne sais même pas s'il aurait pu entendre ce que je lui disais. Il n'entendait même pas sa fille... Oh pauvre Lena ! Maintenant qu'il était tard, on devait certainement se demander où étaient passés ses parents. Les rumeurs enflaient très vite dans la communauté. Nous étions sortis tous les deux, et nous n'étions pas revenus, cela passerait certainement pour un abandon ou je ne sais quoi d'autre... Et en même temps, qui se serait imaginé que nous n'avions fait que nous retrouver tous les deux ? Je doutais que qui que ce soit ait pu imaginer un tel scénario. Mais peu importait, après tout, nous étions habitués aux rumeurs tous les deux. Mais je ne pouvais pas m'empêcher de penser à Lena... Tout ce que je voulais, c'était la garder loin de tout ça. Et malheureusement, je savais d'avance que nous allions devoir la tenir à l'écart quelque temps, le temps qu'Ethan « aille mieux ». L'excuse était déjà toute trouvée. Puisqu'Ethan serait censé être malade, il serait logique de garder Lena à l'écart. Je la confierais certainement à Mathilda, ou peut-être à Alexander... C'étaient les seuls qui ne me poseraient pas de question si je leur demandais de ne pas le faire. C'étaient aussi les seuls en qui j'avais une totale confiance. Mais peut-être Alexander saurait-il mieux tenir mon père à l 'écart que Mathilda.

J'ai secoué la tête et j'ai baissé les yeux. Il ne cessait de dire que je n'aurais pas pu l'aider et et que je n'aurais pas dû... Il restait persuadé que tout était de sa faute. Cette fois je n'allais pas chercher à lui faire accepter le contraire. Parce que ce serait le conforter dans son idée comme quoi il était responsable de tout. Et je ne voulais pas faire ça... Même si cela me déplaisait fortement, je devais le laisser faire face à son sentiment de culpabilité. Ce n'était pas à moi de me battre avec ses démons. J'avais essayé... Et j'avais perdu. La preuve, la drogue avait fait son grand retour dans sa vie. Et dans la mienne, par la même occasion. Je me retenais de jeter ce qui restait dans ce petit sachet de plastique par la fenêtre. Je n'en voulais plus dans nos vies. Mais je n'avais pas le choix cette fois, j'allais devoir le laisser finir cette foutue dose. Et dire qu'il était déjà en manque... Je ne savais pas exactement combien de temps chaque dose faisait effet. Pas assez longtemps, visiblement... Comment le faire tenir suffisamment longtemps jusqu'à la prochaine prise ? Je ne pourrais pas non plus le ramener dans un tel état demain... Il faudrait qu'il puisse au moins marcher. Je ne pouvais pas le porter, je n'avais pas sa force, et même s'il avait perdu du poids, il ne faisait pas mon poids... Et là, il me serait impossible de mentir aux autres. Quand nous allions rentrer, les apparences devraient être préservées. Je ne savais pas encore comment j'allais faire pour amener en douceur et avec le plus de crédibilité possible l'idée comme quoi il était tomber malade. Je n'étais pas douée pour ce genre de choses. Une petite voix moqueuse me disait que j'aurais peut-être dû demander conseil à mon père, il savait mentir et manipuler, lui... Mais je m'étais découvert des talents cachés, lorsqu'il s'agissait de protéger les miens. Même sous la torture j'avais refusé de dire quoique ce soit qui pourrait mettre en danger ceux que j'aimais... Mais là, cela risquais d'être différent. Personne ne chercherait à me blesser ou à me faire du mal. Et sous la pression, je risquerais de céder, de craquer bêtement...

« Cesse de t'excuser Ethan... Ce qui est fait est fait, on ne peut pas revenir en arrière. Je sais que tu as essayé de ne pas craquer, je sais... Tout ça, c'est en partie ma faute. J'ai eu tort d'essayer de te changer. Je n'aurais jamais dû. Tu es comme tu es, et je t'aime tel que tu es... »

Et peut-être qu'inconsciemment, je me complaisais dans le rôle de la femme aimante qui rassure son mari. Peut-être parce que dès le début, les choses s'étaient montées de cette façon. Après deux ans, il était peut-être un peu tard pour changer la hiérarchie de notre couple. Et ce n'était pas le moment. Il fallait déjà que les choses reprennent leur cours normal. Et dieu sait que ce n'était pas fait... J'allais devoir gérer la désintoxication d'Ethan, garder mon père à distance, jouer mon rôle de médecin... Vingt-quatre heures dans une journée, ce n'était pas assez pour gérer tout ça. Je savais d'avance que je risquerais de craquer. Je n'étais qu'un être humain, et comme tout être humain j'avais mes limites. Des limites que j'avais sans cesse repoussé, espérant bêtement que je pourrais je faire à l'infini...

« Je sais que tu ne voulais pas Ethan, je sais. N'y pense plus. Ça n'a plus d'importance. Tout ce que je te demande, c'est de ne pas recommencer... Parce que je ne peux pas détruire les murs que tu ériges toi même entre nous deux. C'est au dessus de mes forces. »

J'étais loin d'être invincible. Et contre lui, je ne pouvais rien faire. Avec un petit soupir, j'ai caressé sa joue, avant de le repousser en arrière pour le faire se rallonger doucement sur le lit. Je suis restée au dessus de lui un moment, avant de m'asseoir à côté de lui.

« Nous aurons bien le temps de reparler de tout cela... Tu sais comme moi que les prochains jours seront loin d'être de tout repos. Je ne veux pas gâcher cette nuit à parler de tous ces problèmes... Ils seront toujours là demain, ils n'auront malheureusement pas disparu. Alors n'en parlons plus maintenant. S'il te plait. »

Je me suis allongée à côté de lui, posant ma tête contre son épaule. Ses tremblements avaient presque cessé, et il semblait presque calmé. Presque... Peut-être pensait-il simplement à quelque chose qui le faisait oublier la drogue. Moi, je ne savais pas à quoi penser. J'ai fermé les yeux une seconde. La pluie tombait toujours bruyamment à l'extérieur. J'espérais que cela se serait calmé avant demain. Tout comme j'espérais qu'Ethan aussi, serait calmé.

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MessageSujet: Re: You gave up the fight and you left me behind { ETHAN } - 18 !   Dim 7 Nov - 20:17

Je n’arrivais pas à exprimer à quel point j’étais désolé. Désolé de tant de choses… J’étais désolé qu’elle ait perdu le bébé (peut importe à qui la faute devait être imputée). J’étais désolé de n’avoir pas su réagir quand elle me l’avait annoncé. J’étais désolé de m’être enfermé dans ma bulle et d’avoir érigé un mur entre nous. J’étais désolé de l’avoir ignorée et fui pendant des jours. J’étais désolé de ne pas m’être occupé de notre fille alors qu’elle avait besoin de repos et que Lena ne méritait pas ça. J’étais désolé de ne pas lui avoir parlé. J’étais désolé de ne pas avoir été assez fort et de replonger la tête la première dans l’enfer de la drogue. J’étais désolé de l’avoir incitée à sortir pour savoir ce que je faisais. J’étais désolé qu’elle ait du affronter ces dealers. J’étais désolé qu’elle se soit sentie obliger de se faire passer pour une droguée. J’étais désolée qu’elle ait du échanger son bracelet contre de la drogue. J’étais désolé qu’elle ait du finir trempée. J’étais désolée qu’elle ait du me soutenir et ne se soit plus souvenue du chemin pour rentrer. J’étais désolé qu’elle soit séparée de notre fille toute la nuit. J’étais désolé qu’elle ait du accepter de me laisser me droguer. J’étais désolé. Encore et encore….

J’aurais tant aimé pouvoir lui dire tout ça, mais je n’arrivais qu’à balbutier le même mot uni syllabique : « je ». Elle voyait bien que je cherchais à dire quelque chose, et à quel point ma voix était torturée alors elle m’a caressé les cheveux en me disant que je devais arrêter de m’excuser, qu’on ne revenait pas sur le passé. Mais ce qui m’a fait le plus de bien, c’est sans doute quand elle m’a dit qu’elle m’aimait comme j’étais et qu’elle n’essaierait plus d’essayer de me changer. J’étais faible et sensible, et maintenant elle l’acceptait. Peut-être que si elle l’acceptait, je réussirais à l’accepter. Parce qu’en réalité, tout ce que je voulais c’est être celui qu’elle voulait que je sois. Alors si elle voulait que je sois moi-même et que je n’essaie pas d’être un autre, peut-être que le poids qui pesait sur mes épaules disparaitrait et que nous serions heureux. Je ne lui en voulais pas d’avoir voulu que je sois fort et que je puisse l’épauler, je n’étais pas capable de lui en vouloir.


-Je suis désolé. Je voulais pas….


Son « je t’aime tel que tu es » sonnait comme un « peu m’importe que tu sois un junkie ou l’ait été ». Parce que c’était de ça qu’il s’agissait sans doute. Je sais qu’elle aurait aimé que je ne pense même pas à replonger, et que je la décevais peut-être un peu. Mais je n’y arrivais pas…. J’avais réussi jusque là, et j’avoue que je ne savais pas comment j’avais fait. Si je savais, je n’aurais sans doute pas replongé…. Si seulement j’avais pu suivre une thérapie pour comprendre certaines choses….mais ce n’était pas possible. Avoir des médecins était un luxe…

Et si nous avions eu des thérapeutes, j’aurais sans doute cessé de me droguer dés qu’elle m’avait désintoxiqué une première fois. Mais j’avais replongé encore une fois. Et je voulais vraiment essayer de ne plus retomber. Parce qu’elle me demandait de ne pas recommencer. Et elle avait raison… Une énième rechute serait sans doute ce qui nous séparerait définitivement. Si pour le moment, nous nous étions retrouvés à chaque fois, nous savions tous les deux qu’il y a un moment où tous les efforts s’avèrent vain. Et je n’étais pas apte à la perdre. J’allais lui promettre quand je me suis immobilisé au contact de sa peau contre la mienne. D’une main douce mais ferme, elle m’imposait une position allongée. Je me suis laissé faire sans opposer de résistance. Pas seulement parce que j’étais à deux doigts de trembler encore, mais parce que je voulais me laisser faire. C’était comme ça… Comme la position dans laquelle nous étions. Elle au dessus de moi. C’était l’image parfaite de notre couple. Et je n’en avais pas honte. Oui, certains machos auraient pu me dire « c’est elle qui porte la culotte ». Je savais que je répondrais aussi sec « Et alors ? ». Je ne voyais pas ce qu’il y avait de mal à ce que ma femme soit la plus forte dans notre couple. Que je sois un homme ne me forçait pas à être détestable et à me sentir supérieur.

Avant de s’allonger à côté de moi, elle m’a demandé de ne plus reparler de nos problèmes pour ce soir. Je me suis senti partagé pendant une ou deux minutes, parce que je savais que c’était ça le problème. Nous n’avions pas communiqué et ça nous avait séparés. Mais elle avait raison. Une nuit, une parenthèse enchantée était ce que nous avions besoin pour avancer.
Alors je n’ai rien dit. Nous en reparlerions plus tard.

Tout ce que j’avais envie c’était de retrouver ma femme et de pousser au loin cette envie de me relever et de me refaire un rail pour tenir. Chaque nuit, je tenais le coup en serrant ma femme contre moi. Alors tout naturellement, je l’ai amenée à moi et je l’ai serré contre moi en me plaquant contre elle.

Mon corps réclamait celui de Katarina à corps et à cris. Alors avec toute mon innocence j’ai laissé mes mains courir sur son corps et se perdre dans le creux de ses reins. J’avais envie d’elle oui, mais il y avait quelque chose d’autre. Je voulais lui dire à quel point je l’aimais. C’était ma façon à moi de lui dire qu’elle m’avait manqué et que je ne la fuirais plus. Je ne me rendais même pas compte que je pouvais éveiller lé désir en elle alors je continuais. J’avais besoin de rattraper le temps en la caressant, en la touchant et en parlant de tout et n’importe quoi. Alors j’ai dit la première chose qui me soit passé par la tête.

-Cette maison te ressemble mon amour. Et on sent encore ton parfum partout… C’est agréable…ça me rassure.

Je me sentais bien dans cette maison. Et je devais être devenu fou, mais je n’avais même pas peur que quelqu’un s’introduise ici. C’était chez Katarina, et personne ne viendrait troubler notre intimité, j’en étais intimement et étrangement convaincu.

Et je me suis souvenu la façon dont la chambre était ordonnée, et à quel point ça me rappelait notre chambre à nous. Ca m’amusait autant que ça me rassurait. Ma femme ne changerait pas. Elle serait toujours cette même femme aimante, douce et parfaite. Et pendant que ma main caressait doucement et sans aucune arrière pensée l’intérieur de ses cuisses, je l’ai taquiné. Chose que je n’avais pas faite depuis des jours et des jours. Sauf que…je ne me rendais pas compte que je venais de déchaîner en elle la femme qu’elle était.


-Tu es sûre de ne pas vivre ici aussi en même temps ? On a l’impression d’être dans notre chambre, il ne manque plus que le coin de Lena dans cette chambre, et tout est à la même place…. Au moins je sais que tu n’aimes pas le changement, ça me rassure de me dire que tu ne voudras pas changer de mari…
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Katarina K. Jones
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MessageSujet: Re: You gave up the fight and you left me behind { ETHAN } - 18 !   Lun 8 Nov - 21:51

Je ne pouvais pas m'empêcher de sourire en regardant autour de moi. Malgré la poussière et un peu de désordre, on avait l'impression que l'endroit était encore habité, qu'il l'avait toujours été. Alors qu'en réalité, cela faisait presque deux ans que plus personne ne vivait ici, deux ans que cette maison avait été laissée à l'abandon, comme toutes les autres... Cela pouvait paraître étrange, mais je me sentais presque mieux ici que dans notre « vraie » chambre. Parce que l'endroit n'était pas fermé, il y avait des fenêtres, un peu de décoration... C'était une vraie chambre, pas un abri. Et même si nous avions fait de notre mieux pour aménager notre nouvelle chambre, elle restait assez froide. Les murs étaient gris – mis à part celui qu'Ethan avait repeint – le sol en béton, et la porte avait tout de celle d'une cellule de prison. Et même si je ne me plaignais pas du confort, du moment que nous étions ensemble, il fallait bien avouer que vivre dans un endroit vraiment à soi et vraiment personnel fait bu bien. Je m'étais toujours plu dans cette maison, malgré le fait que j'aie dû y vivre seule pendant presque cinq ans. C'était l'endroit dans lequel je venais me réfugier après une ou plusieurs longues journées de travail. C'était chez moi, tout bêtement. Et quelque part cela me faisait de la peine d'avoir été obligée de laisser cet endroit à l'abandon. Assurément j'aurais été très heureuse de revenir vivre ici. Si seulement ce n'était pas aussi risqué... Ce quartier avait peut-être toujours bonne allure, il était néanmoins évident que les Hors La Loi devaient y passer assez régulièrement. La preuve, les dealeurs ne rodaient pas très loin... C'était dommage. Cela aurait été plus agréable pour tout le monde de pouvoir vivre ailleurs que sous terre pour échapper à des hommes qui n'avaient ni Foi ni Lois... Je n'avais toujours pas eu de nouvelles de Vitali depuis qu'il m'avait aidé à m'enfuir. J'espérais sincèrement qu'il ne lui était rien arrivé. C'était lui qui avait dû réparer les erreurs de son père et du mien, et j'aurais été bien désolée que cela lui coute la vie.

J'ai eu un petit soupir, repoussant tour ça dans mon esprit, tandis qu'Ethan me ramenait doucement contre lui pour me serrer dans ses bras. Je me suis blottie contre lui, passant un bras autour de lui. Là, il me serrait ENFIN dans ses bras, réellement, il ne faisait pas ça parce qu'il devait le faire, ou par réflexe, comme les nuits précédentes. Et la manière avait beaucoup d'importance. Je ne voulais pas qu'il me serre dans ses bras parce qu'il était obligé et qu'il n'en avait pas envie. Je préférais autant qu'il ne le fasse pas. Mais là j'étais heureuse qu'il le fasse, je le retrouvais enfin. J'ai frissonné en sentant ses mains glisser lentement dans mon dos. J'étais électrisée par cette caresse pourtant toute simple et certainement innocente. J'étais électrisée parce qu'il m'avait manqué, parce que c'était ses mains à lui qui me caressaient, parce que c'était lui, tout simplement. Et à chaque fois qu'il s'éloignait de moi comme il l'avait fait, j'avais peur de le perdre. Parce que sans lui j'étais perdue. Cette façon de s'isoler pour souffrir faisait partie de lui, mais à chaque fois j'interprétais cela comme une sorte de rejet. Qui n'était pas conscient, je le savais pourtant. Me faire du mal n'était certainement pas sa priorité dans la vie. Ethan ne faisait pas souffrir ceux qu'il aimait volontairement, cela ne lui ressemblait pas. Et je dis bien « ceux qu'il aimait », parce que le reste, c'était encore une autre histoire. Il me suffisait de repenser à Alan pour réaliser qu'Ethan n'était pas l'homme tendre et charmant qu'il était avec moi avec tout le monde.. Loin de là, même.

J'ai eu un petit sursaut et je me suis légèrement crispée quand il a glissé ses mains entre mes cuisses. Vu l'air détaché qu'il affichait, il l'avait certainement fait sans vraiment s'en rendre compte. Mais moi je m'en étais bien rendue compte, et je dus prendre une profonde inspiration pour me détendre et chasser ces pensées indélicates qui faisaient leur apparition sournoisement dans mon esprit.

« Quand tu vis seul pendant longtemps, tu aimes l'ordre, ça te rassure en quelque sorte de retrouver chaque chose à sa place... Bien que cela manque un peu de piquant, je l'avoue... Mais je n'ai jamais vraiment aimé les surprises de toute façon. Sauf quand elles viennent de toi, là c'est différent. »

Il y avait ces surprises que j'avais aimé tout de même. Comme « est-ce que tu veux m'épouser ? » ou encore « je me suis dit que tu aimerais plus ce mur si je le repeignais comme chez toi » ou même « je ne suis peut-être qu'un junkie, mais moi je t'aime ». La plus belle surprise restait bien évidemment Lena. J'étais restée stupéfaite quand j'avais réalisé que j'étais enceinte. Et si l'on oublie dans quel contexte assez dramatique j'avais découvert cette grossesse, je crois pouvoir dire que j'avais eu la plus belle surprise de toute ma vie. Moi, enceinte ! Drôle de découverte... En y repensant, c'était presque un bon souvenir... Ce qui l'était moins, c'était le souvenir de cette fausse couche. C'était encore trop frais dans mon esprit, quoique je fasse beaucoup d'efforts pour ne pas y penser. Il m'arrivait d'avoir un pincement au coeur en prenant Lena dans mes bras. Il était normal que ce traumatisme se rappelle à moi de temps en temps. Il fallait simplement du temps pour apprendre à vivre avec. J'avais surmonté beaucoup d'épreuves en peu de temps, alors celle ci ne devait pas être celle qui allait m'achever. J'avais de la volonté, alors j'allais surmonter tout ça. Le temps de l'acceptation était maintenant passé, je n'avais plus qu'à remonter la pente. Lentement mais surement, j'allais y arriver. Le plus dur restant d'entrainer Ethan avec moi dans cette remontée.

« Pourquoi est-ce que je voudrais changer de mari ? Celui que j'ai me convent parfaitement ! Et puis tu es un modèle unique, ni échangeable ni remboursable ! »

J'eus un petit rire, en me redressant pour embrasser sa joue. Ah ça pour être unique, il était unique, et pas qu'un peu ! Et même si j'avais pu, je ne l'aurais échangé pour rien au monde. Je n'étais pas folle au point de vouloir troquer l'homme de ma vie contre je ne sais quoi ou je ne sais qui. Plutôt mourir ! Je préférais encore me retrouver morte que sans lui ( cette idée avait d'ailleurs bien failli devenir une réalité quelques mois plus tôt ). Je me suis redressée, m'appuyant sur son torse de façon à pouvoir le regarder.

« D'ailleurs tu peux être fier de toi, c'est bel et bien la première fois que je ramène un homme chez moi ! »

Et ce n'était pas une plaisanterie. Je ne dis pas que j'avais toujours été chaste et sage avant de le rencontrer, mais c'était un fait. Je n'avais jamais accepté qu'un homme mette les pieds ici. Peut-être parce que ceux que j'avais « fréquenté » ne représentaient alors rien pour moi, quand bien même la jeune femme naïve que j'étais tentait alors de se persuader du contraire. Mais instinctivement, j'avais repoussé tous ceux que je n'aimais pas et qui ne m'aimaient pas non plus. Alors aussi étonnant que cela puisse paraître, Ethan était non seulement le premier à mettre les pieds chez moi, mais il était en plus le premier à mettre les pieds dans ma chambre ET dans mon lit. Ce qui avait été mission impossible pour tous les autres. Et ce n'était pas comme si c'était un crime. C'était mon mari après tout. Peut-être pas le plus parfait, mais c'était mon mari, et je me fichais bien de ce que pouvaient en penser les autres. Seul l'avis de mon père aurait pu compter, mais ce n'était plus le cas. Il n'avait même plus le droit de me dire bonjour. Ce sont des choses qui arrivent quand vous dites à votre fille que finalement, vous n'avez jamais voulu d'elle dans votre vie. Si j'étais rarement rancunière, cette fois ci il risquait d'avoir du mal à obtenir mon humble pardon...

J'ai soudainement eu une terrible envie de l'embrasser alors que ma tête était simplement posée sur sa poitrine. Je me suis redressée, m'appuyant sur lui, et je suis allée l'embrasser. Prenant son visage entre mes mains je l'ai embrassé longuement, menant la danse pour une fois, m'amusant à mordiller sa langue ou sa lèvre inférieure. Sans vraiment m'en rendre compte je m'étais assise sur lui, le dominant un peu malgré moi. Ce n'était pas dans mes habitudes de jouer les amazones. Ni même d'être entreprenante. D'ordinaire je le laissais faire de moi ce qu'il voulait, parce que je savais que cela lui convenait, et égoïstement cela me convenait aussi. Mais cette nuit, j'avais envie de plus. Parce que nous ne repasserions pas une nuit comme ça avant bien longtemps, j'avais envie d'en profiter au maximum. Je me suis redressée, et voyant qu'il tendait les mains vers moi, j'attrapai ses poignets et refermai mes doigts autour en secouant la tête doucement.

« Non non, toi tu ne touches pas. »

Il m'a regardé avec un air de chien battu, l'air de dire « mais comment veux-tu que je ne te touche pas ? ». J'ai lâché ses mains, après tout je n'étais pas contre une ou deux caresses non plus. Ainsi assise sur lui, j'avais une vue parfaite de son corps que j'avais toujours trouvé impeccablement dessiné. Même s'il avait encore perdu du poids, il ne restait pas moi cet homme charmant que j'aimais tant embrasser et caresser dès que j'en avais l'occasion. J'ai tendu une main vers son visage, que j'ai caressé, avant de poser un doigts sur ses lèvres. Je l'ai défié du regard une seconde, avant d'éclater de rire et de me pencher pour l'embrasser. J'ai soigneusement évité ses lèvres, me contentant d'embrasser ses joues, ses tempes, l'arrête de sa mâchoire en m'y attardant, descendant lentement pour l'embrasser dans le cou. Puis je suis remontée tout doucement, tandis que mes mains glissaient peu à peu sur son ventre. Je suis allée bêtement mordiller le lobe de son oreille, me demandant s'il serait aussi sensible à ça que moi je l'étais.

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MessageSujet: Re: You gave up the fight and you left me behind { ETHAN } - 18 !   Mar 9 Nov - 19:54

J’avais les yeux totalement clos tandis que je laissais mes mains vagabonder sur le corps de ma femme. J’avais juste besoin de la caresser et d’apaiser ce manque que j’avais d’elle, en laissant mon empreinte sur son corps tout entier. En cet instant, j’aurais pu lui caresser la main que je l’aurais fait de la même façon, je ne réagissais pas à l’endroit que je caressais si amoureusement. J’étais à cent milles lieux de me douter que j’allumerais le feu du désir en elle. Je la caressais et c’était tout. Et puis, aller vous rendre compte de l’effet que vous faites quand votre femme vous parle avec désinvolture de sa manie de donner une place à chaque chose et de son aversion pour les surprises quand elles ne viennent pas de vous.

Non, je ne me rendais pas du tout compte qu’elle appréciait mes caresses et qu’elles ravivaient en elle des pulsions physiques. J’étais bien trop absorbée par le bien être que me procurait la proximité de ma femme et la douceur de sa peau quand je laissais courir mes doigts partout sur elle. Et j’avais un peu honte de l’écouter d’une oreille aussi distraite, mais j’avais l’impression que j’avais besoin de me réapproprier son corps. Comme si mon cerveau ne le connaissait plus et qu’il avait besoin de s’imprégner du moindre petit centimètre carré, pour pouvoir en reproduire une esquisse parfaite.

Je me contentais d’un petit « Mmmm » quand elle parlait mais j’étais ailleurs. J’étais transportée dans une bulle. Une bulle qui portait son nom, qui en avait la douceur, la gentillesse, l’altruisme. Et je me laissais peu à peu enfermer dans cette bulle et en verrouillait tous les accès pour qu’aucun autre ne puisse y pénétrer. Et j’allais l’y enfermer avec moi quand elle m’a ramené à la réalité en piquant avec une aiguille la bulle, la laissant se disperser dans l’air. J’étais revenu à la réalité, et je lui souriais. Parce que j’étais terriblement heureux. Et aussi étrange que cela puisse paraitre, je ne ressentais pas le manque de cocaïne. Parce que ma drogue principale était là entre mes bras, et qu’elle comblait ce manque. Et si ça avait été ça la solution ? Et si j’aurais du me tourner vers elle quand notre vie avait viré au cauchemar ? Et si lui faire l’amour, la caresser avait suffit ? Beaucoup de si, comme toujours.

Elle semblait si heureuse, si épanouie, si comblée aussi. Je restais coi devant sa beauté et son amour. Malgré ce que je lui faisais endurer, elle était toujours là, pleine du même amour pour moi et je ne savais comment lui dire à quel point je l’aimais et que j’étais fier qu’elle ait épousé un homme tel que moi. J’ai souri quand elle m’a dit qu’elle n’avait jamais ramené aucun homme dans sa maison. Même si notre présence ici était involontaire, sa confession était sans doute la plus belle preuve d’amour qui soit. Bien sûr elle devait avoir eu une vie amoureuse avant moi, mais même si je savais que ma femme était une femme honorable, mon cœur était rassuré. Il y avait certainement un besoin de mon égo d’être rassuré, mais je m’en fichais. Et puis…. Je n’y ai pensé que quelques secondes. Mon attention fut vite détournée par l’élan de passion de ma femme.

Il a fallu que ses mains se posent sur ma poitrine, et que ses mains viennent encadrer mon visage et qu’elle m’embrasse pour que j’oublie tout .Et mon désir s’est réveillé en moins de deux secondes. Mon ange, mon amour, ma drogue. Je me retenais de renverser la vapeur, en la faisant basculer pour prendre le dessus. Je me concentrais pour le moment sur son habileté à me rendre dingue. Depuis quand n’avait elle pas joué comme ça avec moi ? Et j’étais un pantin entre ses mains. Je me laissais faire, je me laissais mordiller, je me laissais dominer. J’étais désormais à sa merci.

Il a fallu qu’elle s’assoie sur moi pour que mes fantasmes les plus fous se mettent en branle. Jamais elle ne s’était assise sur moi de cette façon et jamais elle n’avait été aussi entreprenante. Je n’avais jamais osé imaginer qu’elle assouvisse mon fantasme le plus secret et c’est pour ça que j’avais envie de la caresser aussi, mais elle m’a refoulé. Je n’avais pas le droit de toucher, je n’avais pas le droit de toucher…
Elle allait me rendre fou. Elle était là, nue et offerte à ma vue et je ne pouvais même pas caresser sa poitrine, ou ses hanches. Je suis resté bouche bée parce que j’avais besoin de lui rendre ce qu’elle me donnait. J’étais incapable de lui dire à quel point elle me comblait de me faire ça. Mais je me suis laissé aller au fantasme et j’ai touché avec les yeux. J’avais beau connaître son corps par cœur, j’en étais encore ému et amoureux. Elle était parfaite, absolument parfaite. Ses courbes, sa peau fine et satinée, son parfum. J’étais au paradis avec elle.

Elle avait lâché mes mains et j’aurais pu en profiter oui, mais je voulais profiter de la vue qu’elle m’offrait et du désir qui croissait en moi. Si moi j’avais envie d’elle, elle n’était certainement pas en reste. Son rire d’ordinaire cristallin s’était empreint d’un certain accent libidineux.
J’étais obsédé par ses yeux qui me regardaient avec tant d’amour et de désir. Je n’avais jamais vu, je crois, ma femme comme cela. Et c’était vraiment très loin de me déplaire. Elle me laissait sans voix, et je ne savais pas où mettre mes mains, alors je les posais sur sa taille tandis qu’elle se penchait pour m’embrasser partout sauf sur la bouche. Mais quand j’ai senti ses lèvres prés de mon oreille et son souffle chaud et sucré, j’ai frémi et mon corps s’est tendu de plaisir tout entier. Savait-elle à quel point le fait de mordiller mon oreille comme elle venait de le faire me rendait dingue ? Sans doute, parce qu’elle ne s’est pas gêné et que si je n’avais pas en tête de réaliser mon seul fantasme avec ma femme, j’aurais sans doute pris le dessus et je l’aurai fait passé en dessous pour m’unir à elle sans autres préliminaires. Alors d’une voix rauque, je lui ai juste demandé de faire de moi sa chose. J’avais besoin de lui appartenir, corps et âme.


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MessageSujet: Re: You gave up the fight and you left me behind { ETHAN } - 18 !   Mar 9 Nov - 21:39

C'était bel et bien la première fois que je me décidais à prendre ainsi le dessus et à faire les choses à ma façon. Sans être tout à fait un ange, j'étais rarement entreprenante, préférant le laisser faire de moi ce qu'il voulait. Oui, la plupart du temps, c'était ainsi que les choses se passaient, et je n'en éprouvais ni honte ni regret. Nous n'avions pas besoin de choses faramineuses ou extravagantes. En tout cas moi je n'en avais pas besoin. L'amour dans toute sa simplicité me convenait très bien, parce que justement c'était de l'amour. Ethan n'était pas un vulgaire amant de passage avec lequel on veut simplement s'amuser, prendre son pied comme on dit vulgairement. C'était mon mari et je l'aimais, alors l'essentiel ce n'était pas ça. Je n'avais jamais vu nos relations comme purement et simplement physiques. J'avais beau adorer l'embrasser et le caresser partout, c'était loin d'être l'essentiel. La preuve, il nous arrivait de ne pas nous « toucher » pendant des semaines, mais ce n'était pas plus grave que cela. Je ne dis pas que je n'avais pas envie de lui pendant des semaines, loin de là, c'était simplement que nous pouvions nous passer de relation physique. Tant que les sentiments restaient, le reste m'importait si peu ! Oh évidemment, je ne le repoussais jamais. Je n'étais pas sotte non plus ! Au début de notre relation, je m'étais souvent amusée de ces longues nuits où nous dormions à peine. Aujourd'hui je m'amusais de celles où nous nous disputions pour savoir qui allait dormir dans les bras de qui, si Lena viendrait un petit moment avec nous... Je me rendais compte que ces futilités quotidiennes avaient une importance capitale. Ce sont toutes ces petites attentions qui vous rendent heureux. Malgré les récents évènements, je pouvais me considérer comme heureuse. Plus qu'avant, même. J'avais un mari aimant et une petite fille. La vie dont je n'avais jamais osé rêvé.

Malgré mon interdiction, je sentis ses mains glisser sur ma taille tandis que je m'amusais à le taquiner en mordillant doucement son oreille. J'ai eu un petit sourire, fière de mon succès, quand je l'ai senti se tendre sous moi. Il était complètement à ma merci, et finalement, je trouvais ça assez agréable de pouvoir faire de lui ce que je voulais. Je me suis légèrement redressée pour le regarder quand il m'a simplement dit qu'il voulait m'appartenir. Je lui ai souri, caressant son visage avec le dos de ma main. Je le connaissais suffisamment bien pour savoir qu'il avait aussi besoin d'être rassuré. Et me laissait l'aimer comme j'en avais envie lui permettrait certainement d'être rassuré. Lui et sa peur permanente d'être rejeté... Après un bref baiser sur les lèvres, j'ai recommencé à l'embrasser partout. Je ne me lassais jamais de l'embrasser partout. J'aimais embrasser ses joues, ses tempes, son front, son nez, sa mâchoire... J'adorais son visage. J'en étais carrément folle, même si je n'aimais pas le voir se creuser de fatigue ou de tristesse comme ces derniers temps. J'aimais surtout ses yeux ( certes, il m'était difficile de les embrasser ) et la teinte si particulière qu'ils avaient. Si le bleu de mes yeux était ce qu'il y avait de plus banal, ce n'était pas son cas à lui. C'était d'ailleurs la première chose que j'avais remarqué chez lui, ses yeux. Avant tout le reste.

Je suis descendue doucement, mes lèvres quittant son cou pour maintenant se poser sur sa poitrine. Je suis restée immobile une seconde, laissant mes mains remonter lentement pour caresser la peau de son torse, maintenant brulante. Je me suis amusée de sentir son cœur battre si vite sous mes doigts. J'ai recommencé à l'embrasser, laissant mes lèvres courir partout sur sa poitrine, descendant peu à peu sur son ventre en suivant sa ligne abdominale. Je m'arrêtai une seconde en sentant son nombril juste sous mes lèvres. J'ai doucement relevé les yeux, glissant mes mains sur son ventre, l'effleurant à peine, m'amusant à l'électriser encore un peu plus. J'ai posé mes lèvres juste sous son nombril et j'ai continué à descendre doucement, parsemant sa peau de mes baisers. Je l'ai senti se tendre tendis que j'arrivais à son bas ventre. J'ai laissé une de mes main caresser doucement sa cuisse tandis que l'autre restait à vagabonder sur son ventre. Je me suis enhardie à l'embrasser plus encore, souriant presque quand il lui échappait un soupir ou un gémissement. Je l'ai embrassé longuement, laissant mes lèvres et ma langue courir sur lui, jusqu'à ce que je sente qu'il n'en pouvait plus. Je me suis alors redressée, ma poitrine se soulevant rapidement, brulante d'un feu que j'avais envie d'éteindre le plus rapidement possible. Je me suis réinstallée sur lui, et j'ai pris quelques secondes pour reprendre mes esprits. Je me suis passée une main dans les cheveux, avant de sourire bêtement. J'ai posé mes mains à plat sur son torse, et je me suis légèrement soulevée pour lui permettre de se glisser en moi d'un mouvement. Je me suis alors penchée en avant, glissant mes doigts entre les siens et plaquant doucement ses bras sur le matelas pour l'empêcher une fois encore une fois de tenter de reprendre le dessus. Je restai immobile une minute, profitant pleinement de cet instant, avant de me mettre à onduler lentement, lui imposant mon rythme en douceur...

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MessageSujet: Re: You gave up the fight and you left me behind { ETHAN } - 18 !   Mer 10 Nov - 20:18

J’étais comme un enfant devant un magasin de jouets à ce moment là. Je la suppliais du regard d’accéder à ma demande. Je voulais qu’elle demeure au dessus de moi et je voulais qu’elle me fasse l’amour. Bien sur j’avais envie de la caresser, de poser mes mains et ma bouche partout sur son corps, mais qu’elle se retrouve ainsi nue et magnifique au dessus de moi et que je sois à sa merci venait de me rappeler que dans tous mes rêves érotiques les plus fous, je ne désirais rien d’autre avec autant de force. Je n’étais pas de ces hommes qui aiment dominer. Et même si j’aimais me retrouver au dessus d’elle en matière générale, je n’étais jamais brutal. C’est juste que j’aimais voir le plaisir que je lui prodiguais tantôt avec mes mains, tantôt avec mes lèvres.
Et quand j’ai vu un sourire ourler ses lèvres, je n’ai pu que soupirer en fermant les yeux un instant. J’allais lui appartenir comme j’en avais envie. Et c’était sans doute le plus beau cadeau qu’elle puisse me faire cette nuit là. J’allais être sien, Elle allait me faire l’amour et j’allais me laisser faire.

Mes mains toujours posées sur ses hanches, j’essayais de ne pas les poser partout sur son corps comme j’en avais l’habitude. Alors j’ai finalement décidé de les poser ailleurs, pour me laisser faire. Et je n’ai pas regretté une seule seconde. Des gémissements rauques s’échappaient régulièrement de ma gorge tandis que je sentais ses lèvres se poser partout sur mon visage sauf sur mes lèvres. J’essayais vraiment de garder les yeux ouverts mais le plaisir qu’elle provoquait en moi m’en empêchait. Je me suis cambré un peu quand j’ai senti ses lèvres descendre peu à peu. Je poussais des petits gémissements semblables aux siens quand je lui faisais la même chose. Je comprenais enfin ce qu’elle voulait dire quand elle me disait que je la rendais dingue. Elle était en train de me rendre dingue à laisser courir ses lèvres et sa langue de mon visage à mon cou, de mon cou à mon torse, de mon torse à mon nombril, et toujours plus bas, toujours…

Elle m’enflammait terriblement et rester « de marbre » semblait de plus en plus dur. Mes poings avaient accrochées le drap et s’y crispaient pendant que je basculais la tête en arrière en gémissant. Elle me mettait vraiment au supplice et j’ai relevé la tête vers elle quand je n’ai plus senti la chaleur de ses lèvres sur ma peau. Elle souriait comme jamais je ne l’avais vu faire et je n’en étais pas peu fier. Elle me donnait du plaisir, tant de plaisir et elle en semblait fière. Oh oui, elle pouvait l’être. Même dans mes rêves les plus fous, ça n’aurait jamais été aussi bien. Et quand j’ai vu qu’elle m’offrait son corps tout entier, je suis venu en elle le plus tendrement possible. Je ne pouvais, cette fois encore, réfréner un gémissement en me sentant en elle de cette façon. Je crois que je n’aimais rien davantage que lorsque nos deux corps s’unissaient vraiment. Mon corps était fait pour le sien, comme le sien était fait pour le mien. Et c’est dans ces moments là que l’évidence éclatait.
Je ne voulais plus bouger, je voulais profiter de la chaleur de son corps et la laisser mener la danse.

Quand elle s’est penchée sur moi et que ses doigts se sont entrelacés aux miens, et qu’elle les a immobilisés pour pas que je ne sois tenté de lui imposer mon rythme, j’ai eu un petit rire légèrement nerveux. Elle me donnait tant de plaisir, et elle refusait que je profite de mes mains libres pour la caresser et lui donner à mon tour du plaisir. C’était pourtant, je sais , ce que je lui avais demandé en lui demandant de me posséder mais je n’étais pas habitué à la laisser me donner du plaisir. Non pas que j’eusse été peu intéressé par le désir, mais mon désir passait toujours par le sien. Ma jouissance était liée à son plaisir à elle. Je me fichais pas mal de ce que les autres estimaient sans doute normal de la part d’une femme.

Son corps parfait sur moi qui ondulait tel un serpent me mettait dans un état de transe complet. Je me cambrais pendant qu’elle m’imposait son rythme. Elle se laissait aller à des mouvements lents et je gémissais, me retenant de me laisser aller à la jouissance. Jamais je n’avais eu autant envie qu’en cet instant de laisser cette explosion nous envahir tous les deux . Je comprenais enfin ce qu’elle ressentait quand c’était moi, au dessus d’elle, qui lui imposait mon rythme et l’emmenait au paradis. Elle était en train de m’aimer purement et simplement et c’était si beau que des larmes de joie coulaient le long de mes joues.

Je venais de découvrir une nouvelle forme de plaisir, et je ne pus me retenir plus longtemps, déliant mes doigts aux siens et venant dans un geste rapide encercler sa taille. Mes mains sur ses hanches si fines, je me suis redressé. J’ai collé son corps au mien tandis que je m’asseyais plus ou moins sur le lit et que je lui donnais enfin la pleine mesure des sensations qu’elle avait provoquées en moi. Je n’étais sans doute pas prêt de la laisser me posséder vraiment. Je ne voulais pas la posséder. Je voulais simplement que nous nous aimions d’égal à égal. Alors ses jambes entourant ma taille, j’ai replongé en elle encore et encore et je me suis jeté sur ses lèvres. Notre amour se passait de mots, seuls nos caresses, nos baisers prouvaient à quel point cette nuit était magique.

Je ne sais combien de temps nous nous sommes aimés de cette façon et je m’en moquais. Le temps s’était arrêté et je voulais l’aimer encore et encore.
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MessageSujet: Re: You gave up the fight and you left me behind { ETHAN } - 18 !   Mer 10 Nov - 23:08

Voilà comment j'aimais voir Ethan. Souriant, épanoui... Et maintenant que sa crise de manque s'était manifestée, j'étais certaine que ce n'était plus la drogue qui le faisait sourire ainsi. Alors c'était à moi qu'il souriait, pour moi qu'il souriait... Depuis quand est-ce qu'il ne m'avait pas souri de cette façon ? Des semaines. Des mois. Ethan n'avait plus souri du moment où cette galerie s'était effondrée sur moi, en partie. Ethan n'avait pas vraiment souri. Les sourires qu'il avait pris soin d'afficher pour me rassurer n'avaient rien du beau et grand sourire sincère. C'était des sourires incomplets, il leur manquait la spontanéité, et ses yeux n'avaient pas cette petite étincelle rieuse... Dieu que son sourire m'avait manqué. Et son rire. Et cette façon qu'il avait de me dévorer des yeux... Je n'avais jamais été très sûre de moi, et j'avais toujours un peu peur qu'il ne se lasse de moi. Mais quand il me regardait de cette façon, mes doutes s'envolaient. Il me regardait comme si j'étais la huitième merveille du monde... Ce que je n'étais évidemment pas. Mais je n'allais certainement pas lui demander de me regarder différemment. Parce que quelque part, j'avais peut-être un peu besoin d'être rassurée moi aussi. Surtout après toutes ces longues semaines passées à s'effleurer à peine. J'avais presque l'impression de le redécouvrir. Et en un sens, c'était le cas. C'était la première fois que les choses se passaient ici. D'une certaine manière, nous étions tous les deux pleinement satisfait de la façon dont nous nous aimions d'ordinaire que nous n'avions jamais vraiment recherché l'originalité. Et même cette nuit, je ne cherchais pas à être originale. Je voulais simplement, pour une fois, lui montrer que je l'aimais autant qu'il m'aimait. Lui montrer et lui prouver. Je ne voulais plus être à sa merci, j'avais envie qu'il soit à la mienne, j'avais envie de lui faire l'amour encore et encore et encore...

Je m'appliquais à le maintenir plaqué contre le lit en douceur, et il avait beau être en moi, c'était moi qui lui imposait ma cadence, que je voulais lente et profonde. Je fermais les yeux, continuant à me mouvoir sur lui, mes gémissements et mes soupires se mêlant parfaitement aux siens. Il se cambrait sous moi, se retenant certainement de renverser la situation en se retrouvant au dessus de moi. Mais pour le moment c'était hors de question. Il voulait m'appartenir, alors il devait se conformer à mes règles. Et elles étaient simples. Il ne devait pas me toucher, pas pour le moment. Je le connaissais, il aurait envie de me caresser, de m'embrasser, de me rendre au centuple le plaisir que je lui procurais. Néanmoins, un peu malgré moi j'avais relâché ma vigilance. J'avais tellement l'habitude de me laisser aller que je commençais tout simplement à ne plus savoir ce que je faisais. J'étais simplement là en train de faire l'amour avec mon mari, c'était tout... Du coup, je n'ai même pas cherché à résister quand il a retiré ses mains des miennes. Je me suis immobilisée, un peu pour reprendre mon souffle, quand ses mains se sont posées sur ma taille. Et puis il s'est redressé, s'asseyant sur le lit. J'ai déplié mes jambes, avant de les nouer autour de lui. J'ai glissé mes bras autour de lui pour le plaquer contre moi. J'avais un peu perdu la partie, le laissant reprendre peu à peu les rênes. Mes doigts se sont refermés sur ses épaules tandis qu'il recommençait à aller et venir en moi. J'ai laissé mes mains glisser sur ses bras avant de l'enlacer tandis qu'il m'embrassait. Nous nous embrassions follement, et je sentais que nous n'allions pas tarder à succomber tous les deux.

Après quelques mouvements encore plus profonds et plus intenses, il s'est laissé aller en moi, et je me suis raidie une seconde, avant de laisser mon corps se détendre complètement. J'étais complètement essoufflée, et mon corps semblait encore tout tremblant de fatigue. J'avais enfoui ma tête au creux de son cou, m'appliquant à prendre de profondes inspirations pour me calmer. Je n'arrivais pas à me détacher de lui. J'étais tellement bien, encore enveloppée de cette chaleur malgré le froid qui avait tendance à régner dans la pièce. Pourtant, au bout d'un moment, j'ai détaché mes jambes de sa taille, et je me suis forcée à le lâcher. Et à grand regret je me suis séparée de lui pour m'allonger à ses côtés. J'ai passé un bras autour de sa taille pour l'inciter à venir près de moi. J'étais complètement sereine, même si cela pouvait paraître fou.

« Tu sais, c'est drôle, mais le fait qu'on soit ici tous les deux, c'est comme si c'était la première nuit que nous passions ensemble. C'est presque... normal d'être ici. C'est comme ça que les choses auraient vraiment dû se passer. Parfois, je me demande comment nous aurions vécu tous les deux, sans cette guerre... Parce que c'est évident. Je t'aurais bien trouvé dans cette ville, même si elle est immense. Je n'aurais pas pu vivre sans toi. »

C'était peut-être l'un des rares clichés qui trouvait grâce à mes yeux. Ethan était mon âme-soeur, et dans cette vie là où dans n'importe laquelle, je devais être avec lui. Parfois je me demandais comment nous aurions pu nous rencontrer. C'était drôle, il y avait tellement de scénarios possibles et imaginables. Mais au final, nous nous étions rencontrés à cause d'une guerre... Et malgré le manque de romantisme évident de cette rencontre, j'étais encore avec lui aujourd'hui et c'était bien l'essentiel de la chose.

_________________
« AND HE TOOK HER IN HIS ARMS AND KISSED HER UNDER THE SUNLIT SKY,
AND HE CARED NOT THAT THEY STOOD UPON THE WALLS IN THE SIGHT OF MANY. »

— J.R.R. Tolkien.
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